Comme un grand livre ouvert.



Publié le mercredi 27 août 2008


Mercredi 27 août 2008

"Mange, prie, aime" de Élizabeth Gilbert.

Ce récit autobiographique répond d’abord au cliché : journaliste en pleine crise existentielle. Elisabeth possède toutes les raisons d’être heureuse selon les critères USA : un mari aimant et riche, un boulot de rêve et un foyer dans les banlieues chics de New York. Il ne manque plus qu'à ajouter l'accessoire indispensable à toute femme allant sur la trentaine, un enfant. Pourtant, sur un coup de tête, Elisabeth envoie tout promener par-dessus bord, ne sentant tout simplement pas la fibre maternelle. Adieu époux, cocktails mondains et dépression ! Un divorce houleux, une liaison malheureuse dans la foulée et plusieurs boîtes de kleenex plus tard, elle est fin prête à se reconstruire. Mais pour cela, il faut qu'elle se trouve, quitte à prendre une année sabbatique et à partir se ressourcer en Italie, égrener des mantras jusqu'à se rendre chèvre en Inde, puis échouer à Bali dans la cabane d'un sorcier. !

Un premier frisson nous bouleverse lorsque l'auteur annonce en préambule l'organisation de son livre construit à la manière d'un japa mala : " Ce collier de 108 récits se décompose à son tour en trois sections (...). Chaque partie comporte donc 36 récits (...)" Faut dire qu'elle a aussi 36 ans à ce moment.

Pourtant, dès le premier chapitre, Elisabeth Gilbert fait preuve d'une drôlerie inattendue. Boute-en-train, elle a le don de se moquer d'elle-même, y compris lorsqu'elle décrit les épisodes jalonnant son mal de vivre et son divorce à la newyorkaise : long, douloureux et coûteux ! Durant la première partie de son voyage, elle fera la dolce vita et prendra pas moins de dix kilos.


Les choses se gâtent à la deuxième partie, lorsque Liz part faire un stage de quatre mois en Inde. Une succession d'Ashrams, de mantras, de litanies bouddhistes s'abattent sur le lecteur vite lassé. Liz n'en finit pas de prier, de se lever à toute heure pour pratiquer son yoga, manger uniquement végétarien et s'interroger sur son divorce. Heureusement que l’humour reviendra en force quelques 100 pages plus loin.

La troisième partie vient en sauveur du livre, grâce à sa relation avec ce gourou. Malgré son excentricité apparente, le projet d'Elisabeth Gilbert garde une véritable cohérence tout au long du récit, construit avec une logique cyclique autour de ces trois actions centrales : manger, prier et aimer. Et c'est avec exaltation qu'elle va enfin trouver SON mot, clôturant son histoire pour un nouveau départ dans la vie.

A tous ceux qui se trouvent en pleine mutation dans leur existence, ce livre offre, malgré quelques longueurs, une bonne remise sur pied.

 

Mon évaluation :

Bon, j’ai dû faire preuve de détermination pour lire ce livre et inviter mon côté « féminin » à se montrer, car il faut bien le dire, c’est un vrai livre de filles. Et ça fait très différent de ce que je lis habituellement. Un livre prêté par une de mes filles. Je devais donc le lire sans faute. Ce livre édité chez Calman-Lévy en 2006 compte 454 pages.

Ma note : 7 sur 10.

 

Daniel