Comme un grand livre ouvert.



Publi le dimanche 02 mars 2008


Dimanche 02 mars 2008

"Bel-Ami" de Guy de Maupassant.

 

Ouf! Je viens de lire un chef-d'oeuvre, croyez-moi, vous qui ne l'auriez pas encore lu. Je trouve bizarre de constater que c'est à mon âge que je découvre vraiment les oeuvres du 19ème siècle. En effet, durant le cours qu'on appelait classique, durant les années 60, nous apprenions surtout les textes latins et les tragédies grecques. Je ne dis pas que je n'ai jamais lu ce genre de classique, je dis plutôt que j'y prends vraiment goût.

Et je ne vous parle pas de n'importe quelle oeuvre en Bel-ami. L'histoire en bref est celle d'un jeune homme séduisant qui arrive de la campagne et va travailler dans un journal parisien. Il plaît énormément aux femmes de tous les âges et il sait en profiter. Puis, il apprendra comment devenir retors à tous points de vue, comment manipuler, manigancer et arriver à ses fins, autant au niveau amoureux, social, politique que financier.

On y voit de façon très réaliste, les moeurs plutôt dissolues de la haute société de ce siècle. Maupassant met dans la bouche de Bel-ami des grivoiseries qui ont un petit côté charmeur, vue leur timidité, quand on est des 20ièm et et 21ième siècle. J'ai savouré et adoré ce roman naturaliste. Le tableau qui nous y est brossé demeure sûrement une façon qu'a prise l'auteur pour critiquer amèrement son siècle, mais ceci fait tout en douceur.

Pour parler de la qualité de l'écriture, ce n'est pas compliqué: c'est la perfection. On aurait beau essayer de trouver un mot dont le synonyme aurait été préférable, rien à faire. Les tournures de phrases et la syntaxe y sont exemplaires, les descriptions, évidemment plus nombreuses que dans nos polars ou autres romans d'aujourd'hui, sont d'une beauté inouïe si on sait les lire lentement, sans penser faire de lecture rapide en Z.

Donc, lecture très fortement recommandée. Je crie encore une fois au chef-d'oeuvre et j'évalue à 10 sur 10.

Daniel



2 Commentaires :

Commentaire crit le lundi 03 mars 2008 à 16:33:18 (lien)
Daniel
Ah bon! Pourquoi voir Allais en particulier. Il est bon?
Daniel


Commentaire crit le lundi 03 mars 2008 à 15:09:35 (lien)

voir Alhonse Allais et consoeurs... du cat noir.


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Dimanche 02 mars 2008

Pilules et smarties: "Le Québec sur ordonnance".

 

Hier, j'ai loué le documentaire "Québec sur ordonnance" de Paul Arcand. Moi qui dois prendre pas mal de "pinunes", j'ai adoré ce film qui nous montre toute la magouille qui existe entre le gouvernement, les grandes compagnies pharmaceutiques, certains médecins et pharmaciens, etc. Imaginez avoir fait une crise de goutte très douloureuse au pied droit qui vous a tenu une semaine en béquilles, parce que votre médecin vous donnait un diurétique depuis trop longtemps et que ce diurétique a débalancé le taux d'azote (acide urique) dans votre sang, ce qui provoqua cette crise. Et pour soigner ladite crise, ça prend d'autres pinunes et l'argent continue à être empoché.

Mais tout de même, si vous êtes affublés d'une maladie dite chronique ou si vous êtes dans mes âges et plus, connaissez-vous beaucoup de médecins qui ont cette tendance à revoir tous vos médicaments à chaque visite, afin de les diminuer le plus possible et le plus vite possible? Moi, je n'en connais pas.

Les médecins sont ciblés, évalués légalement par une compagnie qui vend ces infos aux pharmaceutiques. Celles-ci savent de D1 à D10 si tel médecin est un bon prescripteur de leurs produits. Si oui, plein de privilèges arrivent jusqu'à lui, comme lui payer des congrès internationaux, etc.

Par contre, le temps que les compagnies fabriquant les médicaments originaux s'occupent des médecins, celles qui fabriquent des génériques prennent soin des pharmaciens, avec de très beaux cadeaux "au mérite" aussi. Et encore, les anciens adjoints des ministres de la santé s'en vont travailler dans les pharmaceutiques. Eux  qui connaissent par coeur les rouages du système, reviennent voir les élus qu'ils connaissent très bien, comme lobbyistes parlementaires, au profit d'une grosse compagnie qui les emploie dorénavant.

Mais celle que j'ai trouvée la meilleure est celle-ci: si une compagnie fabrique un médicament pour un cas particulier, disons un enfant très hyperactif, son but n'est pas de faire de la recherche pour soigner d'autres maladies mais de faire de la recherche pour que ce médicament pour enfants très hyperactifs étendent son action sur d'autres diagnostics, tels léger déficit de l'attention, agressivité à l'école, etc. On change juste un peu l'apparence du "nouveau médicament", on le vend un peu plus cher et voilà! On étend à plus de "malades" la formule chimique qu'on a trouvée. Ça a coûté cher de trouver cette formule chimique, donc il faut la rentabiliser au maximum en la donnant au plus grand nombre de personnes...

Voilà un peu de ce que nous apprend ce documentaire très instructif. Il s'agit d'un film qu'il faut absolument voir. Les Québécois mangent des "pinunes" comme si c'étaient des smarties. Et comme la vie va vite, on veut être soulagé immédiatement, comme par miracle, parce que la douleur n'a pas bonne presse.

Et durant ce temps, au-dessus de nos têtes, des distributeurs estampillés par la loi tenue par leurs petits copains de la patente, fabriquent leurs drogues, contrôle les prescripteurs et les vendeurs et font de nous des zombis apeurés qui n'osent surtout pas demander à leur médecin: "Coudonc, docteur Welby, es-tu sûr que je suis obligé de prendre toute c'te cochonnerie pour le restant de mes jours?" Mais attention, il y a des cas, comme le mien, où il faut prendre des médicaments. C'est contre le système et l'abus que parle ce film et que n'en ai. J'évalue à 9 sur 10.

Daniel



2 Commentaires :

Commentaire crit le dimanche 02 mars 2008 à 12:35:32 (lien)
Daniel
Bonne idée! Tu ne le regretteras pas.
Daniel


Commentaire crit le dimanche 02 mars 2008 à 10:49:41 (lien)
Céline
Merci pour la critique, je vais aller louer ce film.
J'ai toujours essayer d'éviter les médicaments et par chance j'ai pas connu de médecin qui m'en prescrivait inutilement.
J'aime Paul Arcand pour ça, il n'a pas peur de dire des vérités qui choque.


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