Samedi 11 avril 2009

Septembre 1994, l'inspecteur Wallander rentre de vacances qu’il a passées en Italie avec son père. Il espère évidemment un automne calme, mais ce n’est pas le cas. Le roman débute avec la nouvelle que quatre religieuses et une femme de passage dans ce couvent se sont faites égorger par des extrémistes musulmans en Algérie.
La cinquième femme égorgée était la mère d’une Suédoise qu’on reverra dans ce polar où des hommes sont assassinés : un vieil ornithologue, un amant des orchidées et un chercheur universitaire. Ces trois hommes ont un point en commun : ils ont été violents envers les femmes, jusqu’à les tuer dans au moins un cas. Ces crimes sordides sont-ils une vengeance? De la haine pure? Un lourd message à la société suédoise? L’inspecteur Wallander et son équipe auront fort à faire pour trouver le ou la responsable de ces trois meurtres particulièrement cruels.
Un des sujets de ce roman évoque la condition des femmes à travers le portrait de la désintégration sociale de la Suède que nous dresse Henning Mankell dans tous ses livres. Ici, nous retrouvons l’ensemble des femmes à travers celle qui se venge, à travers sa collègue Ann-Britt (une femme dans la police), à travers sa nouvelle supérieure hiérarchique (une femme qui remplace un homme).
Ce roman est aussi celui de la mort du père de Wallander. On peut lire : « Nous avions tant de choses à nous dire, maintenant que nous avions enfin trouvé le moyen de nous parler. Et voilà. C’est trop tard. »
Mon évaluation :
L'auteur nous plonge immédiatement dans un monde étrange mais plausible, où sévissent le goût de la vengeance et la folie meurtrière, où on fait soi-même sa justice. Par exemble, les citoyens d’une Commune de la Scanie suédoise qui décide de former un comité de citoyens qui vont intervenir pour préserver leur sécurité si la police ne le fait pas comme ils le voudraient. Nous sommes dans une société en plein dérèglement comme nous le mentionne Mankell dans chacun de ses romans.
L’histoire et les personnages de ce polar sont très bien charpentés. Comme toujours, nous suivons les méandres brillants du cerveau super analytique de Wallander. Ici, tout sort des inductions, déductions, conclusions, intuitions de l’inspecteur. Les sciences médico-légales tiennent peu de place chez Mankell, ce qui est bien différent de nos vendredis policiers au canal D… Wallander tisse son intrigue fil par fil, et ne nous épargne aucune des pensées, hypothèses, récapitulatifs, synthèses et intuitions de ses enquêteurs. J'ai vraiment embarqué sur la piste boueuse qui mène au tueur. Et une fois de plus, Google Maps m’a aidé à mieux connaître ce pays qu’est la Suède, surtout la Scanie, au sud de celle-ci, là où est située la petite ville d’Ystad où travaille Wallander. Vous saviez qu’il ne neige presque jamais en Scanie? Mais beaucoup de vent…
Pour ce roman policier de 581 pages en format poche traduit du suédois par Anna Gibson, édité au Seuil en 2000 pour la traduction française, je donne 8,5 sur 10. Fortement conseillé!
Daniel
Publié par ange
à 2009-04-11 11:26:28
Permalien |
| Critique le livres.