Comme un grand livre ouvert.



Publi le lundi 16 juin 2008


Lundi 16 juin 2008

"Silence de mort" de Chrystine Brouillet.

Je viens de lire le petit dernier de cette auteure prolifique, sorti en 2008. Vous savez que j'ai lu l'oeuvre complète de Chrystine Brouillet et que j'adore cette auteure; les évaluations antérieures que j'ai faites de ses livres en font foi. Mais, j'ai presque la douleur de dire que je n'ai pas aimé ce dernier polar.

La raison en est-elle qu'il n'est pas souhaitable de lire tous les bouquins commis par un auteur, ceci à la queue-leu-leu comme je l'ai fait avec les livres de Brouillet? Peut-être. On dirait qu'on en vient qu'à découvrir la recette ou encore, que ce qui nous plaît bien au début finit par nous fatiguer. Ainsi, autant j'aimais entendre parler de la vie privée de la détective-vedette Maud Graham, autant tout ceci m'a fatigué et m'a dérangé. Comme si j'étais tanné d'entendre parler du manque de confiance en elle-même de Maud, parce que trop grasse, parce que plus vieille qu'Alain, son chum. Je suis tanné d'entendre parler des difficultés et des petits bonheurs de Maud face à ses protégés, Grégoire et Maxime. Pourquoi? Parce qu'ici, tout ce contexte nous a éloignés du polar, de l'enquête véritable que doit présenter un polar, puisque c'est le but du genre de livre.

En fait, déjà que 4 meurtres en quelques jours dans la ville de Québec sont un fait assez improbable, ajoutant l'improbabilité que la même équipe d'enquêteurs se voit confiée la tâche de trouver les meurtriers, les trop longs détours dans la vie privée de Maud Graham servent à remplir des pages et à ne pas parler des enquêtes elles-mêmes. De telle sorte que c'est seulement dans les dernières dix pages qu'on finit par savoir qui a tué qui, et pas nécessairement comme fruit de longues enquêtes, mais simplement parce qu'un témoin décide de s'ouvrir à la police. Et le nombre de personnages est si nombreux et parfois campés si vite, que nous devons presque retourner en arrière pour savoir ce que vient faire tel Américain dans l'histoire de trafic de drogues et qui est exactement la personne accusée d'avoir tué tel personnage.

Bon, en gros, l'auteure parle de trafic et de consommation de drogues chez les ados, du manque de respect de certains parvenus face à leurs voisins, entre autres, par la pollution par le bruit (sujet qui me tient aussi à coeur), de la possibilité qu'une personne agressée suffisamment par le bruit des autres en devienne capable de tuer. Je veux ajouter que l'aspect plus que caricatural du personnage d'une voisine m'a fatigué au plus haut point. Cette Nicole fouineuse, cupide, méchante, ayant presque été accusée d'avoir noyé son mari a gâté ma lecture. Bon, c'est dommage que Maud n'ait pas eu le temps d'enquêter davantage ce "cold case", ça nous aurait fait un cinquième meurtre...

Bref, je n'ai pas aimé ce polar mais c'est le premier livre de Brouillet que je n'aime pas, même si j'avais trouvé un peu "weirdo" le roman "Le collectionneur"; c'est quand même un excellent résultat pour l'auteure quant à mon appréciation de l'ensemble de son oeuvre. Note pour ce roman intitulé "Silence de mort" édité en 2008 à la courte échelle et comptant 372 pages: 5,5 sur 10.

Daniel