Jeudi 27 mars 2008
Belle, élégante, élancée, tu cours dans mes rêves d’un passé trop vite révolu. Je me souviens de ce jeune amour qui nous liait l’un à l’autre, de ces moments éprouvants vécus chacun en l’absence de l’autre. Je me souviens de ces mots doux que nous nous écrivions, juste pour alimenter ces jours trop brefs d’un amour printanier. Je me souviens de ces dimanches bucoliques passés à arpenter les sentiers du parc qui vit naître notre amour, jusqu’à ce banc qui est encore là et que nous voyons parfois, quarante années plus tard.
Rien n’aurait pu faire se séparer ces deux mains unies pour tant de jours à venir, pour tant de mondes inconnus. Nous fabriquions des projets d’envergure et pourtant, nous n’avions rien d'autre que nos études à terminer et que leur coût à défrayer. Nous logions à l’enseigne d’un optimisme inébranlable et caressions déjà ces enfants qui seraient nôtres. Et la Vie nous a aimés, nous a bénis, malgré les heures d’angoisse vécues et les peurs perçues parfois comme insurmontables. Malgré les anicroches et les infidélités de jeunes corps qui devaient exulter.
Nous sommes là, tant d’années après, toujours unis dans un amour devenu tendresse profonde, complicité de deux automnes de la vie qui surgissent au gré des mots doux si bien connus, des forces et des faiblesses de chacun, des peurs d’une perte prématurée de l’autre. Dans nos yeux se lisent ces souvenirs enfouis dans nos corps SEXagénaires et dans nos âmes immortelles.
Au moment où nous entendons parler de cette année de notre mariage, celle d'Expos 67, nous savons que la vie continuera de se faire belle parce que nous le voulons, parce que nous le décidons à chaque matin, quand ce léger baiser vient sceller un amour qui durera jusqu’aux confins de tous les univers.
Daniel
Publié par ange
à 2008-03-27 08:21:49
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