Comme un grand livre ouvert.




Lundi 6 octobre 2008

Un tueur sournois.

 

Je l'ai entendu haut et fort hier soir ce tueur de vie. Je n'ai fait ni un ni deux et j'ai fermé toutes les fenêtres de la maison, surtout celles de ma chambre, car je voulais lire, puis dormir. Ce tueur de vie s'est constitué en gangs de rue qui me déchirent, qui empêchent les enfants et les travailleurs de bien dormir et de performer le lendemain à l'école ou au boulot. Ce tueur constitué en gangs de rue nous empêche de relaxer dans nos cours arrières l'été. Il vient se promener à proximité de nos demeures en motoneige ou en VTT quand nous avons le malheur de vivre en campagne ou au bord d'un champ. Ce tueur sournois a pour nom LE BRUIT.

Moi, le bruit me tue; c'est bien connu. Mais j'en suis conscient, contrairement à trop de gens. Le bruit est le début de toutes les formes de violences. Et comme on ne veut pas être violent, on refoule face aux bruyants, pour ne pas faire de bêtises. Le bruit est le début de la violence et la forme la plus ouverte de manque de respect. Ainsi, votre voisin possède une moto bruyante ou a modifié le tuyau d'échappement de son auto parce qu'il aime le bruit. Il vous "écoeure" à tous les matins quand il part travailler ou le soir quand il revient tard. Mais vous ne lui faites pas savoir qu'il vous gâche la vie parce que vous êtes quelqu'un de poli. Sauf que lui, est-il poli envers vous? Vous respecte-t-il? Faire le bruit qu'il fait, et volontairement en plus, c'est comme vous dire qu'il se fiche éperdument de vous. C'est comme s'il faisait ses besoins sur votre tête et que, étant une personne polie, vous ne dites rien et vous laisssez faire de peur de le froisser.

Je vous en reparlerai. Mais pour l'instant, je vous dis que le bruit, trop souvent fait volontairement et consciemment, est un tueur de paix, de sérénité, de neurones, de tympans, de l'humain, des relations humaines, de la société. On parle beaucoup d'écologie, d'environnement verte, de gaz à effets de serre, etc. Mais très peu de gens parlent de bruit. Tout à coup que nous choquerions ceux qui n'ont aucun respect pour notre environnement sonore... Allez voir et inscrivez-vous si vous êtes fatigués de la pollution par le bruit:

http://www.rqcb.ca/fr/accueil.php

Daniel



Dimanche 5 octobre 2008

Le talent et la beauté.

En ce beau dimanche d’octobre, je vous présente cet hymne de liturgie eucharistique écrit par saint Thomas d’Aquin et mis en musique par César Franck en 1872. Panis Angelicus.

Mais ici, ce cantique est interprété par le talent et la beauté tout à la fois, Renee Fleeming. Mettez-vous en plein la vue et les oreilles! Pour qui voudrait pratiquer sa voix, voici les paroles latines qui disent « Le pain des anges devient le pain des hommes, etc. :

Panis angelicus

fit panis hominum;

Dat panis caelicus

figuris terminum:

O res mirabilis!

manducat Dominum

Pauper, servus, et humilis.

Te trina Deitas

unaque poscimus:

Sic nos tu visita,

sicut te colimus;

Per tuas semitas

duc nos quo tendimus,

Ad lucem quam inhabitas.

Amen.

 

Daniel



Samedi 4 octobre 2008

"Sacré" de Dennis Lehane.

 

Je viens de terminer un autre roman policier mettant en vedette Patrick Kenzie et sa complice Angela Gennaro. J'aime beaucoup ces deux policiers privés de Boston qui ne savent jamais si ils s'aiment comme des amis d'enfance ou comme des amoureux fous l'un de l'autre. Et j'aime beaucoup Dennis Lehane qui, entre autres, a écrit "Shutter Island", "Gone baby gone", etc.

Nos deux héros ont été pas mal "maganés" dans leurs deux dernières aventures dont j'ai parlé sur ce blogue. Ils ont même dû cesser leurs activités depuis quelques mois. Mais tout à coup, un milliardaire les fait enlever. Son nom est Trevor Stone. Ce Stone n'en peut plus: sa femme vient de mourir dans un accident de voiture, lui-même est en phase terminale d'un cancer et sa fille bien aimée a été enlevée. C'est donc pour retrouver sa fille qu'il a fait enlever nos deux héros. Drôles de manières! Mais quand on est riche... Le tout se passe en plein coeur de Boston et sur la côte Ouest de la Floride.

Mon évaluation:

Cette nouvelle enquête ressuscite le duo et les rapproche encore l'un de l'autre. L'écriture de "Sacré" est beaucoup plus légère et humoristique que dans les deux précédents romans. L'humour de Lehane nous fait refermer le livre avec le sourire aux lèvres. 
Ce polar se lit d'une traite. On n'est pas inquiets pour nos héros, ils s'en sortiront, ce qu'ils ont à affronter n'est rien en comparaison de ce qu'ils ont déjà vécu. C'est donc avec amusement que l'on suit le déroulement de cette enquête qui les emmène sur les traces de la fille du milliardaire, une créature des plus belles et des plus envoûtantes que l'on puisse rencontrer et depuis quelques mois évaporée dans la nature. Ce polar est un vrai régal comme dirait le tigre de Kelloggs.

Édité chez Rivages/Noir en 2001 pour l'édition française. 411 pages en livre de poche. Ma note: 8,5 sur 10.

Daniel



Jeudi 2 octobre 2008

"L'Homme trafiqué" de Jean-Jacques Pelletier.

Voici le roman d'espionnage-polar québécois qui m'a fait fabuler ces derniers jours. "L'homme trafiqué" a été écrit par un ancien prof. de philo. au CEGEP Lévis-Lauzon, Jean-Jacques Pelletier. Il fut édité chez Alire, en 2000 et il compte 368 pages. En voici le résumé:

Karl est lexicographie, il écrit des dictionnaires de gemmologie (les diamants). Il fait la découverte ou on lui fait faire la découverte du plus gros diamant au monde. Il est alors poursuivi par une ou plutôt des organisations aussi secrètes que criminelles, dont celle nommée LE SYNDICAT. Et en plus, Karl souffre d'amnésie par rapport à une partie de sa vie, le pauvre.

L'auteur nous entraine dans le monde fascinant du diamant et raconte des histoires à dormir debout. Sauf qu'on peut se demander s'il n'y aurait pas beaucoup de vrai dans toutes ces histoires à dormir debout, concernant le contrôle qu'une poignée d'hommes peuvent avoir dans un secteur particulier, comme celui du diamant.

J'ai trouvé l'histoire bien complexe. Ce type de roman d'espionnage requiert une attention soutenue face aux gestes posés par les personnages car ils sont souvent "fuckés" psychologiquement, posent toujours des gestes calculés et empreints de haute stratégie et de mille détours insoupçonnés. Heureusement que Pelletier écrit très bien et réussit à simplifier suffisamment pour ne pas que le lecteur s'y perde totalement.

Cet auteur que je ne connaissais pas jusqu'à ce jour, me semble très érudit et possède très bien son sujet. Il a dû être très bien informé, car entre nous, chez le commun des mortels, qui connaît le monde du diamant?

J'ai eu le plaisir de constater que l'histoire se passe encore une fois dans la ville de Québec, mais évidemment, on se déplace partout dans le monde. On est dans le jet set diamantaire international ici. 

Je pense que je viens de découvrir un excellent auteur sauf que parfois, ça sent la recette toute faite. Est-ce parce que j'ai lu trop de romans d'espionnage par le passé?

Pour mieux juger l'oeuvre de cet auteur, je vais lire d'autres de ses romans. Je pense qu'il y a une suite à celui-ci.

Pour l'instant, mon évaluation de ce roman se situe à 8 sur 10.

Daniel

 



Mardi 30 septembre 2008

"Faux rebond" de Harlan Coben.

Je viens de lire  un autre polar signé Harlan Coben. Le titre: "Faux rebond". Coben n’est pas mon auteur préféré mais comme j’ai acheté plusieurs livres de lui, je les lis tout simplement.

Myron Bolitar, le héros du roman, a subi une grave blessure au genou qui a mis fin à sa carrière de basket et l'a empèché d'accéder à la NBA. Il a été membre du FBI, a fait son droit à Harvard et est devenu agent sportif. Sauf qu’il a un à-coté, celui de faire des investigations sur divers crimes. Il est toujours accompagné de son riche copain WIN et de sa secrétaire ancienne lutteuse, la jolie Espéranza.

Ici, Myron fait bizarrement un retour au jeu dans la NBA pour les Dragons du New Jersey. Sauf que le directeur général de cette équipe, le vieux Clip Arnstein l’a engagé pour enquêter sur la disparition de sa vedette et ancien compétiteur, Greg Downing. Pas parce qu'il croit en lui comme basketballeur. 

Greg Downing disparaît parfois parce qu’il est une star et a ses caprices. Mais cette fois-ci, c’est beaucoup plus grave. Une certaine Carla est assassinée. Greg est la dernière personne à l’avoir vue. Greg Downing semble un suspect idéal.

L’enquête ne sera pas facile. Des membres d’un groupe révolutionnaire des années 60 sont mêlés à l’affaire. De plus, il sera très difficile pour Byron de revivre ainsi les souvenirs de sa terrible blessure. De multiples revirements de situation ne permettent absolument pas au lecteur de découvrir avant la toute fin l’identité de l’assassin (homme ou femme?).

 

Mon évaluation :

Comme je le mentionnais, je ne suis pas le plus grand admirateur de Harlan Coben. Son style est tout de même rapide et le scénario mis en scène est intéressant bien qu’un peu touffu. L’auteur s’essouffle un peu vers la fin et les personnages semblent tourner en rond. Est-ce là une stratégie de l’auteur pour mieux berner le lecteur? Heureusement que Coben a un sens de l’humour grinçant qu’il partage d’emblée avec sa secrétaire et son associé psycopathe, WIN. Alors, roman moyen si je le compare à tous les autres que j’ai lus. Coben lui-même a déjà fait beaucoup mieux.

Ce thriller a été édité au Fleuve noir en format de poche en 1996. 408 pages.

Ma note : 6,5 sur 10.

 

Daniel



Lundi 29 septembre 2008

"Chien Blanc" de Romain Gary.

Vous savez ce qu'est un chien blanc? Les hommes sont parfois dégueulasses et je viens d'apprendre la définition de ce terme. Ainsi, les États-Uniens du sud ont dompté plusieurs bergers allemands en leur apprenant à attaquer les Noirs seulement. Voilà ce qu'est un chien blanc: il n'attaque pas les Blancs mais si un Noir se présente, il devient fou d'agressivité et il l'attaque.

C'est ce que je viens de lire comme histoire dans un livre de Romain Gary intitulé justement "Chien Blanc".

Dans ce roman autobiographique, Gary vit à Hollywood avec l'actrice Jean Seberg qui est beaucoup plus jeune que lui. Je ne le savais pas, mais Jean Seberg, avant de se suicider à l'âge de 41 ans, s'est beaucoup occupé des droits civiques des Noirs. Elle et Gary gardaient déjà plusieurs animaux; mais un jour se présente chez eux un berger allemand perdu. Ils décident de le garder. Mais ce chien toujours très gentil avec les Blancs attaquent tout à coup leurs amis noirs. Ils découvrent alors qu'il s'agit d'un chien blanc dressé pour la bonne cause des racistes du sud. Gary décide alors de le confier à un zoo où un spécialiste noir décide de guérir ce chien blanc vicieux et vicié par l'homme. Réussira-t-il?

A travers ce récit, l'auteur nous parle de sa philosophie de la vie, de la Bêtise humaine. J'adore lire Romain Gary (Émile Ajar). Mais il y a de quoi se décourager de l'homme. Il mentionne par exemple jusqu'à quel point les grandes vedettes millionnaires ont besoin de s'occuper de telles causes humanitaires pour se déculpabiliser et se faire croire qu'elles sont de bons libéraux qui s'occupent des pauvres gens. Sauf que ces riches le font en mangeant du caviar dans leur maison à plusieurs millions de dollars, en buvant et en se droguant à qui mieux mieux. Il y a de quoi se décourager de la race humaine. Le parallèle est évident: si on ne peut guérir un chien blanc, il est aussi difficile de guérir un raciste qui a été conditionné par son entourage pendant des années.

Toute l'histoire se passe en 1968 pendant les émeutes suivant l'assassinat de Martin Luther King et au moment où tout saute à Paris.

Saviez-vous que Romain Gary s'est suicidé une année après le suicide de Jean Seberg? Mais il avait laissé une note: "Rien à voir avec Seberg." Je pense plutôt qu'il était découragé de la bêtise humaine.

Je donne une note de 8 sur 10 à ce roman édité chez Gallimard Folio en 1970. Ce livre de poche compte 220 pages.

Daniel

 



Jeudi 25 septembre 2008

"Un fleuve de ténèbres" de Rennie Airth.

                        

Je viens de lire un excellent thriller psychologique écrit par un auteur inconnu pour moi. Faut bien dire que Rennie Airth, même s’il est né en 1935, n’a écrit que quatre livres dans sa vie. En fait, il a surtout travaillé comme correspondant de presse à l’étranger pour l’agence Reuter. Il est sud-Africain.

Voici le résumé de l’histoire : l’intrigue se passe en Angleterre en 1921, peu de temps après la grande guerre. Le jeune policier Billy Styles est fou de joie d’être assigné à une importante enquête menée par le ténébreux inspecteur John Madden. Ce dernier souffre beaucoup mentalement de tout ce qu’il a vu comme combattant de la guerre 14-18 et ça paraît dans son comportement.

Des hauts placés pensent qu'il s'agit ici d'un vol qui a mal tourné; mais il est plutôt question dans ce roman de nombreux meurtres perpétrés par un "serial killer" (mais oui, bonne idée d’inclure un tueur en série dans un tel roman d’époque). Le fou furieux se prépare longuement et de façon méticuleuse, force une maison et tue toute la famille avec une baïonnette, sauf les jolies jeunes femmes auxquelles il tranche la gorge avec son rasoir à barbe. Nous observons le début de l’emploi de la psychologie et de certaines méthodes scientifiques pour faire avancer les enquêtes. C’est utile quand le tueur est un psychopathe. Mais les autorités, même celles de Scotland Yard, sont réticentes face à l’arrivée de telles méthodes. Je n’en dis pas plus.

Mon évaluation :

J’ai lu à quelque part que ce roman écrit comme le ferait Agatha Christie est un genre de « Silence des agneaux » en plus doux. Bon, je ne suis pas sûr que ce soit en plus doux… Mais j’ai aimé le côté « époque » et le côté culturel de ce polar. C’est évidemment fort différent des polars américains que je lis habituellement. Le ton et la politesse quoi! ;-)

Je peux tout de même dire que ce roman est excellent et m’a tenu en haleine tout au long de sa lecture. Cet auteur étant sûrement à la retraite comme correspondant de presse, j’espère qu’il en écrira d’autres. Il est vraiment bon.

Ce livre sorti aux Éditions de Fallois en 2001 compte en format régulier, 457 pages et je le suggère à tous ceux qui aiment les polars.

Ma note : 8,5 sur 10.

 

Daniel

 



Mercredi 24 septembre 2008

L'homme qui vivait seul (3 de 3).

Quelque chose clochait, je le savais maintenant. Je décidai alors de quitter l’autoroute 20 à la hauteur de Boucherville. J’avais besoin de réfléchir vite : dois-je retourner seul chez Jacques? Peut-être n’était-ce  rien de très grave, qu’un simple besoin de parler suite à la réception d’une mauvaise nouvelle. Ou encore, Jacques se trouvait-il dans un mauvais pétrin et la police devrait intervenir? Je craignais que les sirènes policières soient plus nuisibles qu’autre chose. J’avais peur qu’on fasse du mal à mon meilleur ami...

 

Une idée effleura tout à coup mon esprit. Je composai un numéro de téléphone que j’avais heureusement conservé. Je dis à la personne: « Je pense que Jacques a des problèmes, voudrais-tu aller vérifier? Je reviens tout de suite chez lui. » Ce coup de fil, c’est au voisin de Jacques que je l’avais passé. Son nom est Bertrand. Originaire de l'endroit, ce cultivateur de toujours était âgé de 42 ans. Il est grand, gros, musclé et fort comme Monsieur Univers.

 

Quand j’arrivai chez Jacques, deux types dormaient comme des poupons près des cadavres des deux chiens. Jacques était sauf, bien qu’un peu amoché et en état de choc. J’appris alors que Bertrand, suite à mon appel, avait volé au secours de Jacques, accompagné de ses deux frères aussi gros et forts que lui, en ne prenant même pas leurs armes avec eux. Les bandits furent pour le moins surpris de les voir pénétrer en force dans la maison, sans peur aucune, puis leur asséner les pires coups de poings qu’ils n’avaient jamais reçus. Les lumières se sont éteintes dans leur tête de petits truands habitués à dévaliser les personnes isolées et sans trop de défense. L’aventure obligea Jacques, bien malgré lui, à faire l’acquisition de deux autres énormes chiens de garde.

 

Et depuis ce temps, Jacques me dit jusqu'à quel point il aime ses voisins et me trouve bon cowboy. Et quand je vais faire un tour chez lui, je ne manque jamais d’aller serrer la main de ces voisins secourables. Ouf! Méchantes pattes d’ours, foi de Big Wolf.

                        FIN

Daniel


Mercredi 24 septembre 2008

L'homme qui vivait seul (2 de 3).

Il mettait fin au chaud jet d’eau quand il entendit des jappements de mort, suivis de quatre coups de feu. Le cœur battant, il s’enroula  une serviette autour de la taille et se précipita hors de la douche. Jacques n’eut aucune chance d’attraper ses armes. Il était clair pour lui que ses chiens avaient été tués. La porte d’entrée claqua avec un fort bruit de verre brisé. Deux hommes cagoulés se jetèrent sur le SEXagénaire. Celui-ci eut beau se débattre vigoureusement, sa bonne forme physique ne suffit pas à contrer le coup de crosse qu’il reçut à la tête. Il s’écroula de tout son poids sur le linoléum de la cuisine. Combien de temps cet état inconscient avait-il duré? Il n’aurait su le dire lorsqu’il reprit ses esprits. Il réalisa qu’il était bâillonné, mains attachées derrière le dos. Ces petites serres en plastique rugueux le blessaient terriblement lorsqu’il essayait de se détacher. Puis, un des intrus lui siffla d’un ton menaçant : « Bon ben là, pépère, va falloir que tu nous dises où tu caches ton trésor? Ça fait qu'on va t’enlever ton bâillon pour que tu dises ce que tu as à nous dire. En plus, fie-toi plus sur tes chiens, ils sont « kapoutes ».

 

Jacques sentait poindre en lui une agressivité incontrôlable. Son visage rougi bouillait comme une marmite à son zénith et une poussée d’hypertension risquait de lui faire éclater la tête. Pour sa propre santé, il décida de relaxer un peu et de respirer plus régulièrement. L’un des truands lui enleva alors son bâillon sans ménagement aucun et lui posa à nouveau la question : « C’est où que tu mets ton trésor, pépère? » Jacques n’allait pas dévoiler sa cachette. Le second bandit lui asséna une gifle monumentale et Jacques alla s’affaler sur le plancher. À ce moment, le téléphone sonna, au grand déplaisir des bandits. C’est moi qui appelais car j’avais oublié chez Jacques, mes verres fumés munis d’une prescription. J’entendis cinq sonneries avant qu’une voix  réponde : « C’est un mauvais numéro, mon gars. »

 

Je pensai effectivement avoir composé un faux numéro. Je roulai alors jusqu’à l’accotement et j’immobilisai l’auto. Je pris mon portable et je fis «Recall». Après une autre longue attente, je reconnus enfin la voix de Jacques. Quelque chose semblait anormal; d’abord, le numéro était le même puisque j’avais fait « recall ». En plus, la voix de Jacques sortait trop haut perchée et il me paraissait essoufflé. Jacques est un bouffon naturel. Ses blagues manquaient totalement à la trop brève conversation téléphonique que nous eûmes. Mais le signal d’alarme que moi seul pouvais connaître était celui-ci : il m’appelait par mon prénom véritable, soit Daniel. Jacques et moi sommes des amis de toujours. Jeunes, quand nous jouions aux cowboys, je prenais le sobriquet de Big Wolf, le méchant cowboy. Et ce nom m’est resté jusqu’à aujourd’hui. Jacques est le seul à m’appeler « mon Wolf ». Jamais il ne m’appelle Daniel. Intrigué, je lui demandai si tout allait bien. Il me répondit : « Oui, oui, Daniel, tout va bien. » Mais je sentais qu’il mentait, contraint qu’il était à devoir dire ce que quelqu’un d’autre lui dictait. Et il manquait toujours le « mon Wolf » habituel. (A suivre).

 

Daniel



Mardi 23 septembre 2008

L'homme qui vivait seul (1 de 3).

L'homme qui vivait seul.

Comme les fermes sont belles et riches dans ce coin de pays! L’autoroute 20 enlace amoureusement ce paysage bucolique. Peu de temps après son divorce, Jacques y avait acheté la petite ferme de ses rêves, véritable paradis pour le « vieux garçon » qu’il est. Bien que cadre de haut niveau, son plus grand plaisir est de travailler physiquement, exutoire efficace au stress occasionné par ses fonctions.

 

Jacques se contentait de garder comme animaux de ferme quelques chats, deux énormes chiens et une vingtaine de poules. Trois vieux bâtiments se cabraient derrière la  maison de type ancestral. Il prêtait une partie de sa terre au voisin, qui y cultivait du maïs. Lui se contentait de faire l’émondage des arbres qui ornaient le trécarré et de nettoyer le tout. Il vivait seul et heureux. Il recevait  quelques tendres amies de temps à autres, mais ses relations avec les femmes s’arrêtaient là. Il vivait déjà depuis vingt ans à cet endroit paradisiaque. Il avait pris sa retraite à 55 ans, après 35 ans de travail acharné. Son bonheur solitaire allait se perpétuer; il en était sûr. Sa ferme était très retirée de celles de ses voisins. C’est pourquoi  il avait adopté deux molosses d’une méchanceté inouïe, en plus de cacher deux carabines dans son armoire d’entrée. Ne rajeunissant pas, il préférait assurer lui-même sa sécurité au cas où d'éventuels voleurs auraient envie de profiter de la proximité de l’autoroute pour s’enfuir après leurs méfaits.

 

Jacques adorait l’alcool et ses effets. Il avait pris un « coup solide » pendant une grande partie de sa vie. Cette mauvaise habitude tempérait bizarrement les fins de semaine où il était esseulé. Il ne risquait pas ainsi de nuire à son boulot et à son image. La perte de son permis de conduire, dix années auparavant, lui avait fourni la leçon nécessaire pour ne plus conduire en état d’ébriété. Mais l’âge et le manque de capacités aidant, il avait tout simplement cessé de boire à 50 ans. En ce beau mois d’avril 2006, toute sa famille et plusieurs amis étaient venus fêter son soixantième anniversaire de naissance. Quelques invités s’étaient un peu « déplacés » en consommant trop d’alcool, mais Jacques était demeuré tolérant, conscient de ses faiblesses d’antan.

 

Après le départ de tous ces gens, il décida d’aller prendre une douche. Comme à l’accoutumée, il n’avait pas verrouillé les portes de la maison, sachant très bien que ses deux gardiens à crocs bien aiguisés le protégeraient mieux qu’une serrure. Il mettait fin au chaud jet d’eau quand il entendit des jappements de mort, suivis de quatre coups de feu. (A suivre).

 



Lundi 22 septembre 2008

Matin de fin du monde.

Matin de fin du monde.

Mélancolie d'un coeur brisé

En ce matin de fin du monde

Dis-moi pourquoi tu m'as quitté

Pourquoi faut-il que tout s'effondre

 

Seul à cette table où j'ai fumé

Ces souvenirs qui nous unissent

Et où j'ai bu de profundis

Les affres de ma liberté

 

Dans la froideur de tes yeux froids

Tous ces givres qui me glacent

Ont gelé mon coeur d'un effroi

Qui n'a d'égal que tes sarcasmes

 

J'irai me réfugier en moi

Dans ces profondeurs maladives

Où n'existera plus l'émoi

Des sentiments que l'on  ravive

 

J'irai me recréer un monde

Où tous les liens se dénoueront

Où seule l'indifférrence abonde

Dans un grand désert moribond

 

J'assécherai mes larmes

A tous les grands vents de l'oubli

Et j'arroserai la flamme

Qui à ton coeur m'aura uni

 

Mélancolie d'un coeur brisé

En ce matin de fin du monde

Pourquoi faut-il que tout s'effondre

Pourquoi faut-il qu'elle m'ait quitté?

Daniel

(C)1998



Dimanche 21 septembre 2008

J'ai une amie.

 

J'ai une amie.

J'ai une amie qui meurt sa vie
Aux portes d'un enfer créé
Cet enfer qu'elle veut réchauffer
Pour être sûre de s'y brûler
Rite de culpabilisation
Offert au grand dieu Déception
À la déese Mélancolie
Offrande de toute une vie

J'ai une amie qui brûle ses nuits
A tous les mea culpa du monde
Offertoire perpétuelle
Où tant de tristesses abondent
Expiation éternelle
Rameaux de flagellation
Je voudrais tant qu'elle se pardonne
Kyrie Éleison

Je voudrais tant qu'elle se pardonne
Kyrie Éleison

Daniel

(C) 1999

 



Samedi 20 septembre 2008

"Gros-Câlin" de Romain Gary (Émile Ajar).

Ça vaut le coup de lire cette critique, si ce n'est que pour prendre connaissance du passage du roman que je vous livre ici. Drôle en pas pour rire...

Je viens donc de lire le roman « Gros-Câlin » de Romain Gary qui a aussi écrit sous le nom de Émile Ajar et quelques autres. Un peu dans le style de « La vie devant soi » au niveau du langage bizarre et drôle, ce roman s’avère aussi être une source philosophique inouïe qui peint les désirs et les besoins inassouvis d’amour de l’homme, dans sa solitude extrême.

Résumé :

Monsieur Cousin est allé en Afrique et a rapporté à Paris un énorme python qu’il prénomme Gros-Câlin. Il vit avec lui dans son petit deux et demie au troisième étage. Monsieur Cousin travaille comme statisticien et est secrètement amoureux d’une collègue noire venue des îles, se disant qu’elle seule accepterait de venir partager sa vie avec son python Gros-Câlin. Il faut dire qu’à certains moments, il se confond avec son reptile. C’est lui le python…

En plus, monsieur Cousin écrit des lettres à diverses personnalités mentionnant qu’il prépare une étude sur les pythons. Ainsi, pour vous montrer le type de langage utilisé par l’auteur, voici ce qu’il écrivait à un illustre médecin concernant le droit à la vie et les avortoirs:

« Monsieur,

Dans un communiqué de l’Ordre de Médecins de France, signé de votre nom, vous avez parlé avec une juste sévérité de l’avortement et qualifié d’ « avortoirs » les lieux où ces interruptions de naissance seraient pratiquées. Je me permets de vous informer, à titre personnel et confidentiel, que le caractère sacré à la vie dont vous vous réclamez, ainsi que le cardinal Marty, exige une possibilité d’accès à la naissance et à la vie, une impossibilité évidente que vous paraissez ignorer, dont vous ne faites aucune mention, et je me permets à ce titre de vous signaler l’histoire bien connue, survenue en 1931, et que l’on cache aujourd’hui à l’opinion publique. Je l’ai trouvée sur les quais dans une collection d’histoires dont l’auteur m’échappe. C’est en effet en 1931, ainsi que vous ne l’êtes pas sans ignorer, qu’eut lieu la première révolte des spermatozoïdes à Paris. Ils se réclamaient du droit sacré à la vie et en avaient assez d’être frustrés de leurs aspirations légitimes et de mourir étouffés à l’intérieur des capotes. Sous les ordres d’un guérilléro spermatozoïde, ils se sont donc tous armés d’une hachette, afin de percer au bon moment les parois de caoutchouc et accéder à la naissance. Le moment venu, lorsque commença la grande ruée en avant, les spermatozoïdes levèrent tous leurs hachettes et leur chef fut le premier à abattre la sienne et à percer le caoutchouc pour accéder au monde et au caractère sacré de la vie qui les attendait dehors. Il y eut un moment de silence. Et alors, la grande masse de spermatozoïdes entendit son cri affolé : « Arrière! C’est de la merde. »

Mon évaluation :

J’ai aimé ce roman écrit à la façon bien particulière de Romain Gary (Émile Ajar). Un langage qui semble enfantin, un peu débile et sûrement naïf nous offre des leçons profondes sur la solitude de l’être humain, sur son goût d’aider les grands nombres pour se sentir et s’aimer lui-même. L’homme a tant d’amour à donner mais trop de bouchons de circulation intérieurs l’empêchent de le faire. 1 seul homme ne voit son avenir qu’à deux, nous enseigne-t-il. Et quand ce deux n’existe pas, il est prêt à tout pour le trouver… Dans le fond, le roman est drôle mais la philosophie sous-jacente est triste à en mourir.

Ce livre sorti en 1974 sous le pseudonyme de Émile Ajar et édité au Mercure de France Folio contient 215 pages.

Ma note : 8,5 sur 10.

 



Jeudi 18 septembre 2008

"Cette chanson que je n'oublierai jamais" de Mary Higgins Clark.

Je n’avais pas lu depuis longtemps un polar signé Mary Higgins Clark. Et je ne regrette pas la lecture de celui-ci : « Cette chanson que je n’oublierai jamais ».

 

Résumé du livre :

Une ritournelle lancinante trotte dans la tête de Kay. D'où vient-elle ? Que signifie-t-elle? Pourquoi l'obsède-t-elle à ce point ? En plongeant dans ses souvenirs, la jeune femme revoit une scène imprécise, lorsqu'elle était enfant, dans la propriété des Carrington où elle a grandi... Depuis, Kay a épousé Peter, l'héritier de la famille. Mais les rumeurs qui courent sur son époux concernant la disparition d'une jeune fille et la mort accidentelle de son ex-femme, retrouvée noyée dans la piscine, se confirment, et Peter se retrouve en prison. Convaincue de son innocence, Kay se laisse emporter par cette musique, sans savoir qu'elle recèle un secret très dangereux pour elle, et pour lui...

Mon évaluation :

Rien de dégoûtant dans les romans de cette grande dame du polar, ce qui me change de certains livres que j’ai lus où la description des cadavres peut à elle seule vous écoeurer des polars pour plusieurs années à venir. Dans ce roman, on retrouve une intrigue bien ficelée qui se développe tout en douceur, presque à pas feutrés.

L’auteur nous fait entrer dans les troubles du sommeil, du somnambulisme et de tout ce qui peut en découler parfois. Elle sait parfaitement semer le doute quant à ou aux auteurs des meurtres. Elle y parle de plusieurs turpitudes bien humaines : la jalousie, le mensonge, le jeu, la drogue, l’amour de l’argent, etc. Le lecteur assiste au combat du bien contre le mal. A chaque chapitre, le lecteur fait un nouveau choix du meurtrier potentiel et se tient au bout de sa chaise au fur et à mesure que le fil conducteur le conduit dans divers méandres de possibilités.

J’ai vraiment apprécié ce polar et j’en recommande la lecture. Ce livre a été édité chez Albin Michel en 2007 pour la traduction française. Il compte 420 pages.

Ma note : 8,5 sur 10.

 



Dimanche 14 septembre 2008

"Bonheur d'occasion" de Gabrielle Roy.

Quel livre dur! Pas dur  à lire parce que mal écrit; au contraire, il est merveilleusement bien écrit, même si je n’apprécie pas spécialement les dialogues en joual utilisés cette fois par Gabrielle Roy. En fait, ce roman est dur parce qu’il va au plus profond de la misère humaine et qu’on a la larme à l’œil tout au long de sa lecture.

 

La famille Lacasse vit dans le quartier pauvre de St-Henri durant la dernière guerre mondiale. La maman est une mater dolorosa à qui tout tombe sur les épaules. Elle met un enfant au monde à chaque année, sans avoir même la capacité de faire vivre ceux qui y sont déjà. Le mari, Azarius est un grand parleur, un rêveur un peu beaucoup naïf qui n’est pas très aidant dans le soutien à la famille. Il perd constamment ses jobs et préfère aller discourir dans les petits restos minables que de se chercher un emploi. La plus vieille de la famille, Florentine, remet presque toutes ses payes pour faire vivre cette famille ultra pauvre.

 

Florentine rencontre Jean dont elle tombe follement amoureuse, mais celui-ci disparaît dans les méandres de ses ambitions personnelles. Elle devra se replier et se laisser aimer par Emmanuel, ce jeune soldat au regard pur et à la bonté profonde. L’auteur nous mène vers une fin où l’on trouve d’atroces réponses sur les vraies raisons de la guerre dont l’une est aussi simple que : la guerre est payante pour certains qui n’auront jamais à aller se battre et se faire tuer.

 

Mon évaluation :

 

Comme je l’ai dit, j’ai trouvé difficile la lecture de ce roman sur la misère humaine. C’est parfois pire que « Aurore l’enfant martyre ». Il s’agit du premier roman de Gabrielle Roy édité en 1945. Elle sait très bien nous amener dans les arcanes parfois tordus de la réflexion de chacun de ses personnages. Chaque humain essaie de s’en sortir à sa façon; mais dans le fond, personne ne s’en sort vraiment. Ces gens sont des « maganés » de la vie, de la chair à canon tout simplement. Leur seule façon de vivre décemment et de retrouver une certaine fierté est l’enrôlement, ce qui leur permettra d’envoyer leur petite solde de 20$ par mois à leur famille, pour l’aider à manger.

 

Dans le fond, je trouve sincèrement qu’il manque un élément fort important dans ce roman qui a pourtant reçu des prix un peu partout sur la planète. Il manque l’espoir. C’est un roman noir plus dur que le pire des polars car ce ne sont pas que quelques cadavres que l’on trouve, c’est un peuple complet dont on est en train de tuer le corps et… l’âme. Comme quoi la paix peut parfois faire autant de mal que la guerre. Cette dernière est trop souvent la seule à pouvoir permettre aux gens de vivre décemment

 

Infailliblement, ce roman de pur réalisme marque son lecteur, laisse en lui un goût d’amertume sur l’humanité et ses motivations. Difficile de ne pas faire de lien avec les guerres de Bush où vont se faire tuer les plus pauvres, les Noirs, ceux qui de toutes façons, ne voient pas l’avenir avec beaucoup d’espoir et qui trouvent en s’enrôlant, un moyen de subsistance pour eux et leur famille. Rien ne change dans notre monde…

 

Ce roman édité en 1945, l’a été de nouveau en 1993, chez Boréal. Il contient 405 pages. Pour la marque indélébile qu’il laissera en moi, je lui donne une note de 9 sur 10.

 

Daniel

 

 

 



Mardi 9 septembre 2008

"Balle de matche" de Harlan Coben.

Voici un autre thriller de l'auteur Harlan Coben que j'ai lu durant le présent voyage. L'histoire se passe dans le monde du tennis professionnel. Comme on le mentionne dans le livre: certains n'hésitent pas à remplacer la balle jaune par une autre de calibre plus petit mais aux effets mortels. C'est ainsi que fut assassinée la jeune Valérie Simpson, ancienne championne de tennis.

Comme Zorro, le défenseur de l'orphelin et de la veuve éplorée, l'agent sportif, ancien agent du FBI, avocat, ancien basketballeur émérite et enquêteur privé, le héros Myron Bolitar passe à l'action accompagné de Win, ce riche ami quelque peu sociopathe. Lesdits amis passent à l'action, car ils doivent trouver réponse à une foule de questions du genre "Pourquoi Valérie a-t-elle à ce point essayé de joindre Myron, juste avant sa mort? L'étoile montante black du tennis et poulain de Myron, Duane Richwood a-t-il quelque chose à voir dans ce meurtre et dans un autre commis il y a six ans, celui du fils d'un sénateur véreux? Bien des questions, peu de réponses... avant la fin de ce livre dans lequel les développements sont très surprenants.

Mon évaluation:

Bon petit roman de Coben qui ne remportera tout de même pas de prix. Polar léger ou l'humour de dérision ou d'auto-dérision ainsi que la caricature des personnages me font presque dire que Coben se moque presque de ses collègues auteurs de polars sérieux et souvent sordides. Mais comme petit livre de vacances, ça se lit tout seul ou presque. Édité en anglais en 1996 et en français en 2004, aux Éditions Fleuve noir, j'alloue à ce roman policier de 406 pages, la note de 7 sur 10.

 

Daniel

 



Vendredi 5 septembre 2008

"Rue Deschambault" de Gabrielle Roy.

Encore une fois, quel merveilleux livre de Gabrielle Roy! J’ai adoré ces paisibles récits au nombre de dix-huit qui, sans se suivre, touchent les mêmes personnages d’une histoire à l’autre. Sans que ce soit affirmé officiellement, j’ai l’impression qu’il s’agit de récits autobiographiques.

Gabrielle Roy raconte la vie d’une famille qui vit sur la rue Deschambault, à St-Boniface au Manitoba. La narratrice est la plus jeune de la famille et on peut penser que le tout est fortement inspiré de la vie de l’auteure elle-même. La mère de cette famille semble être douée pour le bonheur alors que le père est plutôt du genre pessimiste, sauf quand il est avec ses immigrants Doukhobors ou Mennonites qu’il aide à s’installer au Manitoba ou en Saskatchewan.

Mon évaluation :

Comme tout le reste de ce qu’a fait Gabrielle Roy, ces 18 nouvelles sont écrites de main de maître, dans un français impeccable et gracieux. Je suis toujours curieux de voir où l’auteure situe les adverbes dans une phrase; c’est parfois surprenant et joli à lire. Le ton est doux et savoureux pour le lecteur qui prend le temps de bien lire chaque phrase, où on trouve très souvent des petites leçons de vie subtiles et profitables. Je persiste à croire que cette écriture est classique au même titre que ce qu’ont fait Balzac, Maupassant et les autres. Ce n'est certes pas pour rien que Gabrielle Roy a reçu des prix littéraires en France et ailleurs dans le monde.

Ce livre écrit en 1955 a été réédité chez Boréal Compact en 1993. L’intérêt de cette nouvelle édition est qu’à la fin de chaque livre, nous retrouvons plusieurs informations bibliographiques et biographiques touchant l’auteure. 257 pages en format poche.

Ma note : 9,5 sur 10.

 



Vendredi 5 septembre 2008

"Blaireau se cache" de Tony Hillerman.

Comme vous le savez peut-être, je ne lis rarement qu’un livre à la fois. Ainsi, tout en lisant « Rue Deschambault » de Gabrielle Roy, j’ai lu « Blaireau se cache » de Tony Hillerman, auteur qui m’avait été recommandé par un ami blogueur.

Voici un résumé le l’histoire :

Le 4 mai 1998, un agent de police du Colorado est abattu suite à une interpellation. Deux des malfaiteurs incriminés réussirent à échapper aux poursuites en dépit d’une gigantesque chasse à l’homme orchestrée par le FBI. C’est ce fait divers non encore résolu qui inspira à Tony Hillerman l’histoire de Blaireau se cache.

Les auteurs d’un hold-up meurtrier dans un casino indien ont disparu dans les canyons avec un butin important. Sont-ils terrés quelque part dans cette immensité rocheuse? Toutes les pistes semblent tourner court. Et pourtant, en accompagnant son amie Louisa sur la trace des mythes utes et navajos, le légendaire Lieutenant Leaphorn va tomber sur des éléments décisifs pour l’enquête. Quant à Jim Chee, il ne craint pas d’aller à l’encontre des thèses du FBI. Ce qui donne des résultats.

Mon évaluation :

Je ne peux pas dire que j’ai accroché très fort à ce polar. Bien sûr, l’auteur nous fait entrer dans un monde totalement inconnu, celui des polices tribales des nombreux clans amérindiens de Four corners, ce coin serti de montagnes, de mesas, de trous de forage et de charbon, de moeurs traditionalistes indiennes qui nous sont peu connues. Il faut même se référer à un lexique pour ne pas buter sur plusieurs termes navajos qui nous sont inconnus.

L’intrigue est habilement menée par un policier navajos à la retraite, lieutenant de son état et par un autre policier en devoir, Jim Chee. Je n’ai pas tellement mordu au rythme du roman malgré les très belles descriptions de ce coin de terre où se nichent l’Utah, le Nouveau-Mexique, le Colorado, etc. Disons que mon intérêt (à cause de mes ascendants) fut plus grand pour découvrir la Louisiane des cajuns de James Lee Burke que cette mentalité indienne totalement inconnue pour moi.

Ce polar a été édité chez Payot et Rivages en 2000 pour l’édition française. Il compte 224 pages. Ma note : 6,5 sur 10.

 

 



Mardi 2 septembre 2008

Matin du fin du monde.

Mélancolie d'un coeur brisé

En ce matin de fin du monde

Dis-moi pourquoi tu m'as quitté

Pourquoi faut-il que tout s'effondre

 

Seul à cette table où j'ai fumé

Ces souvenirs qui nous unissent

Et où j'ai bu de profundis

Les affres de ma liberté

 

Dans la froideur de tes yeux froids

Tous ces givres qui me glacent

Ont gelé mon coeur d'un effroi

Qui n'a d'égal que tes sarcasmes

 

J'irai me réfugier en moi

Dans ces profondeurs maladives

Où n'existera plus l'émoi

Des sentiments que l'on  ravive

 

J'irai me recréer un monde

Où tous les liens se dénoueront

Où seule l'indifférrence abonde

Dans un grand désert moribond

 

J'assécherai mes larmes

A tous les grands vents de l'oubli

Et j'arroserai la flamme

Qui à ton coeur m'aura uni

 

Mélancolie d'un coeur brisé

En ce matin de fin du monde

Pourquoi faut-il que tout s'effondre

Pourquoi faut-il qu'elle m'ait quitté.

 

Daniel 

(C) 1998  



Lundi 1 septembre 2008

"Ténèbres, prenez-moi la main." Dennis Lehane.

Quel titre incadescent de noirceur! Il nous fait lever le poil sur les bras, non? On se demande, juste à lire le titre, dans quels bas-fond va nous amener l’auteur, Dennis LehaneC’est un roman policier puissant, stressant au possible, auquel il nous convie. Si vous ne faites pas d’insomnie, c’est votre tour.

L’auteur de « Mystic River » nous revient avec son couple de détectives privés célèbres, Patrick Kensie et Angela Gennaro, ces privés qui risquent tous les dangers et dont l’amour inavoué les ronge de concupiscence l’un envers l’autre…

Le tout débute de façon banale et le lecteur se demande un peu où Lehane s’en va avec ses skis. Heureusement qu’il fait toujours montre de son humour grinçant. Nos privés semblent un peu s’ennuyer dans leur bureau situé dans le clocher d’une église désaffectée de Boston. Puis, le coup de fil d’un ancien professeur de Patrick, Eric GAULT, vient les sortir de leurs piètres occupations. Une amie d’Eric, la psychiatre Diandra WARREN, a reçu un appel anonyme menaçant qu’elle croit lié à une patiente qui, après lui avoir donné le nom de Moira KENZIE et confessé qu’elle redoutait les sévices d’un certain Kevin HURLIHY (autre connaissance d’enfance de Patrick et d’Angie mais qui, de son côté, est devenu tueur à gages), s’est évanouie dans la nature.

Et là, la psychiatre reçoit la photo de son fils, sans un mot, sans une explication. Elle croit son fils universitaire en danger et il le sera. Une voix anonyme et une photo de son fils, assez d’éléments pour donner une frousse incroyable à la docteure Warren. A partir de là,  les morts aussi mystérieuses que horribles vont commencer à déferler et le tout semble lié à un psychopathe, à un serial killer, ou à plusieurs... 

HARDIMAN, enfant sans histoire et adorable, change du tout au tout vers l’âge de dix ans et devient à dix ans, un être humain sans conscience, suite à un événement qui touche les moustiques. Ce psychopathe emprisonné à vie demande à voir Patrick Kenzie. Il fait un numéro psychédéliques à Kenzie et semble bien le connaître même si celui-ci n’a aucun souvenir de lui. Ce psychopathe a des bras qui travaillent pour lui à l’extérieur de la prison, dans les ténèbres de la nuit et les meurtres se continueront à un rythme effroyable, au point d’amocher pas à peu près nos deux héros policiers privés qui ont vraiment peur.

Mon évaluation :

Voici l’un des polars les plus angoissants que j’ai lu. Lehane écrit très bien et sait nous tenir au bout de notre chaise. Mais ici, il nous prouve tout simplement que chacun de nous a la capacité de tuer son semblable. Il en fait presque la preuve par 2 + 2 = 4.

Contrairement à la lecture des romans de Michael Connelly, avec son héros Harry Bosch, les livres de Lehane sont beaucoup plus durs, beaucoup plus sordides. Il n’est pas le pire, mais je vous assure que des organes coupés et des yeux arrachés, on en a des descriptions qui donnent des sueurs froides. Si vous lisez dans votre lit, vous aurez envie de vérifier qu’il n’y ait personne dans votre garde-robe.

Alors, malgré ma fatigue de ces mondes sordides auxquels nous livrent les polars, je donne, pour ce livre de poche édité chez Rivage / Noir, en 2002 pour le texte français et comportant 489 pages, un 8,5 sur 10.

 

Daniel

 


Articles 1 à 20 sur 171

Pages: 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 |