Comme un grand livre ouvert.



Publié le samedi 1 mars 2008


Samedi 1 mars 2008

"Les enfants de la liberté" de Marc Levy.

 

                                   

        « Nous sommes toujours l’étranger de quelqu’un. »

 

Voici le septième roman de Marc Levy, 400 pages que j’ai lues d’un trait. Mais quelle différence dans le ton et dans le genre d’histoire, par rapport aux romans softs auxquels Levy nous a habitués !

L’auteur nous raconte l’histoire de jeunes résistants français pour la plupart juifs, qui ont pris le maquis contre les occupants nazis de la France durant la dernière guerre mondiale. Avec un tel nom, j’aurais dû me douter que Levy est juif. Il se fait donc le porte parole de son père, Raymond Levy qui portait le nom de Jeannot dans la résistance, et de son oncle Claude. En tout cas, ce roman dur et terriblement réaliste est bien loin des histoires douillettes et surréalistes de ses autres romains tels que Et si c’était vrai.

Il est certain que le style de l’auteur demeure une écriture aussi simple que fluide, remplie d’émotions, mais le roman lui-même est d’une gravité et d’une barbarie extrêmes. Que de jeunes Français étrangers (Polonais, Espagnols, Italiens, etc.) ont souffert et ont donné leur vie pour la libération de la France de la botte nazie.

 

"Ce 21 mars 1943, j'avais dix-huit ans. Je suis monté dans le tramway et je partais vers une station qui ne figurait sur aucun plan, j'allais chercher le maquis. Il y a dix minutes, je m'appelais encore Raymond." (Jeannot, nom de résistant du père de Marc Levy).

 

L’auteur sait bien nous entraîner dans cette histoire horrible de jeunes de 18 à 22 ans, qui ont su tisser une toile fragile mais éternelle de l’amitié qui unit ces jeunes guerriers qui se sont battus pour la paix. Levy s’est donné comme mission d’être l’intermédiaire de ces jeunes de la génération de son père et des lecteurs que nous sommes.

L’auteur a donc choisi un sujet usé sur les affres de la guerre, mais a su nous intéresser. Personne ne pouvait se douter de cette dimension de gravité chez cet auteur habituellement léger. Mais cette dimension mise en sourdine gagne à être connue. Levy m’a fait aimer encore d’avantage l’amour de la différence, en mentionnant entre autres que nous sommes toujours l’étranger de quelqu’un…

A lire absolument, mais en sachant que ce roman n’a rien à voir avec ce que vous avez pu lire précédemment de Marc Levy. J’évalue à 8 sur 10.

 

Daniel