Comme un grand livre ouvert.



Publié le vendredi 6 février 2009


Vendredi 6 février 2009

"La symphonie pastorale", André Gide.

Un pasteur du Jura tient un journal qui raconte l’histoire de Gertrude. En fait, le pasteur étant allé visiter une mourante, recueille Gertrude, la nièce de celle-ci. Gertrude est aveugle et muette, puisque sa tante, très sourde, ne lui a jamais adressé la parole.

Amélie, la femme du pasteur n’aime pas beaucoup cette Gertrude recueillie par son mari, et finit par découvrir que le pasteur est en train de tomber amoureux de la belle aveugle. Même le fils du pasteur, Jacques, a des sentiments pour la belle enfant qui devient de plus en plus femme.

 

O miracle! Le pasteur apprend par un ami médecin que la cécité de Gertrude est opérable. C’est ainsi que Gertrude recouvre la vue. La vie telle qu’expliquée par le pasteur est-elle aussi belle ou moins belle quand on voit que lorsqu’on est aveugle? Finit-on par comprendre ce que la cécité et notre entourage nous cachaient? La suite de l’histoire le dit très bien et très crûment.

                  

 

Mon évaluation :

Ce livre magnifiquement écrit en 1919 nous amène à une profonde réflexion sur l’amour et le péché, comme on l'appelait dans le temps. Si je dis magnifiquement écrit, c'est en autant qu’on accepte les tournures de phrases complexes et les nombreux subjonctifs d’un pasteur de l’époque.

 

Ce pasteur amoureux d’une jeune aveugle réussit-il à se donner bonne conscience en lisant les passages de l’Évangile qui font seuls son affaire? Et en se cachant certains autres passages?

 

Pour apprécier ce roman de Gide, qui se donne un titre relatif à la sixième symphonie de Beethoven, il faut un peu lire sur ce personnage qu’était André Gide. Celui-ci est né et mort à Paris (1869-1951). Ses origines éclairent sa personnalité fuyante, contradictoire, se balançant entre la liberté totale et le conformisme rigoureux d’un protestantisme piétiste étouffant. On dit même de lui sur Wiki, qu’il ne détestait pas, à sa vie d’homme marié, une vie parallèle homosexuelle voire, pédéraste… Une phrase comme celle-ci dans la bouche du pasteur de ce roman qui est amoureux de la jeune aveugle de 15 ans, nous parle bien de l’auteur : «S’il est une limitation de l’amour, elle n’est pas de Vous, mon Dieu, mais des hommes. Pour coupable que mon amour paraisse aux yeux des hommes, oh! dites-moi qu’aux vôtres il est saint.» 

 

Ce roman se lit tout de même d’un trait. Édité chez Gallimard en format de poche, le livre contient 157 pages. A dire vrai, j’aime l’écriture de Gide mais je n’aime pas le personnage qu’il fut. Ma note est tout de même de 9 sur 10.

Daniel