Comme un grand livre ouvert.



Publié le vendredi 9 janvier 2009


Vendredi 9 janvier 2009

"Le facteur sonne toujours deux fois" de James M. Cain.

Même si j’ai encore plein de livres non lus à la maison, je vais parfois me promener dans les rayons d’une des bibliothèques de ma ville. Hier, j’avais en main une liste des meilleurs romans policiers selon un ami virtuel. Et dans cette liste se trouvait la version française de «The postman always rings twice». J’ai donc apporté à la maison ce tout petit roman adapté deux fois au cinéma et joué des milliers de fois au théâtre. Je l’ai lu en quelques heures.

 

Voici un résumé: Frank Chambers est un chômeur de vingt quatre ans qui roule sa bosse à la grandeur du pays, un peu à la Jack Kerouac, me semble-t-il. Il s’arrête dans un café-station service dont Nick Papadakis est le propriétaire. Ce dernier opère ce commerce avec sa jolie femme Cora. Frank Chambers, déjà haletant devant l'allure de Cora, décidera de rester pour travailler. Il tombe alors amoureux de Cora qui en fait autant de son côté, et ils élaboreront un plan pour se débarrasser du « Grec graisseux » et fuir ensuite, afin de mieux vivre leur amour. Ils devront s’y prendre par deux fois… Ça ne semble pas si facile de se débarrasser d'un Grec...

 

Mon évaluation :
J’ai eu davantage l’impression de lire un scénario de film qu’un roman. À mon goût personnel, la passion entre Frank et Cora arrive beaucoup trop vite, de même pour l’option de tuer le Grec. Et l’auteur passe beaucoup trop de temps à décrire les magouilles légales complexes qui font en sorte que les deux amoureux s’en sortent. Je n’ai d’ailleurs pas bien saisi ces magouilles légales et je n’en avais pas le goût…

Puis une fois le livre refermé, je me suis rappelé que ce roman avait presque quatre-vingts ans, et qu’en soi, il comporte une bonne dose d’audace et de révolution. Le style d’écriture, du «Hemmingway épuré» dit-on dans une critique, était une avancée en littérature. Puis, faut bien se le dire : ces scènes torrides du roman sont à notre époque devenues tout simplement banales. Le premier baiser où Cora implore Frank de la mordre, et qui s’en sort avec une lèvre enflée, bleue et marquée. La scène de baise après l’accident trafiqué, dans le sable, avec le Grec mort qui gît dans la voiture, le crâne défoncé. En 1934, c’était bien assez. Maintenant, on pourrait tout décrire, tout montrer et ça n’impressionnerait personne. C’était le début du polar, le début du roman noir et le tout début de la littérature le moindrement osée, puisque James M. Cain faisait partie des piliers de ce type de littérature américaine qui elle, en était à ses premiers balbutiements ou presque.

 

Aux Éditions Jouvence inc., dépôt légal au Québec en 1992 pour ce livre écrit en 1934 que je note à 7,5 sur 10.

Daniel