Comme un grand livre ouvert.



Publié le mardi 14 avril 2009


Mardi 14 avril 2009

"Ténèbres, prenez-moi la main", Dennis Lehane.

Quel titre incadescent de noirceur! Il nous fait lever le poil sur les bras, non? On se demande, juste à lire le titre, dans quels bas-fond va nous amener l’auteur, Dennis LehaneC’est un roman policier puissant, stressant au possible, auquel il nous convie. Si vous ne faites pas d’insomnie, c’est votre tour.

L’auteur de « Mystic River » nous revient avec son couple de détectives privés célèbres, Patrick Kensie et Angela Gennaro, ces privés qui risquent tous les dangers et dont l’amour inavoué les ronge de concupiscence l’un envers l’autre…

Le tout débute de façon banale et le lecteur se demande un peu où Lehane s’en va avec ses skis. Heureusement qu’il fait toujours montre de son humour grinçant. Nos privés semblent un peu s’ennuyer dans leur bureau situé dans le clocher d’une église désaffectée de Boston. Puis, le coup de fil d’un ancien professeur de Patrick, Eric GAULT, vient les sortir de leurs piètres occupations. Une amie d’Eric, la psychiatre Diandra WARREN, a reçu un appel anonyme menaçant qu’elle croit lié à une patiente qui, après lui avoir donné le nom de Moira KENZIE et confessé qu’elle redoutait les sévices d’un certain Kevin HURLIHY (autre connaissance d’enfance de Patrick et d’Angie mais qui, de son côté, est devenu tueur à gages), s’est évanouie dans la nature.

Et là, la psychiatre reçoit la photo de son fils, sans un mot, sans une explication. Elle croit son fils universitaire en danger et il le sera. Une voix anonyme et une photo de son fils, assez d’éléments pour donner une frousse incroyable à la docteure Warren. A partir de là,  les morts aussi mystérieuses que horribles vont commencer à déferler et le tout semble lié à un psychopathe, à un serial killer, ou à plusieurs... 

HARDIMAN, enfant sans histoire et adorable, change du tout au tout vers l’âge de dix ans et devient à dix ans, un être humain sans conscience, suite à un événement qui touche les moustiques. Ce psychopathe emprisonné à vie demande à voir Patrick Kenzie. Il fait un numéro psychédéliques à Kenzie et semble bien le connaître même si celui-ci n’a aucun souvenir de lui. Ce psychopathe a des bras qui travaillent pour lui à l’extérieur de la prison, dans les ténèbres de la nuit et les meurtres se continueront à un rythme effroyable, au point d’amocher pas à peu près nos deux héros policiers privés qui ont vraiment peur.

Mon évaluation :

Voici l’un des polars les plus angoissants que j’ai lu. Lehane écrit très bien et sait nous tenir au bout de notre chaise. Mais ici, il nous prouve tout simplement que chacun de nous a la capacité de tuer son semblable. Il en fait presque la preuve par 2 + 2 = 4.

Contrairement à la lecture des romans de Michael Connelly, avec son héros Harry Bosch, les livres de Lehane sont beaucoup plus durs, beaucoup plus sordides. Il n’est pas le pire, mais je vous assure que des organes coupés et des yeux arrachés, on en a des descriptions qui donnent des sueurs froides. Si vous lisez dans votre lit, vous aurez envie de vérifier qu’il n’y ait personne dans votre garde-robe.

Alors, malgré ma fatigue de ces mondes sordides auxquels nous livrent les polars, je donne, pour ce livre de poche édité chez Rivage / Noir, en 2002 pour le texte français et comportant 489 pages, un 8,5 sur 10.

 

Daniel