Comme un grand livre ouvert.



Publi le vendredi 02 mai 2008


Vendredi 02 mai 2008

Petit poème sidéral.

T'as fait de moi un animal
Un fou, un feu de Bengale
Je suis parti comme en cavale
Sur ton bateau amiral
Toi, la femme fatale
Tu m'as endormi au pentothal
Moi, le pauvre tantale
Qui te croyait simple vestale
Tu m'amèmes au point zénithal
Tu m'enlaces de tes pétales
Tu es mon amour floral
Je suis un zombi étal
Ton esclave, ton commensal
Ton instrument orbital
Ton serviteur, ton éristale
Je suis perdu dans les dédales
De ton système féodal
Je vais crier au scandale
De ma prison abyssale
Du fond de mon arrière-sale
Je vais devenir anencéphale
Si tu ne cesses tes rafales
De cet amour phénoménal
Presque caricatural
Je suis un homme horizontal
Pris dans un combat inégal
Une guerre unilatérale
Gagnée par une femme sculpturale
Une ondine vespérale
Et je m'endors amoral
Dans ce lit carcéral
T'as fait de moi un animal
Un animal peu banal
T'as fait de moi un animal
Un animal peu social
T'as fait de moi un animal
Un animal libidinal
T'as fait de moi un animal...
 
Daniel
(C) 1999


Vendredi 02 mai 2008

"Frère François" par Julien Green.

Voici un livre qui n’a rien à voir avec les polars que je présente ces jours-ci. En fait, quand j’en avais assez du sang et du cynisme des polars, je me réfugiais dans ce livre magnifiquement bien écrit par l’académicien et converti au catholicisme Julien Green.

Je l’ai vraiment lu tout doucement, un chapitre à la fois, pour bien m’imprégner de cette mystique du Moyen-Âge. Assise, ce petit village perdu était fêtard et guerrier, puisqu’il avait à se défendre contre une autre ville belliqueuse, Pérouse.

François était le fils d’un gros marchand de draps qui voyait François prendre sa relève. Jusqu’à l’âge de 25 ans, François était le leader des fêtards de l’endroit. Son rêve était de devenir chevalier et d’aller combattre les infidèles dans les croisades, pour enlever Jérusalem à l’envahisseur musulman.

Mais sa rencontre avec un lépreux fut déterminante. Dieu lui offrit un autre combat, celui de la sainteté. Et même s’il n’est mort que vers les 45 ans, il gagna amplement ce combat, car encore de nos jours, les petits frères de celui qu’on appelait le poverello forment l’ordre des Franciscains, incluant les Capucins, les Clarisses, le tiers ordre laïc, etc. François est le saint probablement le plus aimé de la chrétienté. J’aime personnellement beaucoup ce saint proche de la nature. Il est le père des écologistes, j’en suis certain.

J’ai aimé la plume de Green dans sa simplicité et son questionnement. Évidemment, il avait en main tous les écrits apologétiques antérieurs sur François et il a su faire la différence entre faits historiques et légendes, car légendes il y a, bien sûr. François est vu à juste titre comme un second Christ, celui qui s’est le plus approché de la perfection requise dans les Évangiles.

Donc, si comme moi, vous lisez beaucoup de polars et qu’à un certain moment, vous en avez assez de la cruauté humaine, faites la lecture du livre « Frère François » édité aux éditions du Seuil en 1983 et qui compte 341 pages. Mon évaluation : 8 sur 10 (dans son genre, évidemment).

 

Daniel