Lundi 23 novembre 2009

"Es muss sein!" Il le faut, disait Beethoven. Il faut lire ce livre, vibrer à sa poésie et méditer ses messages. « L’insoutenable légèreté de l’être" est un livre qui marque le lecteur pour le reste de ses jours, même si pour certains, l’invasion de Prague par les chars russes est quelque chose de lointain et d’inconnu. Mais 1968 est tout près de nous au sens de l’histoire.
Kundera nous offre ici un roman que je qualifie facilement de philosophique. Par la vie de quelques personnages, il nous mène à une réflexion sur la légèreté ou la lourdeur des gens et des choses. Tomas, médecin praguois libertin est léger. Son amoureuse Téréza, jalouse malgré elle, est lourde. Puis l’histoire d’une maîtresse de Tomas, Sabina et de Frank nous parle aussi de légèreté et de pesanteur…
L’écriture de Kundera est poétique et nous mène malgré nous à la réflexion, même si ce roman fut écrit en tchèque et est merveilleusement bien traduit par François Kérel. En plus d’avoir droit à la vie dure et amère de ces Tchèques durant cette période, nous avons même droit à la vie du chien de Téréza et de Tomas, Karénine et à la vraie définition du mot "kitsch" qui est un peu employé à tort et à travers aujourd’hui.
Mon évaluation :
Jamais chez Kundera, la gravité de la vie et des choses et la désinvolture n’ont été unies comme dans ce livre. Même la mort présente un double visage : celui d’une douce tristesse onirique et celui d’une cruelle farce noire.
J’ai aimé lire ce roman profond et assez difficile de lecture parce que c’est un « muss » dans une vie de lecteur; mais je me serais bien passé de certaines phrases philosopho-théologo-merdiques comme la suivante : pour Kundera, le kitsch est formé de l’apparence des choses telles que l’humain veut et a besoin de les voir. Ainsi, il écrit : « Si récemment encore, dans les livres, le mot merde était remplacé par des pointillés, ce n’était pas pour des raisons morales. On ne va tout de même pas prétendre que la merde est immorale ! Le désaccord avec la merde est métaphysique. L’instant de la défécation est la preuve quotidienne du caractère inacceptable de la Création. De deux choses l’une: ou bien la merde est acceptable (alors, ne vous enfermez pas à clé dans les waters !), ou bien la manière dont on nous a créés est inadmissible. Il s’ensuit que l’accord catégorique avec l’être a pour idéal esthétique un monde où la merde est niée et où chacun se comporte comme si elle n’existait pas. Cet idéal esthétique s’appelle le kitsch.»
Alors, pour ce roman philosophique édité en français chez Gallimard en 1984 et comptant 394 pages, je donne 8,5 sur 10. Et malgré les passages que je questionne (ce livre est fait pour se questionner), je le recommande fortement.
Bonne semaine!
Daniel
Publié par ange
à 2009-11-23 22:22:43
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