Comme un grand livre ouvert.



Publié le mercredi 23 juillet 2008


Mercredi 23 juillet 2008

"Cadillac juke-box" de James Lee Burke.

Quel roman ténébreux ! Les marais louisianais dégagent parfois des relents de haine dont on voudrait bien se débarrasser. C’est toujours commode de se trouver un bouc émissaire sur lequel faire porter la responsabilité de la décrépitude de toute une communauté. Ce rôle peu enviable, on le fait jouer à Aaron Crown, en l’accusant du meurtre d’un militant noir des droits civiques dans les années soixante.

Du fond de la prison d’Angola où il purge sa peine, Crown demande à Dave Robicheaux de l’aider à retrouver la liberté. Mais dans le climat électrique qui entoure l’élection du prochain gouverneur, la résurgence de sombres affaires peut coûter à Buford Larose sa candidature et l’inspecteur Robicheaux va jouer les trouble-fêtes en prenant la défense d’un homme que tout accable. Dave Robicheaux veut découvrir ce qui s’est passé il y a trente ans. Mais il va aussi devoir affronter les souvenirs d’une époque où les vapeurs de l’alcool brouillaient sa mémoire, lui, l’alcoolique maintenant inactif et membre des AA.

Mon évaluation : je dois dire que j’ai moins aimé ce polar que celui du même auteur, lu précédemment. A lire Burke, on dirait que la Louisiane est un état poisseux où les meurtres s’accumulent à un rythme endiablé. Le nombre inouï de personnages « pégreux » rend la lecture difficile car on ne sait plus exactement de qui l’auteur parle. Si l’alcool et la guerre du Vietnam ont laissé quelques toiles d’araignées au cerveau du policier Dave Robicheaux, on se demande parfois s’il n’en a pas prêté quelques-unes à l’auteur James Lee Burke.

Je dois dire que cet auteur écrit merveilleusement bien et que la traduction est très bonne. Comme je l’ai déjà mentionné, le langage cajun est parfois un peu spécial pour le lecteur mais avec l’expérience de la Sagouine que possèdent les Québécois, on se débrouille bien avec cette langue créolisée. Mais là où le bât blesse, c’est au niveau du passage de l’argot américain à l’argot français (de France). Il est parfois difficile de comprendre ce langage des bas-fonds parisiens, étant donné l’utilisation de termes inconnus en tous les cas, pour moi. Je crois qu’un traducteur québécois aurait pu faire une travail excellent ici.

Alors, j’évalue ce livre édité chez Payot et Rivages en 1999 pour la traduction française et comportant 344 pages en format régulier, à 7 sur 10. Je lirai tout de même d’autres romans de James Lee Burke, car on peut ne pas aimer un livre et aimer tous les autres. Si vous avez des suggestions de titres à me faire, ne vous gênez surtout pas !

Daniel