Comme un grand livre ouvert.



Publié le mercredi 12 mars 2008


Mercredi 12 mars 2008

Amours d'antan.

 

           

Dansez, dansez madame, au son de cet allegro moderato qui rappelle nos folles amours d’antan. Nus sur cette plage ensoleillée, nous avions joué aux jeux de l’amour, comme seule jeunesse sait le faire. Et nos soirées remplies de la 6ième symphonie de Mahler se balançaient au gré des brises nocturnes. Le pas léger de l’ombre embrasait nos baisers cachés, que seuls nous connaissions. La mer distillait ces liquides que nos corps enlacés épanchaient à force d’amour. Enlacés toujours sous un voile complice, nous fredonnions Chopin, Barber ou Schubert avant que l’heure de ce triste concerto ne vienne refroidir les rayons qui réchauffaient notre douce vie à deux. Et cette maudite guerre qui brise passions, amours et délices, allait nous obliger à tant de distances exécrées, exacerbées par ces airs militaires de Haydn, Wagner ou Beethoven. Ces amours à mille lieux l’un de l’autre n’allaient que renforcer ce besoin inouïe de solitude à deux. Et nos corps se joignirent à nouveau dans cette paix profonde où ne tonnent plus les canons et où seuls sonnent les clochers de nos villes ensommeillés de clarté. Et la vie défila comme une comédie dramatique, avec ses joies si fortes et ses peines trop grandes. Et le temps nous poussa comme poussent les roses, jusqu’à l’âge de l’amour tendre. Cet âge où les passions se sont calmées pour faire place à une belle complicité que seule la mort brisera, le temps d’un nouveau rendez-vous que nous nous donnerons dans un ailleurs meilleur. Et à nouveau, vous serez là devant moi, dansant sur les airs de nos folles amours d’antan, Mahler, Barber, Rachmaninov. Éternellement…

 

Daniel



Mercredi 12 mars 2008

Vers l'unique Lumière.

 

Traverser des mondes de fureur

Transcender l’esprit qui se meurt

Courir là-bas à perte d’âme

Vers ce point qui me réclame

Avancer sur un tapis roulant

Qui va plus vite que le vent

Tourbillon où parfois se perd

Ce temps fuyant qui accélère

Ouragan peuplé de misères

Qui s’accumulent au gré des ans

Névrose de ceux qui voudraient

Ne pas voir ce qui les effraie

Qui avancent vers l’arrière

Qui reculent vers l’avant

Longue fuite vers ce point

Du bout des misères

Et je vais vers ce point

Vers l'unique Lumière.

 

Daniel

(C) 1998