Comme un grand livre ouvert.



Publié le samedi 14 février 2009


Samedi 14 février 2009

Ma vie (5 de 5).

Quand le marin a accepté ses peurs et les a confiées à quelqu’un de plus grand, de plus fort, au vrai Capitaine, il a cessé d’avoir peur parce qu’il a cessé de vivre dans son passé et dans son avenir. Il lâcha prise et il commença à vivre ici, maintenant, en calmant ses pensées quand elles devenaient trop noires. Il refaisait doucement confiance à la Vie. Il avait compris tant de choses autrefois ignorées, juste parce que dans le tourbillon de la vie, il n’avait jamais pris le temps de réfléchir vraiment.

 

Vivre le moment présent signifie pour lui revenir dans un simple bateau, être un simple marin parmi d’autres marins, voir la nature dans toute sa beauté, les êtres humains dans toute leur beauté et leur dignité. Il vogue maintenant sur le fleuve de sa nouvelle vie depuis huit ans, en contemplant les rives si belles : hommes, arbres, oiseaux, fleurs, eau, événements heureux ou malheureux. Il a enfin reconnu sa faiblesse de simple matelot. Il s’est enfin accepté tel qu’il est en réalité et non tel que les autres voudraient qu’il soit.

 

Il a laissé vivre en lui le petit Daniel et a dit à Big Dan d’aller se reposer, que sa mission était terminée. C’est finalement quand il a admis qu’il était faible qu’il est devenu fort. Et il n’a pas cessé de penser ainsi, car il ne doit pas être passif et se laisser aller. Mais il a compris que le grand Amiral du fleuve lui fournit toujours le courant nécessaire pour qu’il puisse continuer à avancer.  C’est la direction de sa barque qu’il a entièrement laissée à ce grand Amiral. Et ils continuent ensemble à avancer sur ce long fleuve tranquille qui ne finit pas. Il sait très bien et il accepte qu’un jour, il laissera son habit de matelot sur le bord de la rive, et que cet habit contiendra son corps mortel qui aura fini de jouer son rôle. Il sait que là-bas, droit devant, le Créateur de ce long fleuve l’attend et le recevra à bras ouverts. Il sait surtout qu’ensemble, ils continueront à naviguer sur ce fleuve éternel.

 

FIN

 

Daniel



Samedi 14 février 2009

Ma vie (4 de 5).

Puis un bon jour, il cessa tous ces médicaments (alcool) et se regarda bien en face. Il était parti sur le même chemin que son père et se programmait pour mourir à 56 ans,  tué par ce qui était devenu un poison pour lui.

 

Il alla chercher de l’aide et il rencontra une fraternité de marins qui, comme lui, avaient perdu pied. Sauf qu’eux, ils le savaient et l’admettaient. Ils avaient demandé au grand Amiral du fleuve, de calmer leurs tempêtes intérieures. Et Big Dan les écouta et fit comme eux. Il laissa tomber ses gallons de capitaine qui de toutes façons, ne lui servaient plus et n’étaient placés là que pour essayer de continuer à faire croire aux autres qu’il était encore le capitaine sans peur et sans reproche qu’il avait toujours été.

 

Il avait cessé de se battre contre ses peurs, qui toutes, étaient reliées à sa pensée, sa pensée toujours vieille, qui n’agit que par comparaison aux événements passés. On l'avait programmé pour qu'il soit fort et il devait l'être à tout prix, malgré ses peurs et son mal-être. Il était un « has been » et ne vivait que par ce qu’il avait été et non par ce qu’il était dans l’instant présent. Il avait perdu le contrôle de son petit marais qu'il voyait encore comme un fleuve. Il avait peur de son passé, qui l'avait rendu malade, peur de l’avenir sombre qu’il entrevoyait, en comparant continuellement avec ces peurs imprégnées en lui depuis toujours.

 

Puis il se dit : dans le fond, c’est vrai que j’ai peur, il n’y a pas de honte à avoir peur et j’aurai toujours ces peurs, car l’être humain a peur : peur de la mort, donc peur de la vie. Il est allé voir ces peurs, en a parlé et il a accepté ses peurs. Il s’est accepté tel qu’il était, a lâché prise et est allé chercher de l'aide comme il devait le faire. Sorti du marais de ce qui n'était plus une vie, il revenait enfin sur le long fleuve qu'il aimait tant arpenter, accompagné de sa foi en la Vie et des siens qu'il avait éloignés... (À suivre).

 

Daniel