Comme un grand livre ouvert.



Publi le jeudi 24 avril 2008


Jeudi 24 avril 2008

"La vie devant soi".

Quel beau roman, quelle belle histoire écrite par Émile Ajar ou Romain Gary, puisqu'il s'agit du même auteur. L'amour et la détresse sont palpables tout à la fois dans ce magnifique livre. C'est une histoire d'amour comme on en voit peu mais combien intense! Ce roman est une merveille que je n’oublierai jamais. En voici le résumé :

Un jeune musulman de 10 à 14 ans nous raconte sa vie avec madame Rosa, une vieille Juive énorme et moche qui, ancienne prostituée, a connu Auschwitz durant la guerre et qui, une fois l’âge de la prostitution passée, a ouvert un foyer clandestin pour fils de putes. Mohammed lui a été amené à l’âge de trois ans. Évidemment, elle est payée pour le garder mais un amour très puissant se développe entre les deux, un amour à la vie, à la mort. Mohammed n’a, dans la vie, que madame Rosa et son parapluie Arthur. Il nous raconte ce qu’il vit, ses relations avec madame Rosa et d’autres personnages du milieu de la prostitution, dans un langage d’enfant qui est superbement beau et souvent comique. Il nous raconte la maladie et la mort. Son langage est merveilleux d’humour et de tendresse. Il ressemble un peu au langage naïf mais profond de Sol, notre clown national.

Sous la parure de ce langage d’enfant se profilent toutes les peurs de l’auteur, Émile Ajar ou si l’on préfère, Romain Gary. Mohammed nous parle parfois avec tendresse, parfois avec cruauté de la façon qu’ont les hommes de voir les choses : la vie, la maladie, l’euthanasie, la mort, etc. On sourit beaucoup en lisant ce livre mais parfois, on a aussi envie de crier, de pleurer devant l’imbécillité de l’Homme. Mais ce livre est un « MUST ». Je sais qu’un film existe aussi et peut-être le verrai-je un jour... Voici quelques extraits de ce roman :

 

"- C'est pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur," Momo ou Mohammed.


"Les cauchemars, c'est ce que les rêves deviennent toujours en vieillissant."


"Pour se piquer, il faut vraiment chercher à être heureux et il n'y a que les rois des cons qui ont des idées pareilles. (...) Mais je tiens pas tellement à être heureux, je préfère encore la vie. Le bonheur, c'est une belle ordure et une peau de vache et il faudrait lui apprendre à vivre."


"Je me souviens très bien de ce moment dans ma vie parce qu'il était tout à fait comme les autres. Chez moi c'est toujours la vie de tous les jours mais j'ai des moments où je me sens encore moins bien."

 

Voici donc de la grande littérature qui mérite une excellente évaluation. Prix Goncourt, il est publié aux éditions Mercure de France en 1975. 274 pages qui se lisent très vite.

 

Mon évaluation : 10 sur 10.

 

Daniel

 



2 Commentaires :

Commentaire crit le jeudi 24 avril 2008 à 19:55:28 (lien)
Daniel
Je comprends qu'on puisse avoir envie de relire ce livre. Dans le fond, il est tellement profond que je suis certain qu'on manque certaines leçons tant est amusante la façon de Mohammed de s'exprimer. C'est rempli de nuances et de beautés cachées ce roman.
Daniel


Commentaire crit le jeudi 24 avril 2008 à 19:32:14 (lien)
maf - maf.monblogue.com
Tu me donnes le goût de le relire!

Les réflexions que tu cites et bien d'autres encore avaient aussi capté mon attention. :)


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