Comme un grand livre ouvert.



Publié le mardi 29 juillet 2008


Mardi 29 juillet 2008

"Une tache sur l'éternité" de James Lee Burke.

Voici un autre roman de James Lee Burke que j'ai beaucoup apprécié, même si j'ai décidé de lire pendant un certain temps autre chose que des polars, car j'en ai un peu assez de ce monde odieux qu'on nous présente constamment dans ce genre de littérature. Voici un résumé de l'histoire:

Dave Robicheaux connaît la famille Sonnier depuis toujours. Il est allé à l'école avec Weldon, a servi au Viêt-Nam avec Lyle et a même été l'amant de Drew. Aujourd'hui Weldon est marié et vit de ses puits de pétrole, Lyle est devenu prédicateur. Quant à Drew, elle a fondé une section d'Amnesty International et trompe sa solitude avec des amants de passage.

Un jour, la maison de Weldon est mise à sac par trois tueurs de la Mafia de La Nouvelle-Orléans et on retrouve Drew clouée par une main dans son arrière-cour. Dave a le sentiment que les Sonnier sont marqués par un passé maudit, mais il est déterminé à l'exorciser avant qu'il ne prenne l'avenir en otage.

Les romans de James Lee Burke ont une constance, c'est toujours une plongée dans le passé. C'est la mise en lumière que l'image que l'on garde de celui-ci est souvent fausse et tronquée par une mémoire qui gomme les angles, les couacs, où les blessures apparaissent comme des victoires. Robicheaux, son personnage principal, n'est pas uniquement un ancien alcoolique (comme l'auteur) c'est, surtout, un de ces hommes qui aiment à travestir sa mémoire. Et même s'il a souvent des bitures blanches, il veut en permanence retrouver une partie de ce temps, d'avant qu'il ne détruise son existence dans des bars louches. Hélas pour lui tout cela n'existe plus et le présent vient le lui rappeler à chaque nouveau tournant. Très souvent aussi, le passé ressurgit une grimace à la bouche, avec un odeur de fiente et de pourriture car le passé du Sud des USA est un passé marqué par l'infamie et le mensonge. Il ne reste souvent à Robicheaux que son épouse et sa petite fille et une nature en pleine déliquescence, engloutie par la main de l'homme mais qui garde à tout jamais ses effluves sereines.

Mon évaluation:

Ce roman est un roman de la vérité, celle qui se cache même dans les pires tourments. C'est aussi un cri de pardon qui souvent résonne contre les falaises d'une carrière laissée à l'abandon. Un grand roman humain édité chez Rivages et Payot pour la version française, en 1998. 475 pages en version de poche. 7,5 sur 10.

Daniel