Comme un grand livre ouvert.



Publié le vendredi 8 août 2008


Vendredi 8 août 2008

"L'emmitouflé" de Louis Caron.

Je suis enfin revenu dans la portion "romans historiques" de l'oeuvre de l’auteur québécois Louis Caron. J’y retrouve le même style de littérature que « Le canard de bois » et les autres romans de la trilogie « Les fils de la liberté » lus il y a fort longtemps.

 

Résumé :

Le jeune narrateur de ce roman est  franco-Américain. Il est né à Lowell au Vermont. Il est déserteur car il refuse d’aller faire la guerre au Vietnam. Son vieil oncle Nazaire, ermite devenu muet comme une carpe, est parti sans avertir lors d’une fête familiale, se cacher dans la forêt et la famille, aidée des gens du village, est à sa recherche. Quel est donc le secret de ce vieil homme bizarre qui a ainsi fui en entendant parler de la guerre?

Le père du narrateur raconte l’histoire de Nazaire lors de la guerre 1914-1918. Il lève ainsi le voile sur cette portion de l’histoire des Québécois où ils refusaient en grand nombre d’aller se battre en Europe pour les Français qui les avaient abandonnés dans leurs arpents de neige et les Anglais qui les avaient colonisés. Nazaire, comme les autres déserteurs, n’était pourtant pas un lâche mais il ne voulait pas faire la guerre, il refusait de tuer d’autres hommes. Il s’était alors enfoncé dans les marécages du lac St-Pierre dans le bout de Nicolet, patrie de Louis Caron. Il vécut longtemps emmitouflé dans sa solitude, ses pensées, ses sentiments. Et il devait demeurer ainsi emmitouflé dans ses peurs et son mal-être jusqu’à la fin de ses jours. Nous sommes soixante ans plus tard, et le neveu narrateur vit une situation similaire, comme tant d’hommes l’auront vécue et la vivront face aux exigences des faiseurs de guerre.

 

Évaluation :

J’ai adoré ce court roman écrit avec simplicité. Les tableaux du Québec d’autrefois que Caron fait jaillir au bout de sa plume me rappellent une foule de choses dont le fait que mon père fut aussi un déserteur, un objecteur de conscience et qu’il eut à se cacher de la police militaire pendant fort longtemps. Quand un « appelé » (conscription oblige) était trouvé et ne se rendait pas, les MP tiraient et en ont tués un certain nombre. Mon père nous le racontait avec tristesse, puisqu’il avait ainsi perdu un grand ami.

À cette perle de la littérature québécoise, premier roman de Louis Caron édité en France en 1977 aux Éditions du Seuil, je donne un 9 sur 10.  207 pages. « L’emmitouflé » a été couronné par deux prix littéraires dont le Prix France-Canada

 

Daniel