Comme un grand livre ouvert.



Publi le mardi 3 juin 2008


Mardi 3 juin 2008

"La défense Lincoln" de Michael Connelly.

Oublions Harry Bosch pour l’instant! Voici un nouveau personnage de Connelly. Il a pour nom. Michael Haller, avocat de la défense qui trouve ses clients dans les milieux de la drogue, des « bikers criminalisés » et de la prostitution. Il opère à partir de sa Lincoln Town Car. De la le titre « The Lincoln Lawyer » mal traduit par « La défense Lincoln ».

Haller est un gars à l’argent pas toujours très moral. L'appât du gain est son péché mignon. Il a été marié deux fois et sa première femme est avocate du côté de l’accusation et la seconde travaille pour lui comme secrétaire. En fait, il est le demi-frère d’Harry Bosch mais les deux ne se connaissent pas. Peut-être qu’un jour dans un autre roman...

Ce Michael Haller est approché par un gars accusé d’avoir « maganer » pas mal le visage d’une prostituée, d’avoir voulu la violer et la tuer. Mais ce gars de la haute super riche se dit totalement innocent, qu’il s’agit d’un coup monté. Haller sent l’odeur de l’argent et en fera comme il n’en a jamais fait. Mais ce qu’il prend pour un cadeau tombé du ciel sera peut-être le pire cadeau de grec qu’il aura reçu dans sa vie. Il en aura même peur pour sa vie et celle de sa fille.

Haller est très différent de Harry Bosch et on ne l’aime franchement pas au début du roman. Mais on finit par se laisser attendrir et par l’aimer davantage vers la fin.

Ce thriller judiciaire est bien différent des polars auxquels nous sommes habitués de la part de Connelly. Très bien fignolé, l’action se passe au tribunal, à travers les jeux de coulisses parfois immondes qui se jouent entre juges, avocats, policiers, journalistes, etc. On sait que la justice américaine est très différente de la nôtre et parfois plus que bizarre. Pensons juste au cas d’OJ Simpsons qui fut déclaré non coupable de l’assassinat de sa femme au criminel mais qui a été poursuivi par la famille de sa femme, pour des millions au civil. Ajoutons à cela le côté très médiatisé de la « justice » états-unienne, avec de nombreuses émissions montrant les procès, et on aura un topo de l’atmosphère de ce roman que j’ai par ailleurs beaucoup aimé, même si je craignais de ne pas l’apprécier, compte tenu de l’absence d’Harry Bosch. Ce Michael Connelly est vraiment génial…

Ce livre de 580 pages en format régulier est édité au Seuil en 2006 pour la version française. J’évalue à 8, 5 sur 10.

Daniel