Comme un grand livre ouvert. - Critique le livres.




Lundi 8 février 2010

"Heartwood (Coeur de bois)", de James Lee Burke.

Je suis revenu à cet auteur américain aux descriptions époustouflantes de la nature de l’Ouest américain. Je vous ai déjà présenté certains de ses romans dont le héros était le policier Dave Robicheaux et le tout se passait à la Nouvelle-Orléans et ailleurs en Louisiane.

Ici, Burke nous présente un roman où nous abordons la série Billy Bob Holland. Billy Bob Holland est avocat, et comme celui de Dave Robicheaux (de la série louisianaise), son parcours ne fut certes pas des plus simples. Ancien Texas Ranger, patrouillant le long de la frontière mexicaine pour dissuader l’immigration sauvage, il a un passé violent, marqué – de même que Dave Robicheaux – par un acte qui le hante constamment : il a tué accidentellement son compagnon de « chasse » LQ Navarro. Billy Bob est constamment hanté par le fantôme de son meilleur ami qu’il a accidentellement tué, LQ Navarro, un Mexicain. Ce flirt avec le paranormal est vraiment à la manière de James Lee Burke qui s’en sert dans d’autres de ses romans. Dans ce roman socio-psychologique, Billy Bob Holland, avocat, est amené à affronter l’homme le plus puissant de la région texane de Deaf Smith, Earl Deitrich. Ce dernier a même épousé Peggy Jean Murphy, l’amour de jeunesse de Billy Bob.

Deitrich accuse l’un des ouvriers qui travaillent pour lui d’avoir volé une montre à la valeur inestimable et, surtout, cent mille dollars de bons au porteur. Billy Bob accepte d’assurer la défense de l’ouvrier, un jeune homme foncièrement bon et naîf nommé Wilbur Pickett. De plus, le fils de Earl Deitrich est un sadique qui s’amuse à humilier et à tabasser les plus faibles, les Mexicains entre autres qui, avec leurs gangs, peuvent lui remettre la monnaie de sa pièce.

Mon évaluation:

J’aime beaucoup l’écriture très descriptive et bucolique de Burke. On sent qu’il aime l’Amérique profonde avec sa beauté mais aussi avec ses défauts tels une violence sans bornes et une guerre des puissants qui se finit trop souvent dans la mort.


Dans un environnement glauque au plus haut degré, il est question de prévarication, d’argent sale, d’amours troubles, sauvés par des éclairs d’humanité. Comme dans la vie, des moments humains noyés dans la masse des petites saloperies au quotidien. Et comme dans la vie, comme dans James Lee Burke usuellement, les bons ont des éclairs de méchanceté, les méchants, eux, le sont vraiment.

Je donne à ce roman de 299 pages en format régulier, édité en 2003 pour la traduction française, aux éditions Payot et Rivages, une note de 7,5 sur 10.

Daniel

 

 



Dimanche 24 janvier 2010

"Le symbole perdu" de Dan Brown.

Je me suis laissé tenter par le dernier Dan Brown, comme tant de lecteurs d'ailleurs. Voici le résumé de ce thriller sur la franc-maçonnerie:

Robert Langdon, professeur en symbologie, est convoqué d'urgence par son ami Peter Solomon, maçon de haut grade, pour une conférence devant être donnée le soir même à Washington.
En rejoignant la rotonde du Capitole, il fait une découverte pour le moins macabre. Ce sera le premier indice d'une quête excitante qui se passe des sous-sols de la Bibliothèque du Congrès aux temples maçonniques, à la recherche du secret le mieux gardé de la franc-maçonnerie. Une aventure où s'affrontent les traditions ésotériques et la formidable intelligence de Robert Langdon.

Mon évaluation:

Je n'ai pas vraiment aimé ce roman. Dan Brown a trouvé une recette payante, tout au plus. D'abord, après tous les romans écrits, Brown n'a pas amélioré la qualité de son écriture. En effet, encore une fois, la qualité du texte se retrouve dans la recherche fastidieuse que ce type de roman demande et par la qualité de son histoire. Son style d'écriture est très simple pour ne pas dire simpliste. Ensuite, il y a tellement d'informations données dans une forme de tornade informationnelle,  qu'on a de la difficulté à suivre la démarche de l'auteur.

Un autre défaut, je le répète, est la recette employé par Dan Brown pour tous ses romans. Si comme moi, vous avez lu tous les romans de Brown, cela devient, avec les romans qui s'accumulent, presque ridicule. Changez quelques noms de ce roman et vous obtiendrez "Anges et démons" ou le "Da Vinci Code". Seul le roman "Deception Point" sortait de ces sentiers battus, je trouve.

Les péripéties se passant dans la ville de Washington, il est évident qu'un Américain aura moins de difficulté à s'y retrouver dans ce charabia d'informations sur les Pères fondateurs et sur les édifices de l'endroit. C'est vrai qu'on apprend beaucoup sur l'endroit et son histoire de telle sorte que le lecteur ne verra plus jamais cette ville de la même façon. 

Ce roman sur la franc-maçonnerie ne déplacera pas autant d'air que le Code Da Vinci parce que comme tant d'autres, je ne connais rien à la maçonnerie et je me fous pas mal de ce qui s'y passe. Ce n'est pas comme les attaques de Brown contre le christianisme dans le Code Da Vinci. Brown est un maître dans le domaine de la conspiration. Il détient une recette magique. Mais dans ce cas-ci, je trouve qu'il manque son coup s'il voulait choquer ses lecteurs. En fait, le gâteau n'a pas levé.

Donc, pour ce roman ésotérique de 595 pages en format régulier édité en français chez Jean-Claude Lattès en 2009, je donne la note de 6,5 sur 10.

Daniel



Jeudi 7 janvier 2010

"Crises" de Robin Cook.

Quel bizarre  roman médical! Tout comme l’ancien avocat John Grisham écrit des romans judiciaires, l’ancien chirurgien Robin Cook écrivait des romans qui tournent tous autour de la médecine et des hôpitaux. (Robin Cook est malheureusement décédé en 1994).  Voici un résumé de ce roman :

« Il n’y avait plus qu’un seul sénateur ultra-conservateur pour s’opposer aux expériences du docteur Lowell, génial inventeur de nouvelles méthodes de clonage. Mais quand sa carrière politique et sa vie sont menacées par une grave maladie, le politicien n’hésite pas à pactiser avec le diable, Et à commettre un sacrilège : l’ADN nécessaire à son traitement devra être celui du Christ, prélevé sur le suaire de Turin…

Un thriller qui mêle religion, politique et technologie pour créer le plus surprenant et le plus effrayant des suspenses. »

Mon évaluation :

L’auteur veut évidemment remettre en question l’empêchement de recherches sur les cellules souches tel que nous l’avons connu aussi durant le  règne de George Bush aux USA. Il montre bien que c’est exprès que les ultra-conservateurs manipulent le peuple en mettant sur la même pied le clonage d’êtres humains et le clonage de certaines cellules qui permettra de guérir plusieurs maladies chroniques comme celle qui accable ce sénateur hypocrite.

Quant à moi, le fait que le sénateur exige que lui soient injectés des filaments d’ADN provenant du suaire de Turin ne fait que compliquer la trame du livre et n’apporte rien au roman. Bon, c’est mon avis mais je n’ai pas spécialement aimé ce thriller médical étriqué et presque fantasmagorique.

Ainsi, pour ce roman de 630 pages en format poche, publié chez Albin Michel en 2004 pour la version française, je donne une note de 6 sur 10.

Daniel

 



Lundi 28 décembre 2009

"Le testament", John Grisham.

Je viens de terminer un autre roman signé John Grisham. Il a pour titre « Le testament ». En voici un résumé :

Un vieux milliardaire cupide a semé ci et là six enfants qu’il déteste royalement et qui le lui rendent bien. Ce milliardaire meurt et il déshérite presque complètement ses six enfants connus qui sont tout aussi cupides et véreux que lui. Il lègue tout à une fille « illégitime », missionnaire chez les Indiens de l’Amazonie.

L’avocat du milliardaire est mandaté pour gérer le testament et envoie au Brésil un autre avocat de son bureau prénommée Nate, afin de localiser la fille en question dans les montagnes du Pentanal et de lui faire signer l’acceptation des 11 milliards de dollars dont elle vient de s’enrichir au détriment de ses demi-frères et soeurs. Nate se lance dans cette mission au moment où il sort d’une ixième cure de désintoxication contre les abus d’alcool et de drogues. Retrouvera-t-il cette fille et acceptera-t-elle ce legs faramineux?

 

Mon évaluation :

Je n’ai vraiment pas été enchanté par ce roman judiciaire. D’un côté, la perfidie et la mesquinerie de l’homme et de l’autre, la bonté de Dieu et de ses représentants sur terre, qui peuvent faire des miracles. Entre les deux, les avocats encore plus véreux que les héritiers.

Grisham connaît sûrement très bien le monde des avocats et celui des alcooliques anonymes, car on comprend que son roman se base quelque peu sur le programme en 12 étapes. Il y a des longueurs et j’ai trouvé pénible la lecture des chapitres touchant les guerres entre les héritiers aussi insensibles que méchants. Heureusement qu’il y a ces retours dans la jungle brésilienne. Ils nous font faire le parallèle entre les valeurs matérialistes de la culture américaine VS la simplicité et le bonheur des indiens du Brésil. C’est peut-être là le plus beau côté de ce roman : la critique sur la consommation à outrance des États-Uniens…

En conclusion, pour ce roman judiciaire édité en 2000, chez Robert Laffont pour l’édition française et comportant 445 pages, je donne une note de 6 sur 10.

 

Daniel

 

 



Mardi 22 décembre 2009

"Comedia infantil", Henning Mankell.

Voici un autre roman d'Henning Mankell qui n’a rien d’un polar, tout comme “Le fils du vent” que je vous présentais récemment. Cette fois encore, l’auteur nous offre une histoire qui touche les enfants de la rue africains. Attention! Ce roman est cruel et tendre à la fois. En voici un résumé :

« Le ciel était dégagé après les violentes pluies et la lune était pleine le soir où je posai Nelio sur le matelas sale. Là où à l’aube, neuf jours plus tard, il allait mourir.
 
Une nuit, dans un port d’Afrique, un homme est assis sur le toit d’un théâtre et contemple la ville à ses pieds. Il se remémore l’histoire que Nelio, l’enfant des rues, lui a confiée au cours des neuf nuits qui lui restaient à vivre.
 
Qui est cet enfant âgé de dix ans qui détient déjà toute la sagesse d’un vieil homme? Pourquoi a-t-on voulu le tuer?
 
La guerre civile fait rage. Nelio est le seul rescapé de la mise à sac de son village. Après une période d’errance, il finit par gagner la grande ville et il rejoint un groupe d’enfants des rues avec lesquels il affronte la misère, la faim, l’intolérance. Mais face à la barbarie, Nelio oppose la poésie et la générosité et se laisse guider par l’imaginaire.
 
A travers ce conte humaniste, à la fois cruel et tendre, Mankell décrit à l’intention de ses lecteurs – les jeunes comme les moins jeunes – la terrible réalité des enfants orphelins d’Afrique, mais aussi leur force et leur capacité de survie. »
 
Mon évaluation :
 
La poésie et la générosité de ce livre en font un instant à part, une parenthèse d'oxygène dans nos vies matérialistes et individualistes. Mais attention! Ce roman n’est pas facile à lire. Il crève le cœur. Il marque la pensée à jamais. Il est douloureux pour les gâtés par la vie que nous sommes. Lire ce roman en pensant à ses enfants ou à ses petits-enfants qui pourraient vivre les mêmes situations fait peur.
 
Mankell m’a encore possédé avec son style d’écriture souple, dynamique et entraînant. J’aime autant ses livres d’Afrique que ses polars. On constate ainsi que c’est bien vrai que la moitié de sa vie se passe dans cette ancienne colonie portugaise de l’extrême Est de l’Afrique : le Mozambique, avec ses guerres civiles et ses tremblements de terre. Quant à moi, Mankell m’a encore fait vivre un tremblement de cœur, une arythmie de ma pensée occidentale trop bien formatée.
 
A ce roman humaniste de 230 pages en format régulier, édité au Seuil en 2003 pour la traduction française, je donne une note de 8,5 sur 10.
Daniel


Mercredi 16 décembre 2009

"Le fils du vent" de Henning Mankell.

J’ai adoré ce roman de Mankell. Mais attention! Pas de commissaire Wallander dans ce roman, puisque pas de roman policier, contrairement à ce que cet auteur nous offre habituellement. Mankell nous entraîne cette fois dans un conte philosophique où l’on parle aussi d’aventure, de mœurs et d’éthique humaine.

En 1878, un jeune entomologiste sans diplôme quitte la Suède pour l’Afrique, plus précisément, pour le désert de Kalahari où il rêve de trouver l’insecte rare non encore répertorié. Mais il découvre plutôt un jeune Africain orphelin d’une dizaine d’années dont la famille a été décimée lors d'un massacre perpétré par des Blancs. Hans Bengler, l'entomologiste,  adopte alors le petit Mollo rebaptisé Daniel et l’amène vivre en Suède "afin de lui offrir une vie meilleure", pense-t-il.

Mais la rencontre avec le monde de l’homme blanc ne sera pas facile pour Daniel. Son père adoptif exige de lui qu’il oublie entièrement son passé, qu’il apprenne la langue suédoise, qu’il adhère au christianisme et à toutes les valeurs occidentales, etc. Mais Daniel n’a qu’une idée en tête: apprendre à marcher sur l’eau comme Jésus le faisait, pour pouvoir retourner dans son désert rejoindre les âmes de son père, de sa mère et de ses ancêtres.

Mon évaluation :

Henning Mankell a fait du petit Daniel un personnage très touchant. A travers son histoire, on est témoin de l'obscurantisme qui régnait à cette époque où certains scientifiques pensaient encore que les Noirs sont issus d'une race inférieure destinée à disparaître. L'enfant est d'une naïveté pleine de bon sens face aux carcans que lui impose la société occidentale (en matière d'habillement, de rites religieux...) et on assiste au choc de 2 cultures dont le mode de vie, la spiritualité, sont radicalement différents. On ne peut s'empêcher de se dire que la plus "évoluée" des deux cultures n'est peut-être pas celle que l'on croit…

Mais ce roman est magique, comme si les esprits de Be et de Kiko (la maman et le papa de Daniel) habitaient aussi ces pages que nous lisons. Ce roman recèle une grande part de candeur, de rêve et d'émotion, et il fait bon se chauffer au soleil africain, même s'il se cache dans la mémoire d'un enfant, tout en se faisant nous-mêmes geler, tant par le climat que par la rigidité suédoises face à cet enfant qu’on regarde comme un objet de cirque attardé.

Il faut savoir qu'Henning Mankell vit autant en Afrique qu’en Suède. Voici donc un très bel hommage à son pays d’adoption, le Mozambique et au peuple africain en général.

 

Pour ce roman de 327 pages en format régulier, édité au Seuil en 2004 pour la traduction française, je donne une note de 9 sur 10.

 

Daniel 



Jeudi 10 décembre 2009

"Hiver arctique", Arnaldur Indridason.

Je viens de lire ce dernier roman d’Arnaldur Indridason, cet auteur islandais très apprécié dans le monde entier. Voici le résumé de ce polar :

 

Un soir glacial de janvier à Reykjavik, en Islande, le corps d'un garçon est retrouvé au pied d'un immeuble de banlieue. Il était âgé d’une douzaine d’années. Ses parents avaient divorcé et sa mère venait de Thaïlande.

Le commissaire Erlendur et son équipe n'ont aucun indice, mais le frère aîné de la victime disparaît avec la complicité de sa mère. Erlendur va explorer tous les préjugés qu'éveille la présence croissante des immigrés dans une société fermée. Une autre enquête mobilise Erlendur au même moment : une femme trompée qui croyait au grand amour a disparu et une femme mystérieuse appelle le commissaire sur son portable pour pleurer, ce qui va permettre au commissaire de révéler ses dons de diplomate. Par ailleurs, son fils et sa fille s'obstinent à exiger des réponses qu'il n'a aucune envie de donner.

 

Mon évaluation :

Je suis plutôt déçu de ce polar d’Indridason. Je n’ai pas mordu comme dans d’autres de ses romans et je me demande un peu pourquoi. Peut-être suis-je fatigué de ces personnages déprimés et blasés vivant dans ce pays froid où la nuit dure six mois durant l’hiver…

 

Indridason traite d’un sujet très chaud dans plusieurs pays occidentaux : l’arrivée massive des immigrants et la peur des petits peuples comme les Islandais, (comme nous) de perdre leur identité et leur culture. Cette xénophobie irait-elle jusqu’à l’assassinat d’un pré-ado?

 

Je suis aussi un peu fatigué du déroulement des enquêtes dans les romans d’Indridason. Ainsi, dans les polars américains, la police scientifique, la criminalistique ont beaucoup à apporter comme c’est le cas dans la réalité. Mais dans les polars scandinaves, on dirait que les auteurs ne sont pas des spécialistes du domaine policier, comme c’est par exemple le cas de l’auteur américain Michael Connelly. C’est pourquoi les enquêtes sont surtout basées sur les interviews et les intuitions des policiers. Ce qui fait que le commissaire Erlindur peut passer des pages à questionner un témoin pour nous apprendre 5 pages plus loin, qu’il est totalement à côté de la « track ». Bon, cela crée parfois des longueurs inattendues.

 

Et je n’ai rien compris de la présence dans ce polar de cette seconde enquête sur une femme disparue. Bizarre, non?

 

Ainsi, pour ce roman policier de 335 pages en format régulier, édité chez Métailié en 2009 pour la traduction française, je donne une note de 6,5 sur 10.

Daniel



Vendredi 4 décembre 2009

"L'idéaliste" de John Grisham.

 

Voici un roman judiciaire qu’on ne peut pas lâcher avant de l’avoir terminé. C’est sûrement pourquoi j’ai lu jusqu’à 1h30 la nuit dernière…

 

Rudy Baylor vient de sortir de la faculté de droit de Memphis. Un stage de consultation dans un centre de jour pour personnes en perte d’autonomie fait qu’il devient le consultant, puis l’avocat d’un couple qui a deux fils, des jumeaux dont l’un se meurt de leucémie. Une grosse compagnie d’assurances refuse depuis un an de payer pour la greffe de moëlle osseuse dont son frère pourrait lui faire don, puisqu’ils sont jumeaux identiques.

 

Le nouvel avocat s’attaque donc à cette compagnie voleuse et sans aucune compassion; c’est vraiment David contre Goliath. Pendant toute la lecture de ce livre, je me suis demandé jusqu’à quel point nos compagnies d’assurances jouent le même jeu qui vise à presque toujours se désister pour ne pas payer les sommes dues quand une personne tombe malade.

 

Évidemment, Rudy Baylor est aidé par des avocats chevronnés dans cette aventure judiciaire. En plus, il réussit même à tomber en amour « dangereusement » avec une superbe jeune femme.

 

Mon évaluation :

 

Malgré une certaine aridité dans les termes et procédures de loi, l’ancien avocat Grisham nous livre une fois de plus un excellent bouquin. C’est la justice et la vérité contre l’énorme machine à dollars américains. A la fin du livre, on retrouve le dégoût complet de Grisham pour son ancien métier.

J’aime l’écriture simple et limpide de cet auteur. De plus, ses personnages ne sont jamais des héros ou même des anti-héros. Ils sont des gens ordinaires comme le sont les lecteurs. La fin du livre est vraiment prenante et fait que les lecteurs risquent de se coucher tard. Une fin inattendue comme je les aime.

Ainsi, pour ce roman judiciaire de 549 pages en format poche, édité chez Robert Laffont en 1995 et devenu un film que je n’ai pas vu, je donne une note de 8 sur 10.

 

Daniel

 

 



Mercredi 2 décembre 2009

"Promets-moi" de Harlan Coben.

Une fois de plus, j’ai lu un Harlan Coben, même si les aventures de Myron Bolitar ne sont pas parmi mes préférées dans le monde du polar.

 

Dans le roman « Promets-moi », Myron, ex-champion de basket devenu agent sportif, puis détective privé par la force des choses, doit, bien malgré lui, vivre une nouvelle aventure suite à une promesse faite à la fille de 18 ans d’un couple d’amis. Ainsi, il avait dit à cette fille de ne jamais monter à bord d’une voiture conduite par quelqu’un en état d’ébriété, mais de plutôt lui téléphoner à toute heure du jour ou de la nuit si elle est mal prise. Ce qu’elle fit.

Myron alla donc la reconduire en pleine nuit chez une amie de Livingston au New Jersey, où elle devait passer la nuit. Mais la jeune fille disparut et Myron fut le dernier à l’avoir vue. Fugue? Enlèvement? Se sentant bien coupable, il promit à sa mère, une vieille amie du temps du secondaire, de la lui ramener saine et sauve. Ça faisait pourtant six ans qu’il n’avait pas mis les pieds dans ce monde glauque et dangereux des gangsters et des méchants…

 

Myron Bolitar est à la fois suspect et enquêteur dans cette affaire. Son ami Win, le riche sociopathe, est évidemment là pour protéger ses arrières. Réussira-t-il à retrouver cette jeune fille au prénom de Aimee?

 

Mon évaluation :

C’est un bon Coben, même si, comme je l’ai mentionné, il n’est pas mon auteur préféré. Je le trouve meilleur dans les autres romans que ceux touchant Myron Bolytar. Mais c’est tout de même un bon polar qui se lit d’une traite. L’écriture est rapide, dynamique, et quelques bonnes blagues un peu sordides font parfois sourire le lecteur. La fin est par contre un peu cousue de fils blancs mais bon, n’est-ce pas le rôle d’un écrivain de polars de décontenancer au maximum le lecteur?

 

Ainsi, pour ce roman édité chez Belfond en format Pocket en 2007 pour la traduction française, je donne un 8 sur 10. 506 pages.

 

Daniel



Vendredi 27 novembre 2009

"La dernière récolte" de John Grisham.

   John Grisham nous offre ici un roman d’époque, une quasi autobiographie qui diffère beaucoup de ce qu’il écrit habituellement, soit des romans policiers ou judiciaires, puisqu’il a une formation d’avocat. Voici donc un résumé de ce roman d’époque :

 

   Arkansas, septembre 1952. Luke Chandler, le narrateur âgé de sept ans,  accueille avec son grand-père les résidents des collines et les Mexicains qui viennent faire la cueillette annuelle du coton dans le petit village de Blach Oak.

« Les trois générations de la famille Chandler traitent leurs ouvriers avec bienveillance et vont jusqu’à les faire participer à la marotte locale – le base-ball –, ce qui n’empêche pas les cueilleurs de connaître de graves ennuis.

La plupart sont imputables à Hank Spruill, un colosse à l’humeur redoutable. Se rendant en ville un soir, il tue un homme dans une rixe. Luke est le témoin involontaire de ce crime. Il observe désormais Hank avec angoisse et tremble quand il assiste aux affrontements qui l’opposent à un Mexicain, joueur de couteau, qui fréquente en cachette la sœur du colosse, âgée de dix-sept ans…

L’aventure ne va-t-elle pas finir par une seconde mort?

Mais Luke a d’autres soucis. Lorsque sa famille ne s’inquiète pas pour son jeune oncle Ricky qui se bat en Corée, elle s’interroge sur la naissance chez leurs voisins misérables d’un enfant illégitime qui est peut-être le fils de cet oncle Ricky…

À tout cela s’ajoutent les préoccupations constantes à propos des aléas de la météorologie, depuis le cyclone qui traverse la ferme jusqu’aux averses qui inondent les champs, détruisant les récoltes et entraînant Luke et sa famille vers une vie nouvelle.

 

Mon évaluation :

«La Dernière Récolte» s’inspire de l’enfance de John Grisham, nous dit-on. Moi qui ai connu les années 50 chez nous, ce roman me donne une bonne idée de ce qu’étaient les mêmes années pour un jeune vivant dans le sud des États-Unis : beaucoup de différences mais aussi beaucoup de choses semblables.

Il s’agit tout de même d’un beau roman en partie autobiographique qui rappelle un peu « Les raisins de la colère » de Steinbeck. Les personnages y sont fort bien campés. L’écriture est claire, nette et puissante. Une excellente description d’une époque difficile et d’un lieu bien précis font de ce roman une belle page de la littérature nord-américaine.

Ainsi, pour ce roman d’époque de 456 pages en format poche, édité chez Robert Laffont, en 2002 pour la version française, (le titre original étant « A painted house », je donne une note de 8,5 sur 10.

 

Daniel

 



Lundi 23 novembre 2009

"L'insoutenable légèreté de l'être, Kundera.

"Es muss sein!" Il le faut, disait Beethoven. Il faut lire ce livre, vibrer à sa poésie et méditer ses messages. « L’insoutenable légèreté de l’être" est un livre qui marque le lecteur pour le reste de ses jours, même si pour certains, l’invasion de Prague par les chars russes est quelque chose de lointain et d’inconnu. Mais 1968 est tout près de nous au sens de l’histoire.

Kundera nous offre ici un roman que je qualifie facilement de philosophique. Par la vie de quelques personnages, il nous mène à une réflexion sur la légèreté ou la lourdeur des gens et des choses. Tomas, médecin praguois libertin est léger. Son amoureuse Téréza, jalouse malgré elle, est lourde. Puis l’histoire d’une maîtresse de Tomas, Sabina et de Frank nous parle aussi de légèreté et de pesanteur…

L’écriture de Kundera est poétique et nous mène malgré nous à la réflexion, même si ce roman fut écrit en tchèque et est merveilleusement bien traduit par François Kérel. En plus d’avoir droit à la vie dure et amère de ces Tchèques durant cette période, nous avons même droit à la vie du chien de Téréza et de Tomas, Karénine et à la vraie définition du mot "kitsch" qui est un peu employé à tort et à travers aujourd’hui.

Mon évaluation :

Jamais chez Kundera, la gravité de la vie et des choses et la désinvolture n’ont été unies comme dans ce livre. Même la mort présente un double visage : celui d’une douce tristesse onirique et celui d’une cruelle farce noire.

J’ai aimé lire ce roman profond et assez difficile de lecture parce que c’est un « muss » dans une vie de lecteur; mais je me serais bien passé de certaines phrases philosopho-théologo-merdiques comme la suivante : pour Kundera, le kitsch est formé de l’apparence des choses telles que l’humain veut et a besoin de les voir. Ainsi, il écrit : « Si récemment encore, dans les livres, le mot merde était remplacé par des pointillés, ce n’était pas pour des raisons morales. On ne va tout de même pas prétendre que la merde est immorale ! Le désaccord avec la merde est métaphysique. L’instant de la défécation est la preuve quotidienne du caractère inacceptable de la Création. De deux choses l’une: ou bien la merde est acceptable (alors, ne vous enfermez pas à clé dans les waters !), ou bien la manière dont on nous a créés est inadmissible. Il s’ensuit que l’accord catégorique avec l’être  a pour idéal esthétique un monde où la merde est niée et où chacun se comporte comme si elle n’existait pas. Cet idéal esthétique s’appelle le kitsch.»

Alors, pour ce roman philosophique édité en français chez Gallimard en 1984 et comptant 394 pages, je donne 8,5 sur 10. Et malgré les passages que je questionne (ce livre est fait pour se questionner), je le recommande fortement.

Bonne semaine!

Daniel



Jeudi 19 novembre 2009

"Haute-Ville, Basse-Ville" de Jean-Pierre Charland.

Je vous présente le dernier roman historique d’une belle série écrite par cet auteur. Des romans tels que « L’été de 1939 », « Les portes de Québec », etc. Voici le résumé de l’histoire basée sur un fait réel :

L’histoire  se passe en 1925 dans la ville de Québec. Québec est plus que traumatisée par le viol et le meurtre crapuleux de Blanche Girard, une jeune fille de condition modeste vivant dans la basse-ville. Des rumeurs circulent à l’effet que des gens de la haute société vivant dans la haute-ville sont impliqués dans cette sordide affaire, dont des fils de ministres… Le parti Libéral alors au pouvoir fera tout pour étouffer l’affaire…

Ce roman est inspiré de l’affaire Blanche Garneau qui s’est déroulée en 1920 à Québec. Le cadavre de Blanche Garneau, une modeste vendeuse, est retrouvé dans le parc Victoria le 28 juillet 1920. Elle est disparue six jours auparavant. Cette affaire a crée une véritable commotion dans la ville et a donné naissance à plusieurs rumeurs, dont une impliquant des fils de députés dans ce meurtre.

Mon évaluation :

Ce roman historique se veut à la fois une chronique d’époque très bien rendue, un polar intéressant, une étude de mœurs d’un temps où les riches, le pouvoir et l’Église catholique faisaient bon ménage.

Charland est un historien d’abord ; il a le don de nous transporter dans des époques pas si lointaines mais que la plupart d’entre nous n’ont pas connues. Ce sont, en fait, des études sociologiques qui savent très bien nous expliquer nos origines de francophones vivant en Amérique du Nord, de conquis des Anglais, d’abusés des curés et des politiciens. Quand je lis les livres de Charland, je revois mes grands-parents qui eux, ont vécu cette époque de la grippe espagnole, de la Première guerre mondiale, de la crise de 1929, etc.

Comme le Québec a changé dans certaines choses ! Mais comme il est resté le même dans d’autres ! Je pense ici à la malhonnêteté de certains et aux raisons de vouloir le pouvoir. L'homme ne changera jamais, on le sait! Seule l’Église catholique a totalement perdu toute forme de pouvoir ici. Mais elle a bien couru après…

Pour ce roman historique édité chez Hurtubise en 2009 et contenant 595 pages, je donne une note de 8,5 sur 10. Je suggère à tous ceux qui aiment le Québec de le lire. Les romans de Charland nous aident à respecter notre "Je me souviens" national...

Daniel



Dimanche 15 novembre 2009

"L'Homme trafiqué" de Jean-Jacques Pelletier.

Voici le roman d'espionnage-polar québécois qui m'a fait fabuler ces derniers jours. "L'homme trafiqué" a été écrit par un ancien prof. de philo. au CEGEP Lévis-Lauzon, Jean-Jacques Pelletier. Il fut édité chez Alire, en 2000 et il compte 368 pages. En voici le résumé:

Karl est lexicographie, il écrit des dictionnaires de gemmologie (les diamants). Il fait la découverte ou on lui fait faire la découverte du plus gros diamant au monde. Il est alors poursuivi par une ou plutôt des organisations aussi secrètes que criminelles, dont celle nommée LE SYNDICAT. Et en plus, Karl souffre d'amnésie par rapport à une partie de sa vie, le pauvre.

L'auteur nous entraine dans le monde fascinant du diamant et raconte des histoires à dormir debout. Sauf qu'on peut se demander s'il n'y aurait pas beaucoup de vrai dans toutes ces histoires à dormir debout, concernant le contrôle qu'une poignée d'hommes peuvent avoir dans un secteur particulier, comme celui du diamant.

J'ai trouvé l'histoire bien complexe. Ce type de roman d'espionnage requiert une attention soutenue face aux gestes posés par les personnages car ils sont souvent "fuckés" psychologiquement, posent toujours des gestes calculés et empreints de haute stratégie et de mille détours insoupçonnés. Heureusement que Pelletier écrit très bien et réussit à simplifier suffisamment pour ne pas que le lecteur s'y perde totalement.

Cet auteur que je ne connaissais pas jusqu'à ce jour, me semble très érudit et possède très bien son sujet. Il a dû être très bien informé, car entre nous, chez le commun des mortels, qui connaît le monde du diamant?

J'ai eu le plaisir de constater que l'histoire se passe encore une fois dans la ville de Québec, mais évidemment, on se déplace partout dans le monde. On est dans le jet set diamantaire international ici. 

Je pense que je viens de découvrir un excellent auteur sauf que parfois, ça sent la recette toute faite. Est-ce parce que j'ai lu trop de romans d'espionnage par le passé?

Pour mieux juger l'oeuvre de cet auteur, je vais lire d'autres de ses romans. Je pense qu'il y a une suite à celui-ci.

Pour l'instant, mon évaluation de ce roman se situe à 8 sur 10.

Daniel



Mardi 3 novembre 2009

"L'homme du lac", Arnaldur Indridason.

A la suite des tremblements de terre qui ont eu lieu en Islande en juin 2000, le lac de Kleifarvatn se vide peu à peu. Une géologue chargée de mesurer le niveau de l'eau découvre sur le fond asséché un squelette lesté par un émetteur radio portant des inscriptions en caractère cyrillique à demi effacées. La police est envoyée sur les lieux, Erlendur et son équipe se voient chargés de l'enquête, ce qui les mène à s'intéresser aux disparitions non élucidées ayant eu lieu au cours des années 1960 en Islande. Les investigations s'orientent bientôt vers les ambassades ou délégations des pays de l'ex-bloc communiste. Les trois policiers sont amenés à rencontrer d'anciens étudiants islandais qui avaient obtenu des bourses de l'Allemagne de l'Est dans les années 1950 et qui ont tous rapporté la douloureuse expérience d'un système qui, pour faire le bonheur du peuple, jugeait nécessaire de le surveiller constamment. Peu à peu, Erlendur, Elinborg et Sigurdur Oli remontent la piste de l'homme du lac dont ils finiront par découvrir le terrible secret.

 

Mon évaluation :

Le commissaire Erlendur est toujours fasciné par les disparitions, lui dont le jeune frère est un jour disparu dans la montagne suite à une terrible tempête. Le personnage d’Erlendur est toujours aussi sombre et dépressif, lui dont la fille est une junkie et dont le fils demeure un parfait inconnu.

Cette fois, le commissaire Erlendur est chargé d’une affaire complètement en dehors du temps : il va cette fois plus loin que l’Islande du tourisme en nous parlant de l’Islande torturée durant l’après-guerre, avec ses étudiants qui ont été boursiers en Allemagne de l’est au moment où la terrible police politique nommée la Stasi faisait la pluie et le beau temps.

Donc, récit à deux voix, celle du passé et celle du présent. L’écriture est toujours sèche bien que précise et majestueuse. Les personnages sont fouillés et parfois déroutants. L’intrigue est totale et l’œuvre est magnifique. Un vrai polar à la scandinave que j’ai beaucoup aimé.

Pour ce roman policier de 406 pages en format régulier édité par Métailié en 2008 pour la traduction française, je donne 8,5 sur 10.

Daniel

 



Mercredi 28 octobre 2009

"Pour que justice soit faite" de Judi Picoult.

L’histoire se passe dans le Maine, là où se retrouvent plein de noms de famille québécois.

Nina Frost est substitut du procureur depuis plusieurs années lorsqu'elle apprend que son fils de 5 ans, Nathaniel, a été violé. Elle décide de se faire justice elle-même, avant même le procès, parce qu'elle ne sait que trop bien que les punitions pour les violeurs sont dérisoires. Suivent le procès de Nina et l'enquête autour du viol de Nathaniel et obligent l'enfant à témoigner. La solution finale est très « américaine » mais comment pourrais-je juger une mère qui veut à tout prix protéger son fils et les autres enfants qui pourraient être violés par ni plus ni moins qu’un monstre pédophile en autorité sur tant de jeunes enfants?

 

Mon évaluation :

A ce jour, c’est le troisième roman que je lis de cette jeune auteure américaine. J’ai d’ailleurs fait la critique de ces romans sur ce blogue. J’avais passablement aimé « Le pacte », où deux ados en amour décident d’en finir avec leur vie. J’avais adoré « La pure vérité » qui se passait dans la communauté amish en Pensylvanie. Je situerais le présent roman entre les deux comme évaluation. D’abord, la solution choisie par Nina est très américaine et définitive comme je l’ai mentionné. Mais comme je ne veux pas annoncer la fin, je dirais que c’est plus qu’américain et violent à la fin. Sauf que pour le lecteur, le débat demeure entier : que ferions-nous au monstre qui aurait violé notre enfant de 5 ans?

J’ai trouvé le style littéraire quelque peu difficile, bien qu’on s’y fait à un moment donné. Ainsi, presque tous les personnages deviennent narrateurs à un certain moment. Donc, très souvent au début d’un nouveau paragraphe, on ne sait pas trop qui est narrateur, bien qu’on le découvre en quelques lignes.

Ainsi, pour ce roman presque policier édité chez France Loisirs en 2003 pour la version française, je donne 7,5 sur 10. 508 pages en format régulier.

 

Daniel



Samedi 24 octobre 2009

"La route" Cormac McCarthy.

Ce grand roman qui a gagné le prix Pulitzer 2007 demeure le livre le plus sombre et le plus épeurant que j’ai lu. En voici un résumé :

L'apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. On ne sait rien des causes de ce cataclysme. Un père et son jeune fils errent sur une route allant vers le sud, poussant un caddie rempli d'objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid et la mort puisque le peu de survivants qui restent en sont rendus au cannibalisme. Il ne reste des hommes que les cadavres ou des silhouettes implorantes proches de leur dernier souffle. Le père et le fils ont peur, mais marchent vers la mer.

 

Mon évaluation :

Tel que je l’ai mentionné, ce livre apocalyptique fait peur. Les derniers hommes courent après leur vie, après leur mort inéluctable. Le soleil a disparu, voilé par les poussières de cendre omniprésentes.

Concernant le style de l’auteur, qui a aussi écrit «No Country for Old Men, Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme » (2005), il ne m’a pas ébloui plus qu’il ne le faut. Je ne sais pas si ça relève de l’auteur américain ou du traducteur, mais la répétition constante des « et » m’a pour le moins agacé. Ça donne dans mes mots à peu près ceci : L’homme prit la bêche et le râteau et s’en servit et était faible à outrance et n’en pouvait plus, etc.

Je suis probablement un inculte de parler ainsi de ce grand auteur gagnant du Pulitzer, mais je vous assure que j’avais des malaises incontournables en lisant ce noir roman. La fin du monde, rien de moins. Aucun espoir, une métaphore hallucinante sur la mort assurée pour chacun de nous…

A ce roman de 252 pages en format poche, paru en 2008 aux éditions de l’Olivier pour la version française, je donne 7 sur 10 avec mes excuses à Cormac McCarthy.

 

Daniel

 



Jeudi 22 octobre 2009

"L'héritage" de John Grisham.

Un autre bon petit thriller judiciaire écrit pas le talentueux John Grisham. Voici le résumé de ce roman: "Trouver trois millions de dollars dans une maison vide... Un rêve ! C'est celui que vit Ray Atlee, un professeur de droit sans histoire. La maison vide est celle de son père, le juge Atlee, et les trois millions de dollars sont entassés dans les placards... Le juge vient de mourir et personne ne connaît l'existence ni l'origine du magot. Le seul être humain que Ray léserait en prenant l'argent, c'est son frère, un drogué minable - s'il dépense l'argent en héroïne, à quoi bon ?

Ray cède à la tentation : il s'octroie " l'héritage ". Mais les sacs-poubelle pleins de billets de banque qu'il traîne partout avec lui sont porteurs de mort. Quelqu'un suit Ray, le menace, change ses jours et ses nuits en enfer. Pour sauver sa vie et son âme, il n'a plus qu'une solution : découvrir comment ces trois millions de dollars ont pu arriver dans la maison d'un juge réputé pour son intégrité... "
 
Mon évaluation:
 
Une histoire rondement menée comme sait le faire John Grisham. Pourtant je n’ai pas été enthousiasmé comme j’ai pu l’être à la lecture de certains de ses autres romans. Celui-ci ne passera pas à l'histoire et ne deviendra peut-être pas un film comme plusieurs de ses autres romans, mais il vaut tout de même la peine d'être lu. Une belle histoire qui fait s'affronter l'intégrité et la cupidité. Au Québec, on connaît bien ce combat...
Donc, pour ce thriller judiciaire de 344 pages en format poche édité Robert Laffont en 2003 pour la traduction français, je donne une note de 7,5 sur 10.
Daniel
 
 


Mercredi 21 octobre 2009

"Génitrix", François Mauriac.

Dans la vieille maison de Langon près de Bordeaux, Félicité Cazenave savoure son triomphe, adossée à la porte de la chambre derrière laquelle agonise Mathilde, sa belle-fille. Son fils Fernand, conseiller général à Bordeaux, va enfin lui revenir totalement. Il n'aura d'ailleurs pas fallu deux mois à ce vieil enfant de cinquante ans pour quitter le lit de sa jeune épouse et s'installer dans sa chambre d'enfant, voisine de celle de sa mère.

Mais sur le visage de la jeune morte, Fernand entrevoit ce qu'aurait pu être une vie heureuse avec Mathilde si sa mère n'avait pas été là.

Mon évaluation:

Comme c'est différent de lire un tel classique! Toujours, ça fait monter en soi l'amour de sa langue et le goût de lire des choses écrites en français plutôt que traduites.

Ce Mauriac de l'Académie française fut un grand écrivain. Ce roman paru en 1923 nous montre l'amour maladif d'une mère pour son fils. Tiens, ce passage parle de lui-même:

"Le vieil enfant gâté vient de perdre son jouet au moment qu'il en découvre le prix incalculable. Fernand se retourne alors contre celle qui depuis vingt ans lui répétait: "Que deviendrais-tu sans moi!... Si tu ne m'avais pas!"

Toute sa vie de mère, Félicité Cazenave l'avais passée à éloigner de son fils l'idée qu'il pût s'attacher à une femme: "Pour ne pas le perdre, elle l'avais voulu infirme; elle ne l'avait tenu que parce qu'elle l'avait démuni". Mais maintenant, "l'ennemie" morte est plus présente que jamais, Fernand Cazenave rejette désormais l'amour dévorant de la vieille femme qu'il contraint à plier sous le poids de sa défaite et de sa culpabilité."

A cette oeuvre grandiose dont j'ai adoré la lecture, je donne une note de 9,5 sur 10. Publié chez Grasset.

Daniel



Mardi 20 octobre 2009

"La loi du plus faible" de John Grisham.

"Il avait toutes les cartes en main pour devenir l'un de ces riches associés sans états d'âme qui font prospérer les gros cabinets de Washington. Une prise d'otages commise par un itinérant désespéré va totalement bouleverser sa vie... Le mettre face à la réalité de ces milliers d'exclus que personne n'écoute. Faire voler en éclats son existence de jeune avocat d'affaires ambitieux et talentueux. Et l'entraîner dans un bras de fer à hauts risques contre son ancien employeur afin que triomphe une certaine idée de la justice: la défense du plus faible."

Mon évaluation:

Voici une belle histoire. Une histoire que j'ai aimée parce qu'elle montre une prise de conscience fulgurante d'un homme qui ne vivait que pour lui, pour le fric et ne travaillait qu'à rendre les riches encore plus riches. Un tel changement soudain est peu probable dans la vraie vie, mais ça fait du bien d'y croire...

Ce thriller judiciaire offre donc en même temps une véritable conversion vers l'aide au prochain le plus démuni et une histoire bien écrite intéressante à suivre. Ainsi, pour ce livre de 382 pages en format poche édité chez Robert Laffont en 1995 pour l'édition française, je donne un 8,5 sur 10.

Daniel



Mercredi 14 octobre 2009

"Le sauveur" de Jo Nesbo.

                                                                                  

Voici ma dernière lecture que je qualifierai des plus bizarres et des plus troublantes: “Le Sauveur” du Norvégien Jo Nesbo. En voici le résumé:

“Noël à Oslo. L’Armée du Salut met  les bouchées doubles pour venir en aide aux exclus de la ville. Afin de récolter des fonds, les membres de l’association ont décidé d’organiser un concert public; de nombreuses rock stars locales,ainsi que le Premier ministre en personne doivent y participer. Mais, dans l’ombre, une guerre de succession  fait rage: qui remplacera le  vieillissant David Eckhoff  qui dirige l’Armée du Salut d’Oslo depuis des décennies? Le calme et posé Jon Karlsen ou le plus dévoué et docile Rikard Nilsen?

Le soir du spectacle, en plein concert, un homme  tire dans la foule et tue un membre de l’Armée du Salut avant de parvenir à  s’enfuir en direction de l’aéroport. La victime n’est autre que Robert Karlsen, le frère jumeau de Jon...

Naviguant entre déprime et amertume, la  tête noyée dans le Jim Beam, Harry Hole va se remettre en selle grâce à cette enquête. Bloqué à l’aéroport par une tempêtre de neige, le mystérieux tueur apprend le lendemain dans le  journal  qu’il n’a pas tiré sur la bonne cible mais sur son frère! Alors qu’Harry Hole se lance à sa poursuite dans les rues verglacées de la  capitale norvégienne, le meurtrier se met  à  la recherche de sa victime pour exécuter son contrat. Le jeu sanglant du chat et de la souris ne fait que commencer...

Mon évaluation:

C’est le premier roman policier norvégien que je  lis et c’est aussi le premier de Jo Nesbo. Autant que j’ai aimé les romans suédois ou finlandais, autant que celui-ci m’a déplu. Il est outrageusement  glauque et sanglant. J’ose espérer que dans  les rues norvégiennes, on ne se tue pas à ce rythme, que dans l’Armée du Salut, les gens ont autres choses à faire que de piquer du fric et s’entretuer et que dans les rues d’Oslo, il n’y a pas de drogués finis comme  dans ce polar.

Bon, roman compliqué à souhaits, surtout qu’il faut retenir des mots et noms norvégiens au lieu des suédois. Même si ça se ressemble, ce n’est pas évident. L’auteur nous fait voyager dans des méandres qui frôlent quant à moi, la schizophrénie, L’inspecteur principal Harry Hole est un personnage intéressant mais à la  longue,  on dirait que tous les détectives vedettes des auteurs de polars se ressemblent. En plus de ce Harry Hole, je pense à Harry Bosch de Michael Connelly, à Kurt Wallander de Henning Mankle, à l’enquêteur Erlindur du Finlandais Arnaldur Indriðason.

Alors, pour ce roman policier de 551 pages en format régulier édité chez Gallimard en 2007 pour la traduction française, je donne un 6 sur 10.

 Daniel


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