Comme un grand livre ouvert.



Publié le jeudi 7 août 2008


Jeudi 7 août 2008

"Dans la brume électrique avec les morts confédérés" de James Lee Burke.

            

Comme il écrit bien ce James Lee Burke! Je viens de terminer un autre polar de cet auteur : « Dans la brume électrique avec les morts confédérés. » Ce polar est même devenu film. En voici le résumé tel qu’écrit en quatrième de couverture :

"Une équipe de cinéma s'est installée à New Iberia pour y tourner un film épique sur la guerre de Sécession, avec la star hollywoodienne Elrod Sykes. Arrêté par Dave Robicheaux pour conduite en état d'ivresse, l'acteur affirme au policier qu'il a vu, pendant le tournage d'une scène dans un marais, le corps momifié d'un Noir enchaîné. Dave est tenté de croire à ce récit invraisemblable car trente-cinq ans plus tôt, il a été le témoin impuissant de l'assassinat d'un homme de couleur par deux Blancs. Le corps n'avait jamais été retrouvé. Le shérif se moque bien d'un crime vieux de trente-cinq ans, mais lorsque Dave se retrouve devant le squelette de la victime, il comprend que le souvenir de ce meurtre n'a cessé de le hanter... En fait il comprend peu à peu que la guerre de Sécession ne s'est jamais arrêtée et que la bataille de New Iberia continue, avec une rare violence."

Et parallèlement à ce « cold case », l’inspecteur Dave Robicheaux doit résoudre des meurtres en série sur de jeunes femmes.

Burke est un des ces grands auteurs américains qui n'a pas peur de questionner le passé trouble de sa nation et de retourner le couteau dans la plaie. C'est un de ces grands hommes de lettres qui, sans tambour ni trompette, oeuvre afin que la conscience blanche ne sombre pas dans une paralysie de la mémoire. Jamais pour lui on ne pourra oublier que le Blanc s'est toujours comporté comme une brute par rapport aux gens de couleur, que l'esclavage était une mauvaise cause à défendre et qu'elle le fut le plus généralement par des hommes épris de justice et d'honneur.

James Lee Burke est un auteur sudiste qui parle de ce qu'il connaît le mieux, la difficulté de vivre avec un passé lourd, tout en construisant le futur en espérant qu'un jour le fossé ne sera plus aussi profond. Il aimerait que jamais il n'y eut de parois en bois qui séparaient les Blancs des Noirs. C'est de cela dont Burke parle et est le témoin : la culpabilité des Blancs qui arrivent mal à offrir plus que des mots...

Je donne un 9 sur 10 à cet œuvre épique grandiose. Ce livre a été édité en français chez Payot et Rivages en 1999, la version anglaise l’ayant été en 1992. 480 pages en format de poche.

Daniel