Comme un grand livre ouvert.



Publié le dimanche 15 mars 2009


Dimanche 15 mars 2009

"Meurtriers sans visage" de Henning Mankell.

Il semble que je sois parti à lire Mankell à la queue leu leu, puisque j’avais acheté plusieurs de ses livres, il y a un certain temps. Je me rends compte, au fur et à mesure que je lis Mankell, que ses préoccupations sociologiques et ses peurs immenses sur ce qu’est en train de devenir son pays, la Suède, teintent en profondeur chacun de ses romans. Cette Suède qui était jadis enviée et épiée pour sa sociale-démocratie et la simplicité de son mode de vie, pour le bonheur de ses gens, est, selon Mankell, en train de ressembler de plus en plus aux USA par sa violence, par la peur de l’autre, par le relâchement total dans son immigration, par la drogue, etc. Rappelons-nous de l'assassinat de son Premier ministre il y a quelques années...

 

Dans cette drôle de société, un enquêteur hors pair bien qu’un homme bien ordinaire, solitaire et blessé par la vie se met à la recherche de meurtriers qui ont assassiné un vieux couple de fermiers en leur infligeant des sévices effroyables. Le nom de cet inspecteur est Kurt Wallander. Le vieux fermier est mort sur le coup mais sa femme a été amenée à l’hôpital où, avant de rendre l’âme, elle a eu le temps de répéter le mot « étranger, étranger, étranger. »

 

Il n’en fallait pas plus pour déclencher une onde terrible de xénophobie dans le pays, allant jusqu’à l’assassinat d’un Africain aux abords d’un camp de réfugiés. Autres complications pour ce pauvre inspecteur Wallander. Mais évidemment, après moultes essais et erreurs, il découvrira les auteurs de ces assassinats.

 

Mon évaluation :

Je suis bien conscient qu’en lisant « Meurtriers sans visage », je remontais dans le temps pour lire la première aventure de l’inspecteur Wallander. Il était en début de quarantaine alors que dans les romans lus récemment, il est quinquagénaire.

 

Il est toujours intéressant de voir ce qui se passe autour du héros d’un roman policier; pour ce qui est de Wallander, on parle de son ex-femme, de sa fille, de son père souffrant d’Alzheimer, de son collègue et modèle comme policier, Ridberg, qui est atteint du cancer, etc.

 

Donc, malgré mon intérêt marqué dans ma découverte de la Suède d’aujourd’hui, incluant mes incursions sur Google Maps, il y a une chose qui me fatigue un peu dans les polars de Mankell et j’ai mentionné ce fait dans ma dernière critique de ses livres : dans les enquêtes de Wallander, on ne peut pas suivre un fil conducteur fait de constatations, de preuves qui, s’accumulant au fur et à mesure de l’enquête, débouche sur le meurtrier, bien que le lecteur ne s’en ait pas vraiment douté pendant sa lecture. Ici, c’est encore une fois un événement anodin qui se superpose au reste de l'enquête, qui n'a rien à voir avec celle-ci, qui permet à Wallander de trouver le ou les coupables. Bref, les meurtriers, leur mobile, etc., n’ont souvent rien à voir avec le reste de l’enquête et sont arrivés comme par magie à la toute fin du livre. C’est ce que je n’apprécie pas dans les livres de Mankell.

 

Pour ce livre format poche de 386 pages et édité en 1994 chez Christian Bourgeois pour la version française, je mets une note de 7,5 sur 10.

 

Daniel