Comme un grand livre ouvert.



Publi le dimanche 1 juin 2008


Dimanche 1 juin 2008

"Echo Park" de Michael Connelly.

En 1993, la jeune Marie Gesto disparaît à la sortie d'un supermarché d'Hollywood. L'affaire est confiée à l'inspecteur Harry Bosch qui ne peut la résoudre, la victime n'ayant jamais été retrouvée. Treize ans plus tard, soit en 2006, Bosch travaille aux affaires non résolues. Il reçoit un appel téléphonique lui signalant qu'un suspect accusé de deux meurtres de femmes particulièrement ignobles, dont celui de Marie Gesto, est prêt à passer aux aveux moyennant un recours à la procédure du « plaider coupable » qui lui éviterait la condamnation à mort. La tâche de Bosch consiste donc à recueillir ses aveux et à vérifier si l'assassin n'est pas en train de manipuler l'appareil judiciaire afin d'éviter la piqûre.

 

L’ambiance de ce polar est vraiment glauque. Nous connaissons Harry Bosch comme étant un policier qui ne lâche jamais et qui a parfois des méthodes que les autorités qualifient de téméraires et de douteuses. Bosch ne lâche jamais et affronte les puissants qui eux aussi peuvent manipuler le système et être de vrais « croches ». Dans ce polar, on ne connaît le véritable meurtrier qu'à la dernière page... ou presque. Mais autant le dire tout de suite, « Echo Park » n'est pas le meilleur roman de Connelly. Décevant ? Certainement pas ! Dans ce roman, nous retrouvons toutes les qualités du bon polar, noir à souhaits, mais il n'arrive pas à la hauteur d'un « Deuil interdit ». La première partie est plutôt longue et le lecteur a hâte d’entrer dans le vif du sujet. C’est un peu le lot des « cold cases » qui ne sont pas la formule que je préfère.

Sauf qu’une fois « entré » dans le roman, on ne veut plus s’arrêter. C’est un des romans de Connelly où l’on voit le moins Bosch dans sa vie personnelle. Peut-être juste un peu dans ses amours malheureuses… Il est vraiment ensorcelé par cette enquête et a vraiment des choses personnelles à régler avec le tueur de cette jeune fille. On a l’impression que Bosch se veut à la fois enquêteur, juge, juré et exécuteur. Belle réflexion sur la peine de mort mais aussi sur l’état mental de Harry. En vivant dans le monde de Bosch, on en vient qu’à très bien connaître l’état mental d’un « serial killer » mais aussi celui du policier qui lui court après.

Ce que j’aurais qualifié à la moitié du livre de roman moyen devient à la fin, un très bon roman. Comme mentionné, on ne connaît pas jusqu’à la toute fin l’identité du véritable tueur.

J’évalue à 8 sur 10. « Echo Park » de Michael Connelly édité au Seuil policier en format régulier de 362 pages.

Daniel