Mercredi 11 juin 2008

Je viens de terminer le tout dernier polar qui émane de la plume de Michael Connelly, "A genoux". Bizarre de traduction de "Overlook". Comme l'histoire débute sur un belvédère des hauteurs de Los Angeles, le roman aurait pu s'appeler le belvédère...
D'abord, il me semble que ce polar est beaucoup plus court qu'à l'habitude. Mais comme l'histoire ne dure que douze heures... On peut d'abord se demander si Connelly ne fait pas un genre d'assaut contre les politiques anti-terroristes états-uniennes, en tous cas, depuis ce fameux 11 septembre. La sécurité du territoire peut-elle justifier des mesures d'exception et la lutte contre Al-Qaîda autorise-t-elle les autorités à bafouer les libertés de l'individu? L'auteur semble poser ces questions en filigrane.
C'est que notre cher inspecteur Harry Bosch, ce bulldog qui ne lâche jamais d'un centimètre est amené à éclaircir le meurtre sordide d'un médecin qui a pour rôle de transporter d'un hôpital à l'autre le césium, cette matière nucléaire dont on se sert dans le traitement de certains cancers. Le docteur qui transporte ces matières est abattu sur un belvédère des hauteurs de Los Angeles et les Musulmans intégristes sont tout de suite suspectés de vouloir fabriquer une bombe sale pour rayer L.A. de la carte..
Évidemment, le FBI est mêlé à l'affaire et se perpétuent les terribles prises de bec de Bosch du LAPD avec le FBI, incluant cette chère Rachel Walling qui fut sa maîtresse il y a un certain temps. Fausses pistes après fausses pistes sont offertes au FBI. Mais Bosch finit évidemment par solutionner le crime. Harry est maintenant rendu à 56 ans et il n'a pas changé d'un iota. J'aime bien ce vieux grincheux tel qu'il est. L'auteur parle à peine de la fille de Bosch et on ne voit rien de la vie privée de celui-ci, ce qui était habituellement le cas. Tout est focussé sur l'enquête. Bosch ne se rend même pas une fois chez lui pour dormir. Il est fait de fer cet homme. On voit que ses années passées au Vietnam comme militaire l'ont beaucoup endurci. Mais c'est peut-être à cause de ce manque d'informations dans la vie privée de Bosch que le livre est beaucoup moins volumineux qu'à l'habitude.
J'ai aimé ce polar et je suis toujours heureux de retrouver l'inspecteur Harry Bosch dont le prénom véritable est, comme celui du peintre, Hieronymous. Mais j'ai fini de lire tous les romans où Bosch est présent. Je devrai donc attendre le suivant, l'an prochain.
Évaluation: même si ce court polar se lit un peu trop rapidement au coût actuel des livres, j'ai beaucoup apprécié. Ce n'est pas le plus grand polar de Connelly mais cet auteur est toujours très prolifique et ses écrits sont palpitants. Édité au seuil policier en 2008, il ne contient que 237 pages en format régulier. 8,5 sur 10.
Daniel
Publié par ange
à 2008-06-11 00:00:17
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