Comme un grand livre ouvert.



Publié le lundi 24 mars 2008


Lundi 24 mars 2008

Soeur Julie.

 

 

Dieu a rappelé Sœur Julie, cette petite Québécoise du Carmel de Paris. Je l’avais tant aimée alors que nous vivions une adolescence heureuse dans notre Granby natal. Puis un jour, elle partit seule en voyage du côté de la France. C’est là-bas qu’elle vécut une forme d’illumination ou de conversion qui l’éloigna définitivement de son pays. Elle entra dans la communauté de Taizé du Frère Roger et de là, le Carmel fut son refuge éternel. Qu’était-il arrivé à cette bonne vivante qui, je crois, m’aimait aussi? Seul Dieu a la réponse à cette question, comme on sait si bien le dire.

Mais l’annonce récente de sa mort me rappelle cet amour de jeunesse où mon désir d’elle n’avait d’égale que la passion vouée à cette magnifique blonde athlétique aux yeux bleus.Je l’entends encore éclater d’un grand rire sonore au cinéma du quartier, alors que le film était d’une tristesse inouïe. Quel grand nombre de chuttt de la part des spectateurs frustrés accueillirent sa délinquance juvénile! Et moi, je l’aimais d’un amour tendre et respectueux, comme l’exigeaient les mœurs de l’époque. C’est tout de même au gré de quelques baisers volés que notre rapprochement annonçait un bel avenir rempli de douceur et de complicité amoureuses. Mais aucune promesse de sa part n’est jamais venue sceller une quelconque certitude chez moi. Elle demeurait évasive sur les possibles liens qui un jour, pourraient nous unir. Déjà, me semble-t-il, son cœur était pris par une puissance bien supérieure à la mienne; mais elle l’ignorait elle-même, malgré certaines évidences.

Sœur Julie est morte au Carmel de Paris, il y a deux mois déjà; et peu de gens d’ici ont souvenir qu’elle ait illuminé la vie de quelques personnes qui se souviennent encore d’elle. Et je suis de ces personnes ayant libéré des milliers de pensées en forme de colombes pour accompagner l’âme si belle de cette jeune fille exilée vers un destin qui ne fut jamais nôtre. Bonne éternité, Sœur Julie que j’ai tant aimée!

 

Daniel

 



Lundi 24 mars 2008

"Va où ton coeur te porte".

J'avais besoin de faire diversion. Je lis beaucoup de polars de ce temps-ci et pour ne pas confondre une histoire avec l'autre, j'avais besoin d'un autre genre de littérature. C'est alors que j'ai découvert dans une de nos bibliothèques, le livre de l'Itanlienne Susanne Tamaro "Va où ton coeur te porte".

C'est une grand-mère qui nous narre son histoire sous forme de lettres à sa petite-fille. Elle est douce, pleine de vécu mais aussi mourante. Elle écrit donc un journal intime à sa petite fille, qu'elle a élevée seule suite à un drame familial dont on en saura plus au fil des pages.

Sa petite fille, après de nombreux différends, a tout quitté pour les États-Unis et ne donne plus signe de vie. Elle ignore encore que sa grand-mère ne pourra pas l'accueillir à son retour, qu'elle ne l'attendra plus depuis longtemps. Mais elle ignore encore tant de choses sur cette femme extraordinaire.

Cette grand-maman raconte dans ses lettres à sa petite-fille les raisons de son mariage de raison, la rencontre avec le vrai père de sa fille morte dans un accident de la route. Son passé ne semble pas celui que l'on imagine de la part d'une grand-mère, mais cette femme a connu le grand amour et des peines profondes. Toutes ces lettres-testament à sa petite-fille sont remplies d'humour et de sagesse et touchent le lecteur au plus haut point. Sa petite-fille aura-t-elle la chance de lire ces lettres d'amour inconditionnel suite au grand départ de la grand-maman? L'histoire ne le dit pas mais il semble qu'il y ait une suite à ce magnifique livre édité chez Plon en 1994. 228 pages.

J'évalue à 8,5 sur 10 cette oeuvre qui se veut un livre de chevet à conserver, compte tenu des nombreuses leçons de vie qu'il comporte.

Daniel