Comme un grand livre ouvert. - Critique le livres.




Mardi 30 juin 2009

"Chambre numéro 10" de Ake Edwardson.

En cette fin d'été indien, la police criminelle suédoise de Göteborg est appelée sur une scène de crime où une certaine Paula Ney a été retrouvée pendue dans la chambre numéro 10 de l'hôtel Revy. La thèse du suicide ne convainc guère le commissaire Winter qui est déjà venu sur les lieux, dix-huit ans auparavant, lors de la disparition non résolue d'une autre jeune femme. Persuadé comme l'est Winter d'être autrefois passé à côté d'un indice capital, cette nouvelle enquête est l'occasion pour lui de rétablir la vérité. A quelques semaines d'un congé sabbatique bien mérité, Erik Winter devra compter autant sur son équipe que sur ses souvenirs pour déterrer d'impensables secrets de famille et mettre fin à une série de meurtres plus horribles les uns que les autres.

Mon évaluation :

Je n’ai tout simplement pas aimé ce roman policier. Le texte est hachuré et difficile à lire. L’action se passe en deux temps, soit maintenant et 18 ans auparavant. Il est souvent difficile de savoir à quelle époque se situe l’action.

Je veux bien qu’Edwardson soit un autre Henning Mankell; mais je trouve qu’il y va un peu fort sur les descriptions de la nature, sur les échanges philosophiques entre ses personnages, etc. Cela enlève le rythme et crée des longueurs qui ralentissent la progression de l’intrigue. Ainsi, lire deux pages d’interrogatoire pour apprendre que la personne interrogée n’a rien à dire, c’est un peu long et frustrant…

Il est impossible de connaître l’identité du meurtrier avant les dernières pages du livre, mais personnellement, j’avais  perdu toute forme d’intérêt lorsque le couperet est tombé. Livre vraiment « mélangeant » au maximum. C’est comme si l’auteur avait volontairement décidé de rendre la vie difficile au lecteur. Bon, j’ai peut-être un QI trop bas pour ce genre de lecture…

Donc, pour ce polar édité chez Jean-Claude Lattès en 2007 pour la traduction française et comportant 502 pages en format poche, je donne la note de 5 sur 10.

Daniel



Samedi 20 juin 2009

"Promesses d'éternité" de Chrystine Brouillet.

Je viens de terminer le petit dernier de Chrystine Brouillet, « Promesses d’éternité ». J’ai eu comme un sentiment de déjà vu. Mais voici le résumé de ce polar :

« L'automne s'annonce chargé pour Maud Graham. D'abord, un homme est laissé pour mort devant l'Hôtel-Dieu de Québec. La même nuit, un détective est transporté, inconscient, au même hôpital après avoir été battu sur un terrain vague. Ces deux hommes ont-ils un lien? Graham doit aussi aider une femme à retrouver sa fille et sa petite-fille, dont elle est sans nouvelles.

Pendant ce temps, Carol Blondin-Warren, un être inquiétant, obsédé par le feu, enjoint ses fidèles de se préparer à sauver leur âme en prévision de l'Apocalypse. Mais Maud Graham veille. Entourée de son équipe, elle mène l'enquête et, comme toujours, suit son instinct. Même à ses risques et périls. »

Mon évaluation :

J’avais évalué très sévèrement le précédent roman de Brouillet « Silence de mort ». Et je comprends, en lisant celui-ci, moi qui ai lu Brouillet au complet, que je suis simplement fatigué d’une certaine recette dans la suite des enquêtes de Maud Graham.

Pourtant, j’appréciais follement cette recette au début. Ainsi, j’aimais l’épicurisme de l’enquêtrice Maud Graham. J’appréciais que l’auteur nous parle de certains beaux coins de la ville de Québec, que je suis même allé visiter. Ces restos branchés où vont manger ses personnages, etc. Sa vie privée était attachante, avec son amoureux montréalais, son personnage gay et son ado qu’elle garde comme tutrice, etc.

Je suis bien conscient que tout cela est bien et continuera d'attirer une foule de nouveaux lecteurs. Mais cette recette commence à vieillir pour qui, comme moi, a lu l’œuvre entière de Brouillet.

Ce dernier roman est assez compliqué, car il traite parallèlement de plusieurs thèmes criminels dont les sectes et comment s’en sortir, la pyromanie d’un gourou fou à lier, les combats extrêmes de gladiateurs qui s’entretuent (j’espère que ça n’a pas remplacé les combats de coqs ou de chiens qui sont déjà immoraux et terribles), etc.

Je préférais le temps où Brouillet écrivait des polars plus simples, comportant moins de personnages. Pendant la première moitié du livre, les personnages étant introduits à une vitesse fulgurante, le lecteur passe son temps à aller voir de qui l'auteure parle quand elle mentionne Provencher ou tout autre nombreux personnages dudit roman.

Alors, je suggère fortement à madame Brouillet d’écrire un roman historique ou toute autre forme de roman comme prochain livre. Je pense sincèrement que Maud Graham est fatiguée…

Donc, pour ce roman policier édité en 2009 à la courte échelle et comptant 390 pages en format régulier, je donne tout de même 7 sur 10, car je conçois aussi que le lecteur dans mon genre peut être fatigué. ;-)

Daniel



Mardi 16 juin 2009

"Le verdict du plomb" de Michael Connelly.

Je viens de faire la lecture du tout dernier roman signé par le grand Michael Connelly.

Comme vous le savez, j’ai tout lu de Connelly. Ses personnages fétiches se retrouvent tous dans le polar judiciaire intitulé «Le verdict de plomb» qui vient de sortir en français chez nous. Ainsi, on y raconte surtout l’histoire d’un procès retentissant qui se passe à Hollywood, où un grand producteur de films est accusé de deux meurtres, ceux de sa femme et de son amant. C’est donc l’avocat Mickey Haller qui, blessé à la fin de «La défense Lincoln», reprend du service en se retrouvant à la tête du cabinet de son ami Jerry Vincent, assassiné. C’est donc ce criminaliste qui tient la vedette dans ce roman.

Haller hérite d'une énorme affaire, la défense de ce magnat du cinéma américain. Mais le criminaliste Haller découvre que comme son ami assassiné, il se trouve lui aussi en danger. Et qui voit-on apparaître de temps à autres comme enquêteur sur le meurtre du producteur et aussi pour protéger Mickey Haller? L’irrésistible Harry Bosch en personne, le célèbre inspecteur vedette de la plupart des polars signés par Michael Connelly. Et on y trouve même une autre de ses vedettes, le reporter judiciaire Jack McEvoy qu’on ne fait qu’entrevoir ici. Même si Haller et Bosch ne sont pas du tout du même bord, ils n’ont pas le choix, ils doivent travailler ensemble…

Mon évaluation :

Dans ce roman, Michael Connelly, qui a une très grande expérience du monde criminel et judiciaire, nous répète une vérité de La Palice : «Tout le monde ment. Les flics. Les avocats. Les victimes.»

J’avais vraiment hâte à la sortie de ce Connelly, ayant lu tous les précédents. Et j’ai bien aimé ce roman policier et judiciaire. Il est évident que comme tous les lecteurs de Connelly, c’est Harry Bosch que j’avais hâte de revoir. On s’attache tellement à ce vieux Hyéronymous Bosch dit Harry.

Mais le héros ici est son demi-frère, Mickey Haller. Les deux savent plus ou moins depuis un certain temps qu’ils ont le même père, fameux avocat de l’époque, un peu coureur de jupons. Mickey est du mariage, Harry est d’une péripatétienne assassinée. Ici, c’est la première fois qu’ils s’avouent l’un l’autre qu’ils sont demi-frères…

Ce roman est instructif, car Connelly fait passer le lecteur par toutes les étapes d’un procès aux USA : constitution d’un jury, plaidoiries, contre-interrogatoires, travail de l’enquêteur de la défense et celui de l’accusation (la police dans ce cas), stratégies diverses, etc. Le lecteur embarque à fond dans cette game de poker étrange et dangereuse pour l’accusé. Ça m’a aidé à comprendre les raisons de tant d’erreurs judiciaires. Heureusement qu’on n’exécute plus au Canada…

Ma note pour ce roman judiciaire paru au Seuil Policiers en mai 2009 pour la traduction française et comportant 458 pages en format régulier est de 8,5 sur 10.

Daniel



Jeudi 11 juin 2009

«Profondeurs» de Henning Mankell.

                                                                        

Je viens de terminer un autre Mankell qui a pour titre «Profondeurs». Rien à voir avec le polar ou avec le commissaire Wallander. Livre bizarre, presque psychiatrique, écrit en noir et blanc, en lettres de feu, de passion, de folie…

 

«En octobre 1914, l’Europe est au bord de la guerre. Afin d’améliorer la défense des côtes suédoises, le capitaine Lars Tobiasson-Svartman inspecte les routes maritimes. Sur la toute petite île de Sara Fredrika, il rencontre une femme dont il devient l’amant. Pour la revoir, il ment à sa femme, à l’amirauté, à lui-même, jusqu’au point de non-retour…»

 

Mon évaluation :

On pourrait résumer ce roman de la façon suivante : comment un homme peut-il perdre pied et sombrer dans la folie? Dans ce roman, on peut  comparer le cheminement intérieur de Tobiasson-Svartman à la mer elle-même, qui est ici omniprésente avec sa douceur, quand elle est lisse comme un miroir ou avec sa fureur, quand elle se déchaîne en perdant tout contrôle.

 

Cet hydrographe aussi guindé qu’obsessif mesure constamment les profondeurs, les distances des fonds de mer et de ses relations avec autrui. L’amour totalement égoïste, ou plutôt, la passion et les dérèglements de la tête et du cœur le mèneront vers ce que les apparences n’auraient jamais laissé entrevoir : la folie d’un homme. Sa propre mer intérieure finira par l’engloutir… Ce menteur pathologique finira par rencontrer SA vérité.

Ce roman est noir, sinistre. Il nous montre l’auto-autopsie d’un homme avant sa mort, comment s’autodétruisent son cœur et son cerveau en sondant l’insondable.

 

L’écriture de Mankell est à la fois sobre et intense. Comme le feu sous la glace. Il y a un peu de Bergman dans ce livre (son beau-père dans la vraie vie).

Ce livre sorti en suédois en 2004 n’a été édité au Seuil en français qu’en 2008. Traduit par Rémi Cassaigne, je l’ai lu en format poche et il comporte 348 pages. Je donne un 7,5 sur 10.

Daniel



Dimanche 7 juin 2009

«Le fin fond de l'histoire», Andrée Laberge.

Je ne connaissais pas du tout cette auteure du nom de Andrée Laberge. Ce livre est un cadeau que j’ai reçu de ma grande petite sœur pour mon anniversaire de naissance. J’ai fini de lire le livre et ma fête n’est même pas encore arrivée. ;-)

Pour revenir à Andrée Laberge, j’ai appris qu’en plus d’être écrivaine, elle a été intervenante sociale et possède un doctorat en épidémiologie. Elle est de la ville de Québec et son roman «Le fin fond de l’histoire» s’y passe. Elle a même gagné le prix du Gouverneur général en 2008 pour son roman précédent «La rivière du loup» que je n’ai pas eu le bonheur de lire mais que je lirai un  jour.

 

Les questions de la filiation et de l’engendrement sont au cœur de ce roman déroutant et merveilleusement bien écrit, même si les correcteurs ont laissé passer quelques fautes. On y fait connaissance avec une possible Amérindienne à qui l’on dit qu’elle n’en est pas une, un sans-abri qui se fourre le nez partout et qui s’amourache d’une vieille folle qui, à tort, le prend pour son premier amant. Et aussi, un infirmier bâtard qui, pour oublier ses propres problèmes, donne de son temps et de son argent à tous ceux qui souffrent et qui peuvent  lui faire oublier qu’il n’a pas connu sa mère.

 

Mon évaluation:

Brillant et parfois amusant, ce roman pose des questions essentielles: d’où venons-nous? qui sommes-nous? où allons-nous? Cette allégorie présentant des personnes humaines qui se cherchent au passé, au présent et au futur nous fait beaucoup penser au Québec et aux Québécois…

 

Andrée Laberge explore un univers qu’elle connaît bien puisqu’elle a travaillé de longues années auprès des personnes en souffrance sociale. Andrée Laberge pose la capitale question des origines dans une intrigue éclatée et éclatante.

Chez Laberge, la crise identitaire n'est pourtant pas que politique. «Notre crise est aussi une crise des valeurs, soutient-elle. Je suis personnellement touchée par les personnes âgées qui ont basé toute leur vie sur des valeurs que nous avons balayées du revers de la main. Ça doit être terrible, à la fin de sa vie, de ne plus avoir aucun repère. Nous avons eu l'illusion de croire que nous pouvions faire table rase des traditions, du folklore, sans penser que nous étions le produit de ces mêmes traditions...»

Ce roman que j’ai adoré a été édité chez XYZ Romanichels  en 2006. Il  compte 263 pages en format régulier. Il se lit vite et bien malgré certaines surprises littéraires et touchant la technique d’écriture. Je vous conseille fortement ce roman québécois auquel je donne la note de 9 sur 10.

Bon dimanche!

Daniel



Samedi 6 juin 2009

«Danse avec l'ange» de Ake Edwardson.

Dans ma quête de nouveaux auteurs scandinaves, j’ai aussi découvert le Suédois Ake Edwardson. Cet auteur né en 1953, a obtenu pour son premier roman «Danse avec l’ange», en 1997, le Grand Prix du roman policier suédois. Voici le résumé de ce polar : Un suédois, est retrouvé mort, assassiné à l’arme blanche dans une chambre d’hôtel à Londres. Un jeune anglais est assassiné à Göteborg (Suède). Les deux cas présentent des similitudes. Ce sont des meurtres sadiques. Erik Winter commissaire de la police de Göteborg et héros de cet auteur, dirige l'enquête en parallèle avec un inspecteur de Londres.

Winter est très bien typé, comme c’est le cas de tous les enquêteurs héros de polars. A 37 ans, il est le plus jeune commissaire suédois. Il est très grand, bien habillé, fume des cigares chers, il est riche par ses parents et plutôt snob malgré son grand cœur. Il dirige son équipe de main de maître.

Mon évaluation:

L'intrigue est bien menée, et ce, avec clarté et limpidité. C'est agréable de lire un auteur qui fait les choses simplement, qui ne se sent pas obligé d'en mettre plein la vue aux lecteurs, et malgré ça, bâtit une histoire bien solide. Comme Hennings, il est très critique de ce qu’est devenue la société suédoise : tout sauf la social-démocratie qu’elle fut déjà. Une fois de plus, l’excellente traduction française est faite par Anna Gibson. Seul ombre au tableau : les dialogues sont parfois difficiles à saisir, surtout au début du roman. Mais on s’y fait.

Donc, pour cet excellent roman policier édité en français en 2002 chez JC Lattès, dans la série Grands détectives, et comportant en format poche, 429 pages, je donne un 8 sur 10.

Daniel



Mercredi 3 juin 2009

«Le loup dans la bergerie» de Gunnar Staalesen.

Évidemment, qu’est-ce qu’un retraité comme moi fait durant ses vacances? Il lit. Bon, comme je lis beaucoup à longueur d’année, vous me direz que ce n’est pas très différent de mon quotidien, et vous aurez raison. ;-)

Comme j’ai pratiquement fini de lire l’œuvre entière de Henning Mankell et une bonne partie de l’œuvre d’Indridason, j’ai cherché d’autres auteurs scandinaves. Étant donné que je lis toujours les livres de façon chronologique, j’ai donc fait la lecture du premier livre d’un Norvégien nommé Gunnar Staalesen, dont le titre est «Le loup dans la bergerie». Ce polar n’est pas jeune, puisqu’il est paru en 1977 et réédité par la suite.

Voici le résumé du roman :

Un avocat connu de la ville norvégienne de Bergen demande au détective privé Varg Veum, le héros de l’œuvre de Staalesen, d’enquêter sur son épouse soupçonnée d’infidélité. Par principe, le détective refuse car il ne s’occupe pas des cas d’adultères. Sauf que quelques jours plus tard, un inconnu lui demande de retrouver sa sœur disparue depuis plusieurs années. Varg identifie cette femme comme étant… l’épouse de l’avocat sur laquelle il avait refusé d’enquêter quelques jours auparavant. Une histoire de meurtres, mais aussi de drogue et de violence.

Mon évaluation :

Bon, je n’ai aucunement été sidéré par ce bouquin. Ce premier roman ressemble beaucoup à d’autres. Je présume donc que l’auteur n’avait pas encore trouvé son style à l’époque, même si on le compare à Mankell. J’ai lu sur Internet que ses autres romans sont de loin meilleurs. Je verrai cela par moi-même.

Mais je dois dire que le tout est sympathique et les mots d’humour bien placés et intelligents. Le détective privé est vraiment maltraité par les policiers officiels et reçoit plein de coups sur la gueule plus ou moins reliés à sa grande naïveté.

Ce roman est tout de même moins noir que ce que j’ai lu à ce jour comme romans policiers scandinaves. Peut-être que les pays du Nord de l’Europe n’avaient pas encore atteint le fond du gouffre social, comme ça semble présentement le cas. En effet, il ne faut plus, semble-t-il, prendre en exemple ces pays scandinaves comme les Québécois le faisaient durant les années 70. Ils seraient devenus hyper-capitalistes, violents et terre d'un individualisme total pour remplacer la social-démocratie de l’époque.

Bref, je donne à ce polar réédité chez Gallimard en 2001 et comportant en format de poche 318 pages, très bien traduit  par Olivier Gouchet, la note de 7 sur 10.

Daniel



Samedi 23 mai 2009

«Le cerveau de Kennedy» de Henning Mankell.

Louise Cantor est suédoise mais travaille en Grèce comme archéologue. Elle entre dans son pays à la joie de revoir Henryk, son fils de 25 ans. Mais elle le trouve mort dans son appartement. Elle ne croit pas à la thèse policière du suicide ; elle pense plutôt à un meurtre. Elle part pour l’Australie à la recherche de son ex, le père d’Henryk, Aron, pour avoir de l'aide dans son enquête visant à trouver les raisons de cette mort.

Comme une archéologue qui reconstruit un vase préhistorique, elle refait tout le trajet effectué par ce fils décédé : Mozambique,  Barcelone où son fils possédait un appartement secret, la Suède, retour dans les centres de traitement des sidéens en Afrique, etc. La douleur de cette mère devant la mort de son fils unique la pousse à tous les risques, car elle a besoin de savoir ce qui s’est passé. Et elle découvre, comme son fils l’avait fait, des dessous ignobles sur les faux traitements aux sidéens d’Afrique, sur le rôle des grandes compagnies pharmaceutiques, sur la non-connaissance et l’indifférence des Occidentaux quant à ce qui se passe en Afrique. Qu’est-il arrivé à Henryk ?

Mon évaluation :

Ce roman échevelé nous «garroche» un peu de tous les côtés en oubliant d’approfondir les personnages. Il démontre des laideurs de notre monde que je ne voudrais pas savoir vraies. Il soulève des doutes douloureux sur le genre humain et son inhumanité. L’écriture de Mankell est vénéneuse et fait peur.

L'écrivain suédois semble ici naviguer à vue dans son récit. Ses personnages (le grand-père toujours présent, le père forcément absent) paraissent souvent stéréotypés, les virées d'un pays à l'autre, insensées. Mankell, révolté, n'a qu'une volonté: dire la mort de l'Afrique, un continent ravagé par le sida. Tout à sa noble colère, il dénonce la complicité de l'Occident, les manœuvres odieuses des laboratoires pharmaceutiques internationaux. Il en fait trop, ou pas assez, et oublie de donner âme et chair à son intrigue..

Ce roman quand même palpitant n’est pas un grand Mankell mais il laisse voir la colère intérieure d’un homme qui partage sa vie entre sa Suède natale et le Mozambique africain où il passe une partie de sa vie.

A ce livre de 390 pages en format régulier, édité au Seuil en 2009 pour la traduction française et traduit par Rémi Cassaigne, je donne 7,5 sur 10.

Daniel



Vendredi 15 mai 2009

"Le retour du professeur de danse" de Hanning Mankell.

                                                                         

Quel bon roman touffu que celui-ci! Il a pour titre “Le retour du professeur de danse” de Henning Mankell. Je dois dire que dans le précédent roman de Mankell que j’ai lu, “Avant le gel”, l’enquêteur Stefan Lindman travaille maintenant avec Wallander et sa fille à Ystad. Il est même tombé amoureux de celle-ci. Donc, dans cette dernière lecture que j’aurais dû lire avant “Avant le gel”, Lindman travaille encore à Boras et a appris la mauvaise nouvelle à l’effet qu’il est atteint du cancer de la langue.

 

Au même moment, Stefan apprend que l’ancien inspecteur Molin avec lequel il a travaillé, a été sauvagement assassiné dans cette maison de forêt qu’il habite seul depuis sa retraite. Cette maison est située dans le nord de la Suède. Stefan Lindman, au lieu d’attendre passivement sa radiothérapie en se faisant du mauvais sang, décide de se rendre dans le nord, à Ustersund et de voir ce qu’il en est dudit assassinat. L'inspecteur Molin était-il celui que Stefan croyait côtoyer? Stefan Lindman prêtera son concours à un inspecteur de là-bas, où ils sont moins habitués aux enquêtes pour meurtres. Et Stefan peut prendre des risques; après tout, il est atteint du cancer et ne s'en sortira peut-être pas...

 

Plein de retournements dans ce polar qui débute à la fin de la seconde guerre mondiale, là où on a pendu plusieurs chefs et bourreaux nazis. Le Nazisme s’est-il transporté jusqu’aux nouvelles générations à travers des organismes suédois et mondiaux? Avec l’Internet, ces gens sont facilement en contact les uns avec les autres et le mal se perpétue dans l’espoir d’un quatrième Reich. La grosse roche cache-t-elle plein de cloportes qui se cachent de leur passé?

 

Mon évaluation:

J’ai vraiment aimé ce presque dernier roman de Mankell que je lis, puisque je les ai à peu près tous lus. La traductrice Anna Gibson fait un excellent travail, ce qui fait que la lecture coule très bien, sauf pour les noms suédois à-coucher-dehors. Évidemment, le jugement de Mankell sur notre société moderne n’est jamais très optimiste et nous en avons une autre preuve avec ce polar.

En terminant, je lisais diverses critiques de ce livre sur Internet. Des lecteurs mentionnaient être beaucoup dérangés par le fait que tout le monde tutoie tout le monde dans les livres de Mankell. Ils se demandaient s’il s’agit de fautes de traduction. Mais il semble que tout le monde se tutoie en Suède, un peu comme le “you” anglais, sauf pour les personnes âgées que l’on vouvoie. Alors, prenons acte!

 

Donc, pour ce polar de 539 pages en format poche, édité au Seuil en 2006 pour la traduction française, je donne 8,5 sur 10.

 Daniel



Dimanche 10 mai 2009

"L'audace d'espérer" de Barack Obama.

Ce second livre de Barack Obama est fort différent du premier que j’ai lu et qui avait pour titre « Les rêves de mon père. » Celui-ci racontait la vie d’Obama durant sa jeunesse. Mais « L’audace d’espérer » décrit sa vie comme sénateur de l’Illinois et finalement, sénateur des Etats-Unis. Il est tout de même intéressant de constater que cet homme ne croyait pas s’en aller vers la Maison blanche…

Donc, le premier livre était strictement autobiographique; mais celui-ci est davantage politique. Les chapitres s’intitulent « Républicains et démocrates », « Les valeurs », « Notre Constitution », « La politique », « Les chances à saisir », « La foi », « La race », « Le monde au-delà de nos frontières », « La famille ».

Ce livre se veut finalement le programme politique d’Obama, celui qu’il défendra lors des primaires contre Hillary Clinton et lors des élections à la présidence contre John McCain.

Donc, pour apprécier ce livre, il vaut mieux être Américain ou être très intéressé à la politique américaine et à l’avenir des USA. Seul le dernier chapitre inclut des éléments autobiographiques car l’auteur nous parle de sa famille, de sa vie qui fut parfois difficile avec sa femme Michelle, semble-t-il. Un homme ambitieux n’est pas souvent à la maison…

Voici un passage de ce livre : " Aucun individu, dans quelque culture que ce soit, n'aime être maltraité. Personne n'aime vivre dans la peur parce qu'il a des idées différentes. Personne n'aime être pauvre ou avoir faim, vivre dans un système économique où on ne peut jamais profiter des fruits de son travail. Le système d'économie de marché et de démocratie libérale qui caractérise la majeure partie du monde industrialisé a peut-être ses défauts et privilégie peut-être trop souvent les intérêts des puissants au détriment de ceux qui n'ont aucun pouvoir. Mais ce système change et s'améliore constamment, et c'est précisément dans cette faculté de changement que les démocraties libérales reposant sur le marché offrent aux peuples du monde entier les plus grandes chances d'une vie meilleure. " (Barack Obama).

Mon évaluation :

Tout en étant fort différent de W. Bush et bien heureusement, possédant un programme beaucoup plus humain, on se rend compte qu’Obama est tout de même profondément Américain, ce qui signifie qu’il peut devenir belliqueux à l’occasion. T’es Américain ou tu ne l’es pas…

Pour ce livre pas facile à lire édité aux Presses de la Cité en 2006 pour la version française et comptant 369 pages en format régulier, je donne 7,5 sur 10.

 Daniel



Vendredi 8 mai 2009

"Avant le gel", Henning Mankell.

Le commissaire Kurt Wallander vieillit tout doucement. Sa fille Linda a maintenant 30 ans et a pris la désision de faire les études requises et de devenir policière là où travaille son père, soit dans la petite ville suédoise d’Ystad, située en Scanie, à l’extrême sud de ce pays.

Elle en profite pour renouer avec ses amies, dont Anna et le Zébre. C’est alors qu’une nouvelle effrayante arrive : une femme est retrouvée décapitée dans un shack en forêt. Ses mains sont jointes comme si elle était en prière. Puis son amie Anna lui annonce qu’elle a entrevu son père, pourtant disparu de la mappe depuis plus de 20 ans. C’est à ce moment que va débuter un phénomène bizarre : des oies et autres animaux sont brûlés par un énergumène qui trouve sûrement cela beau de les voir voler alors qu’ils brûlent. C’est aussi à ce moment que l’amie Anna disparaît pendant des jours.

Linda est censée débuter le travail de flic de la circulation dans une semaine. Mais n’en pouvant plus de ces bizarreries et inquiète pour son amie Anna, elle entame sa propre enquête à l’insu de son père et de la police. Il est évident qu’elle met bêtement sa vie en danger…

Mon évaluation :

Ce roman débute par l’évocation du suicide collectif de la secte de Jim Jones en Guyana. Certains s’en souviendront. C’est alors que Mankell entre dans un roman époustouflant d’une secte qui s’installe en Suède. Le rythme est d’abord relativement lent, car on sait que Mankell aime bien camper ses personnages dans leurs méandres psychologiques les plus profonds et souvent les plus tordus possible. C’est vers la 150ième page que le rythme prend une toute autre allure et que le lecteur accroche fortement à la suite de l’histoire.

Wallander prend le second rôle, car c’est vraiment sa fille Linda qui tient la pôle position. Les anciens proches collaborateurs de Wallander sont mis en scène de façon vraiment épisodique. Un nouveau jeune policier nommé Stefan Lindman entre en scène. Linda le trouve très à son goût et il y a de l’amour dans l’air…

L’histoire est un peu tirée par les cheveux. Je ne crois pas qu’une future policière risquerait ainsi de travailler en parallèle avec la police, son père fut-il commissaire. Mais pour ce livre paru en françcais en 2005 au Seuil et comptant en format poche 487 pages, je donne 8 sur 10.

Daniel



Mardi 28 avril 2009

"Le Shack" de W. Paul Young.

À la suggestion d’une blogueuse, je viens de lire un des best sellers actuels, “Le shack” de W. Paul Young. Voici le résumé de ce roman :

“ Missy, la cadette des filles Mackenzie Allen Phillips, a été enlevée lors de vacances en famille. Certains éléments pouvant démontrer qu'elle a sans doute été victime d'un meurtre abject ont été trouvés dans un shack abandonné au fin fond d'une région sauvage de l'Oregon. Quatre ans plus tard, en proie à son Grand Chagrin, Mack reçoit, apparemment de la part de Dieu, une invitation à se rendre à nouveau à ce shack pour y passer un week-end. Au mépris du bon sens, Mack arrivera au shack par un après-midi d'hiver et réintégrera son pire cauchemar. Ce qu'il trouvera changera sa vie à jamais...

Mon évaluation:

J’avoue que je demeure perplexe suite à cette lecture. Ainsi, pendant la lecture des cent premières pages, je croyais lire un polar. Puis, je suis tombé dans un roman fantastique et finalement, dans un traité de théologie chrétienne.

Je dois mentionner d’emblée que je suis parfaitement d’accord avec la vision de l’auteur : le christianisme bien compris n’a rien à voir avec une religion, des dogmes et des rituels mais il a tout à voir avec notre relation au Christ en soi. Ce roman vendu maintenant à 5 millions d’exemplaires a fait fureur aux USA. Ou il a choqué les athées ou il a blessé les fondamentalistes religieux par la représentation peu traditionnelle du Dieu en trois personnes. Mais l’important est de savoir qu’il traite d’une tragédie. Nous avons tous connue ou connaîtrons tous une tragédie dans notre vie. Comme on peut se le demander souvent : « Où était Dieu quand telle chose m'est arrivée? » Autre question : Dieu permet-Il toutes ces écoeuranteries qui surviennent sur la terre?

Si je suis perplexe face à ce livre, c’est que lorsque je veux lire un polar, je vais acheter un polar. Lorsque je veux lire un livre de spiritualité, je l’achète et je le lis. Je dois ici dire que j’en ai beaucoup lus des livres de spiritualité et que j’en lis encore beaucoup. Pour ce qui est du fantastique, je ne lis pas ce genre de livres parce que je n’aime pas. C’est donc un condensé de ces trois genres que nous avons dans « Le shack”.

Mon évaluation de ce livre ne peut être juste vues les études et les nombreuses lectures que j’ai faites en théologie. Vous vous souviendrez peut-être que je n’avais pas non plus aimé les livres de Paolo Cuelho comme “Le Pèlerin de Compostelle » vendus aussi par millions. Peut-être ces livres sont faits pour les non-initiés en spiritualités diverses, je ne sais pas. Je ne veux pas dire par là que je suis un initié, je veux simplement dire que j’ai beaucoup lu et réfléchi sur le sujet.

Ainsi, la théologie présentée par l’auteur ressemble beaucoup au livre « Le Christ philosophe” de Frédéric Lenoir que j’ai lu il y a peu de temps. Mais il s’agissait alors d’un livre de théologie et de philosophie et non d’un roman qui fait de la théologie. Je ne sais trop si vous me comprenez ici.

Mais il n’en demeure pas moins que ce roman en est un d’espoir apte à redonner courage aux souffrants (donc à tous les hommes) et étant capable de réparer notre relation à Dieu.

Ainsi, pour ce livre édité en français aux éditions du jour en 2009 et traduit par Marie Perron, (331 pages en format régulier), je donne 7,5 sur 10.

Daniel

 



Samedi 25 avril 2009

"La muraille invisible", Henning Mankell.

 

Dans ce polar, Henning Mankell nous fait pénétrer dans le monde cybernétique, dans la cyber espace; dans cette muraille que les hackers peuvent pénétrer...

 

"Tynnes Falk, informaticien, s’écroule mort devant un distributeur bancaire. Au même moment, deux adolescentes tuent un chauffeur de taxi. Le lendemain, on retrouve le corps de l’une d’elles calciné sur des câbles à haute tension, ainsi que celui de Falk volé à la morgue et amputé de deux doigts. Un jeune hacker surdoué découvre dans l’ordinateur de Falk que quelque chose doit se passer le 20 octobre… Pour le commissaire Wallander, le compte à rebours a commencé ».

 

Mon évaluation :

D’emblée, je dirais que j’ai préféré les romans de Mankell lus juste avant celui-ci, soit « La cinquième femme » et « Les morts de la Saint-Jean ». Mais peut-être suis-je un peu fatigué des romans à la Mankell…

 

D’ailleurs, je me demande encore pourquoi tous ces meurtres se passent dans la province suédoise de Scanie (1 200 000 habitants) et pour la plupart, dans la petite ville d’Ystad (18 000 habitants). En effet, le ratio d’assassinats par 1000 habitants est très élevé dans les romans de Mankell, ce qui n’est pas vrai dans la réalité…

 

Dans ce livre-ci, je trouve l’histoire un peu touffue et je n’ai pas vraiment été très attiré par ce roman cybernétique. La seule chose qui m’a frappé, c’est la volonté des pirates informatiques de faire tomber le système économique capitaliste du monde entier. Comme ce roman a été écrit dans les années 90, je me suis demandé si Mankell n’a pas été le prophète de malheur de la crise économique qui sévit présentement.

 

Ainsi, à ce polar de 520 pages en format poche, édité au Seuil en 2002 pour la traduction française (en 1998 en Suédois) et traduit par Anna Gibson, je donne une note de 7,5 sur 10.

 

Daniel



Mardi 21 avril 2009

"Évangéline et Gabriel", Pauline Gill.

                                                         

Je me suis toujours souvenu de 1755, année de la déportation du peuple acadien. Pourquoi ce souvenir? Parce qu’avec le nom de famille qui est mien, vous vous rendriez vite compte que je suis descendant de ces Acadiens qu’on a arrachés à leur terre et qu’on a expédiés par bateaux jusqu’aux confins du sud de l’Amérique anglaise de l’époque.

 

Les Anglais, dans l’assouvissement de leurs ambitions démesurées et dans leur mépris tout aussi démesuré, ont entassé ces hommes, femmes et enfants dans des calles de bateaux infectes où on aurait même pas parqué du bétail. On a profondément humilié ce peuple abruptement arraché à ses racines et à son âme.

 

À travers ces péripéties insoutenables par moment, l’histoire d’amour de deux jeunes : Évangéline Bellefontaine dite LaBiche et Gabriel Melanson, ces deux Roméo et Juliette d’une époque troublée et pas si lointaine. Comme quoi l’amour est toujours le plus fort, malgré la méchanceté et l’imbécillité des hommes…

 

Mon évaluation:

J’ai beaucoup aimé ce roman où l’auteur, Pauline Gill, s’est même permis quelques modifications historiques au roman de Longfellow sur le génocide de tout un peuple. Même si le rythme est difficile au début, il devient délirant à certains moments et coule comme les eaux du St-Laurent, prêt à noyer le lecteur devenu incapable de respirer normalement, tant les événements inacceptables se succèdent et arrachent les larmes et le cœur.

 

Je ne connaissais pas Pauline Gill, celle qui a écrit La Cordonnière et bien d’autres livres. «Cette enseignante aux niveaux secondaire et collégial, cette passionnée d’histoire consacre la plupart de ses ouvrages aux pionnières et bâtisseurs de chez nous» nous dit le revers de la jaquette de ce grand roman que j’évaluerai à 7,5 sur 10. J’ai acheté du même auteur, ce qui deviendra, je crois, une trilogie; « Docteur Irma ». Enfin, une écrivaine qui a le goût de nos racines et qui nous les fait connaître de belle façon.

 

Donc, « Évangéline et Gabriel » de Pauline Gill, chez Lanctot Editeur. Bonne lecture!

Daniel



Jeudi 16 avril 2009

"Les morts de la Saint-Jean", Henning Mankell.

L’histoire se passe en Suède, le 22 juin 1996. C’est la nuit de la Saint-Jean. Trois étudiants se sont donné rendez-vous avec perruques et habits d'époque pour un pique-nique champêtre d'un autre siècle. Mais la fête tourne court. Un tueur abat les trois convives. Quelques semaines plus tard, persuadés que leurs rejetons font le tour de l’Europe, les parents ne s'inquiètent pas outre mesure de leur absence.

 

Mais en recevant une carte de Vienne signée par sa fille Astrid, l'une des mamans, prise d'un doute, alerte la police. L'inspecteur Kurt Wallander est convaincu par la plaignante, mais un emploi du temps trop chargé et une vie de quinquagénaire de plus en plus compliquée lui font délaisser l'affaire.

 

Les choses s'aggravent lorsque, inquiet du silence de son collègue Svedberg, il le découvre dans son appartement, mort d'une balle dans la tête. Dès le début, l'enquête révèle sur la victime quelques indiscrétions : ce policier que tous croyaient solitaire passait toutes ses vacances avec Louise, une mystérieuse compagne,

 

Cette autre aventure de l'inspecteur Wallander, handicapé par un diabète soudain, est un modèle de procédure policière. Dans cette enquête subtilement agencée, cet enquêteur plein de doutes reste tourmenté par l'évolution négative de la société suédoise, comme je le suis aussi de notre société.

 

Mon évaluation :

 

Plus je lis Mankell, plus je l’apprécie. Cet auteur suédois démontre une analyse sociale très approfondie de la société dans laquelle nous vivons. Son personnage principal, le commissaire Kurt Wallander est l’anti-héros parfait. Il est balourd, peureux, inquiet de tout et se pose constamment des questions existentilles.

 

Henning Mankell a le don de nous faire entrer dans le cerveau de son principal protagoniste et de nous proposer les méandres complexes de sa pensée. Walander est un policier finalement sympathique et vrai.

 

En lisant chronologiquement les polars de Mankell, nous voyons évoluer la vie de ce pauvre bougre quasi quinquagénaire qui a pour nom Wallander: dans le dernier roman, il perdait son père et dans celui-ci, il perd sa blonde et découvre son diabète.

 

Pour cet excellent polar de 564 pages édité en françcais au Seuil en 2001 et dont la traduction a été faite par Anna Gibson, je donne une note de 9 sur 10. A lire quand on aime les polars...

 

Daniel



Mardi 14 avril 2009

"Ténèbres, prenez-moi la main", Dennis Lehane.

Quel titre incadescent de noirceur! Il nous fait lever le poil sur les bras, non? On se demande, juste à lire le titre, dans quels bas-fond va nous amener l’auteur, Dennis LehaneC’est un roman policier puissant, stressant au possible, auquel il nous convie. Si vous ne faites pas d’insomnie, c’est votre tour.

L’auteur de « Mystic River » nous revient avec son couple de détectives privés célèbres, Patrick Kensie et Angela Gennaro, ces privés qui risquent tous les dangers et dont l’amour inavoué les ronge de concupiscence l’un envers l’autre…

Le tout débute de façon banale et le lecteur se demande un peu où Lehane s’en va avec ses skis. Heureusement qu’il fait toujours montre de son humour grinçant. Nos privés semblent un peu s’ennuyer dans leur bureau situé dans le clocher d’une église désaffectée de Boston. Puis, le coup de fil d’un ancien professeur de Patrick, Eric GAULT, vient les sortir de leurs piètres occupations. Une amie d’Eric, la psychiatre Diandra WARREN, a reçu un appel anonyme menaçant qu’elle croit lié à une patiente qui, après lui avoir donné le nom de Moira KENZIE et confessé qu’elle redoutait les sévices d’un certain Kevin HURLIHY (autre connaissance d’enfance de Patrick et d’Angie mais qui, de son côté, est devenu tueur à gages), s’est évanouie dans la nature.

Et là, la psychiatre reçoit la photo de son fils, sans un mot, sans une explication. Elle croit son fils universitaire en danger et il le sera. Une voix anonyme et une photo de son fils, assez d’éléments pour donner une frousse incroyable à la docteure Warren. A partir de là,  les morts aussi mystérieuses que horribles vont commencer à déferler et le tout semble lié à un psychopathe, à un serial killer, ou à plusieurs... 

HARDIMAN, enfant sans histoire et adorable, change du tout au tout vers l’âge de dix ans et devient à dix ans, un être humain sans conscience, suite à un événement qui touche les moustiques. Ce psychopathe emprisonné à vie demande à voir Patrick Kenzie. Il fait un numéro psychédéliques à Kenzie et semble bien le connaître même si celui-ci n’a aucun souvenir de lui. Ce psychopathe a des bras qui travaillent pour lui à l’extérieur de la prison, dans les ténèbres de la nuit et les meurtres se continueront à un rythme effroyable, au point d’amocher pas à peu près nos deux héros policiers privés qui ont vraiment peur.

Mon évaluation :

Voici l’un des polars les plus angoissants que j’ai lu. Lehane écrit très bien et sait nous tenir au bout de notre chaise. Mais ici, il nous prouve tout simplement que chacun de nous a la capacité de tuer son semblable. Il en fait presque la preuve par 2 + 2 = 4.

Contrairement à la lecture des romans de Michael Connelly, avec son héros Harry Bosch, les livres de Lehane sont beaucoup plus durs, beaucoup plus sordides. Il n’est pas le pire, mais je vous assure que des organes coupés et des yeux arrachés, on en a des descriptions qui donnent des sueurs froides. Si vous lisez dans votre lit, vous aurez envie de vérifier qu’il n’y ait personne dans votre garde-robe.

Alors, malgré ma fatigue de ces mondes sordides auxquels nous livrent les polars, je donne, pour ce livre de poche édité chez Rivage / Noir, en 2002 pour le texte français et comportant 489 pages, un 8,5 sur 10.

 

Daniel



Samedi 11 avril 2009

"La cinquième femme", Henning Mankell.

Septembre 1994, l'inspecteur Wallander rentre de vacances  qu’il a passées en Italie avec son père. Il espère évidemment un automne calme, mais ce n’est pas le cas. Le roman débute avec la nouvelle que quatre religieuses et une femme de passage dans ce couvent se sont faites égorger par des extrémistes musulmans en Algérie.

La cinquième femme égorgée était la mère d’une Suédoise qu’on reverra dans ce polar où des hommes sont assassinés : un vieil ornithologue, un amant des orchidées et un chercheur universitaire. Ces trois hommes ont un point en commun : ils ont été violents envers les femmes, jusqu’à les tuer dans au moins un cas. Ces crimes sordides sont-ils une vengeance? De la haine pure? Un lourd message à la société suédoise?  L’inspecteur Wallander et son équipe auront fort à faire pour trouver le ou la responsable de ces trois meurtres particulièrement cruels.

Un des sujets de ce roman évoque la condition des femmes à travers le portrait de la désintégration sociale de la Suède  que nous dresse Henning Mankell dans tous ses livres. Ici, nous retrouvons l’ensemble des femmes à travers celle qui se venge, à travers sa collègue Ann-Britt (une femme dans la police), à travers sa nouvelle supérieure hiérarchique (une femme qui remplace un homme).

Ce roman est aussi celui de la mort du père de Wallander. On peut lire : « Nous avions tant de choses à nous dire, maintenant que nous avions enfin trouvé le moyen de nous parler. Et voilà. C’est trop tard. »
 

Mon évaluation :

L'auteur nous plonge immédiatement dans un monde étrange mais plausible, où sévissent le goût de la vengeance et la folie meurtrière, où on fait soi-même sa justice. Par exemble, les citoyens d’une Commune de la Scanie suédoise qui décide de former un comité de citoyens qui vont intervenir pour préserver leur sécurité si la police ne le fait pas comme ils le voudraient. Nous sommes dans une société en plein dérèglement comme nous le mentionne Mankell dans chacun de ses romans.

L’histoire et les personnages de ce polar sont très bien charpentés. Comme toujours, nous suivons les méandres brillants du cerveau super analytique de Wallander. Ici, tout sort des inductions, déductions, conclusions, intuitions de l’inspecteur. Les sciences médico-légales tiennent peu de place chez Mankell, ce qui est bien différent de nos vendredis policiers au canal D… Wallander tisse son intrigue fil par fil, et ne nous épargne aucune des pensées, hypothèses, récapitulatifs, synthèses et intuitions de ses enquêteurs. J'ai  vraiment embarqué sur la piste boueuse qui mène au tueur. Et une fois de plus, Google Maps m’a aidé à mieux connaître ce pays qu’est la Suède, surtout la Scanie, au sud de celle-ci, là où est située la petite ville d’Ystad où travaille Wallander. Vous saviez qu’il ne neige presque jamais en Scanie? Mais beaucoup de vent…

Pour ce roman policier de 581 pages en format poche traduit du suédois par Anna Gibson, édité au Seuil en 2000 pour la traduction française, je donne 8,5 sur 10. Fortement conseillé!

 Daniel



Vendredi 3 avril 2009

"Le Père Goriot", Honoré de Balzac.

                                              

« Le Père Goriot » est un roman dramatique écrit en 1834 par Honoré de Balzac. Ce roman fait partie des Scènes de la vie privée de la Comédie humaine. « Le Père Goriot » situe les bases de ce qui deviendra un véritable édifice : la Comédie humaine, construction littéraire unique en son genre, avec des liens entre les divers livres, des ponts l’un vers l’autre, des renvois d’un à l’autre.

 

Cette nouvelle de Balzac couvre les derniers moments de la vie d’un vieil homme dont l’amour pathologique de ses deux filles égoïstes et profiteuses l’a fait se ruiner financièrement sans que celles-ci ou ses gendres ne lui en soient le moindrement reconnaissants. Le bonhomme qui dit à la fin de sa vie : « Si vous voulez vraiment connaître quelqu’un, mettez de l’argent dans l’équation » ou quelque chose du genre. Le dernier chapitre intitulé « La mort du père » est vraiment poignant, car il réalise quelques heures avant sa mort, qui sont vraiment ses deux filles qu’il a tant aimées…

 

Mon évaluation :

Le lecteur évalue toujours un livre à partir de ses critères bien subjectifs et à partir de son niveau de culture. Ce niveau de culture n’est peut-être pas suffisamment élevé chez moi pour apprécier une telle œuvre, mais je n’ai pas vraiment aimé. Le thème n’est pas venu me chercher, comme on dit. Pas davantage le côté superficiel des dames de Paris de l’époque que le côté « argent-affaires » ne m’ont vraiment intéressé. A vrai dire, malgré la beauté reconnue de l’écriture de Balzac, la lecture de ce classique fut un peu beaucoup ardue pour moi. Mais comme je l’ai mentionné, je n’ai probablement pas le niveau de culture voulu pour apprécier une telle lecture. Pourtant, j’ai beaucoup aimé d’autres lectures du genre, par exemple, de Maupassant et de certains autres classiques.

Je ne ferai pas injure à de Balzac en affublant son roman d’une quelconque appréciation chiffrée. J’ai lu ce livre en format poche, édité chez Gallimard en 1971.

 

 Daniel



Jeudi 2 avril 2009

"Kamouraska", Anne Hébert.

Quel beau roman! Enfant, on l'appelle Petite. Petite vit avec trois tantes et une mère veuve et dépressive. Petite est entourée d'attention. Un jour, un potentiel mari se présente à Sorel. Petite a 16 ans et devient Madame Tassy, digne épouse du fou gouverneur de Kamouraska. Fou, alcoolique, coureur de jupons et violent jusqu’à menacer de la tuer, de se suicider.

Madame Tassy souffre. Son mari est riche, mais ignoble. Souffrance silencieuse dans un grand manoir du bord du fleuve. Puis, de retour chez ses tantes à Sorel, elle fait la connaissance d’un homme qui l’aime, qu’elle aime. Elle devient alors Élisabeth qui aime, à la vie, à la mort. Les coeurs éclatent. La mort est présente. Il faut éliminer le mal pour que le bien triomphe.

Combat sanglant à l’horizon. Puis, Madame Tassy et Élisabeth n'existent plus. Souffrance, quand tu nous tiens... L’échappatoire: elle devient Madame Rolland. L'épouse du notaire Rolland de Québec.

Madame Rolland est au chevet de son mari mourant. Mais elle n’est pas vraiment en ce lieu. Elle change de scène constamment, entre sa vie présente, sa vie de petite fille, sa vie d’amoureuse, sa vie de criminelle coupable qui se dit innocente. Elle est en plein délire, fantôme se promenant dans sa vie et dans la vie des autres où trône la mort…

Mon évaluation : l’histoire, tirée d’un fait réel, est ahurissante. L’écriture d’Anne Hébert est rapide, nerveuse, hachurée. Elle écrit des phrases courtes et haletantes, qui courent à la vitesse d’un traîneau tiré par des chevaux écumants sur des arpents de neige parfois rouge.

 

Souvent, elle devient difficile à suivre. Les retours en arrière se mêlent avec le temps présent mais on se retrouve tout de même, dans ce délire de femme éplorée et vivant une profonde douleur coupable. La poésie de la souffrance infernale est soutenue par la dureté de la vie réelle. Je n’ai jamais autant aimé une histoire d’amour et de non-amour… Histoire déchirante, livre à ne pas apporter à la plage cet été. La légèreté de l’écriture ne fait que compenser la lourdeur du sujet.

Mais l’écriture serrée, dense; la puissance d'évocation m'ont tout simplement séduit. Roman à la fois intemporel et situé dans le temps! Se lit comme un polar trop bien écrit.

 

Pour ce livre de 250 pages en format poche, édité au Seuil en 1970, je donne une note de 9,5 sur 10.

 

Daniel



Samedi 28 mars 2009

"L'amour au temps des solitudes", Max Gallo.

«L’amour au temps des solitudes» de l’académicien Max Gallo est un livre noir, hyperréaliste. Mais j’ai aimé la sagesse contenue dans ce roman parfois désespérant. Voici le résumé :

 

« Lorsqu'ils se rencontrent par hasard dans une rue du Paris d'aujourd'hui, elle, Jeanne Guilcher, et lui, Vincent Janovers, ont déjà une vie derrière eux. A quarante ans, ils ont des nostalgies, des regrets, des attaches, une histoire. Et cependant, ils sont seuls face à leur angoisse : un drame vient de la frapper; un remords le tenaille. L'époque les inquiète. Ils sont desemparés. Peuvent-ils encore aimer?


Autour d'eux se joue une comédie humaine à laquelle ils doivent participer. A leur suite, le roman nous fait explorer ce milieu que l'actualité, les pouvoirs et les apparences obsèdent. Il y a là l'écrivain célèbre et la directrice de magazine, le reporter et le financier, bien d'autres encore. Mais chaque masque social cache un désarroi, souvent aussi des lâchetés ou un mystère. Parce qu'ils refusent de se prêter au jeu, qu'ils ont renoncé aux simulacres, Jeanne et Vincent font éclater l'imposture, et leurs vies basculent. Ainsi s'éclairent peu à peu le passé des uns et des autres, l'histoire d'un demi-siècle avec ses violences, ses trahisons, ses héroïsmes, ses illusions.


Quelles sont les couleurs de l'amour, à mi-vie, entre un homme et une femme? Jeanne et Vincent s'interrogent, se confient. Ils commencent à espérer - ce drôle de mot qu'ils ne concevaient même plus - que, grâce à l'autre, ils vont pouvoir accepter ce qu'ils sont, ce qu'est pour eux et autour d'eux la vie. Quand elle prend le visage d'une guerre qui se déroule aux portes de notre Europe, Jeanne et Vincent s'y plongent comme par défi, pour tenter de sauver, si près et si loin de la comédie dont ils se sont détournés, ceux qui subissent dans leur chair la tragédie de l'histoire. Peut-être est-ce ainsi, par un exigence de vérité, que commencent, en ces temps de solitudes, les amours adultes. »

Mon évaluation : comme c’est différent de lire un livre écrit en français par un grand auteur. Bien différent des diverses traductions de l’anglais que nous lisons souvent. L’écriture est précise, riche, descriptive, mais juste assez. Tous les sentiments cachés de l’être humain, ses peurs, ses désespérances y passent l’un après l’autre et amènent le lecteur à une forme de méditation nécessaire. Édité chez Fayard en livre de poche. 310 pages. Je donne un 8,5 sur 10.

Daniel


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