Comme un grand livre ouvert.



Publié le jeudi 12 février 2009


Jeudi 12 février 2009

Ma vie (1 de 5).

Ma vie, comme un bateau sur un long fleuve docile, coule doucement et suit le chemin tracé. Ce long fleuve, je le considère maintenant sans fin. Mais il n’en fut pas ainsi durant toute la croisière qu’a duré ma vie.

 

J’aurais pu naître sur un immense paquebot transatlantique, mais ce ne fut pas le cas. Je suis né dans une petite chaloupe « chambranlante ». Je ne crois pas que les hommes naissent égaux. Il n’y a que deux vérités concernant l’égalité des hommes et la justice à leur endroit : chacun naît et chacun meurt.

 

Dans cette petite chaloupe de ma naissance et de mon enfance, il y avait deux rames. Ma mère en a pris une énergiquement. Mais mon père souffrait trop pour prendre la sienne sur le long laps de temps qu’allait durer la traversée de la vie. Mais ce n'était en rien de sa faute; je le sais maintenant.

 

Tout jeune matelot, j’ai voulu aider ma mère en prenant ma rame et en me démenant  comme un vrai marin. Ma mère était fière du matelot que j’étais et elle m’a dit : «Tu dois ramer, ramer jusqu’à ce que tu deviennes le capitaine d’un lourd Transatlantique.» En réalité, elle ne m'a pas dit cela, mais son attitude me l’a fait croire. Et je l’ai crue, et j’ai ramé, croyez-moi: les études à n’en plus finir, un sens des responsabilités acharné, des efforts parfois trop grands et trop lourds pour un simple marin. Tout en même temps, j’ai travaillé (16 heures par jour plutôt que huit), j’ai étudié, j’ai fondé un foyer et j’ai eu une grosse famille pour l’époque.

 

Et j’ai tellement ramé que la petite chaloupe est devenue un voilier, puis un trois mâts. Et de là, je suis passé sur le gros bateau pour échouer sur le paquebot transatlantique dont ma mère avait rêvé pour moi et dont j’avais aussi appris à rêver pour moi-même. Et celle que j'appelle ma Douce fut toujours à mes côtés, par beau temps et dans les tempêtes.  

 

Enfin, dans mon esprit, je suis devenu capitaine, rien de moins. Et c'était pour le meilleur et pour le pire. C'est la société qui décidait: tu compétionnes ou tu n'es rien... (À suivre).

 

Daniel



1 Commentaire :

Commentaire écrit le vendredi 13 février 2009 à 13:36:27 (lien)
Véga
Continu...

j'aime!

Véga


Ajouter un commentaire